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La start-up toulousaine Iologo digitalise la rééducation orthophonique

Innovation. L’entrepreneur toulousain Julien Laurent a développé un outil de rééducation orthophonique innovant sous la forme d’une application destinée aux professionnels paramédicaux et leurs patients enfants et adultes atteints de troubles du langage. L’entreprise qui réalise 360 K€ de chiffre d’affaires prépare une version mobile et une déclinaison en anglais.

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Avec un chiffre d’affaires de 360 K€ en 2025 et un objectif de 500 K€ de CA en 2026, Iologo poursuit sa croissance exponentielle. (©Iologo Solutions)

Les troubles du langage désignent des difficultés à acquérir, comprendre, produire ou utiliser le langage de manière appropriée. Ils peuvent affecter le langage oral, le langage écrit, ou les deux. Selon l’Assurance maladie, 4 à 5 % des enfants de chaque classe d’âge sont touchés par un de ces troubles.

Pour faciliter le travail des orthophonistes et aussi poursuivre les exercices à la maison, la start-up toulousaine Iologo Solutions a mis au point une application qui utilise la sémiophonie pour rééduquer les automatismes élémentaires du langage. Concrètement, ce processus thérapeutique consiste à réparer le traitement du son par le cerveau grâce à la stimulation auditive. La solution est adaptée à toute personne dyslexique, dysorthographique et dysphasique, de trois ans jusqu’à l’âge adulte.

À sa tête depuis sa création en 2020, son fondateur Julien Laurent, lui-même dyslexique, est parvenu à traiter son trouble lorsqu’il avait 17 ans grâce à la version analogue de Iologo, créée dans les années 1970 : le lexiphone. Aujourd’hui, l’entreprise implantée au sein de l’espace de co-working du Périscope, situé à Ramonville-Saint-Agne, surfe sur une croissance de 40 % et a clôturé l’année 2025 avec 360 K€ de chiffre d’affaires. La PME, qui emploie sept salariés, vise l’année prochaine les 500 K€ de CA.

400 orthophonistes abonnés dans le monde

Soutenu par l’incubateur régional Nubbo en 2023, Iologo a fait partie en janvier dernier des entreprises nommées lors de la 44e édition du concours Les Inn’Ovations, organisé par l’agence Ad’Occ et par la Région Occitanie [1]. Structure de l’économie sociale et solidaire agréée (ESUS), la société est aujourd’hui un acteur incontournable sur le marché de la thérapie orthophonique.

L’application toulousaine est utilisée par plus de 400 spécialistes en France, mais aussi dans les territoires d’Outre-mer, en Belgique, en Suisse, au Canada, et même par des cabinets francophones au Chili. Sur le seul mois de février 2026, elle a facilité la rééducation de plus de 4 000 patients dans ces pays.

« Les patients utilisent l’application lorsqu’ils sont suivis par un orthophoniste partenaire abonné. Dans le cadre de leur thérapie, ils peuvent aussi faire des exercices de renforcement à la maison proposés par le professionnel paramédical, moyennant un abonnement supplémentaire », détaille Julien Laurent.

Une croissance de 70 % attendue en 2027

Après dix ans de recherche, en collaboration avec une trentaine de professionnelles, l’entrepreneur a lancé l’application avec son père, ingénieur informaticien. Sa méthode Iologo a rapidement séduit l’Institut de l’Audition, une unité mixte de recherche entre l’Institut Pasteur et l’Inserm, située à Paris. « Nous avons signé un partenariat avec cette structure qui réalise une étude poussée de nos méthodes de rééducation menée jusqu’en octobre prochain sur 160 patients. »

Téléchargeable sur ordinateur, la start-up projette en fin d’année de sortir une version de son application sur smartphone avec une offre d’abonnement spécifique. Avec à la clé, espère-t-il une croissance de 70 % en 2027. La stratégie est claire : rendre la solution toujours plus accessible et plus pratique, indépendamment ou non d’un suivi par un orthophoniste. Et ainsi permettre aux patients de poursuivre ou reprendre leur rééducation de façon autonome.

Autre axe de développement après l’application mobile, la déclinaison de cette méthode thérapeutique dans d’autres langues. « Il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas », assure Julien Laurent. Et de conclure : « Pour assurer la bonne réalisation de cette opération, il va falloir recruter un certain nombre de salariés anglophones, autant pour la partie développement que pour renforcer notre service commercial afin de nous implanter dans de nouveaux pays. »

[1Ce concours récompense chaque année des projets innovants dans tous les secteurs d’activité sur le territoire.