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De la réparation d’avions à la création de montres : un Toulousain lance sa marque

Entrepreneuriat. Mécanicien aéronautique, pilote d’avion et concepteur de montres. C’est le parcours atypique de Bastian Bacquié, Toulousain, qui va bientôt lancer sa première production. Pour réussir, il a dû adapter sa stratégie économique.

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Le toulousain Bastian Bacquié vient de lancer Dédale, une nouvelle marque de montre pilote. (© Dédale)

Combiner sa maîtrise de la mécanique, sa passion pour le pilotage et son amour des belles montres, c’est le pari un peu fou que tente Bastian Bacquié. Le Toulousain de 38 ans a travaillé 15 ans dans l’aéronautique comme mécanicien et a tout quitté en 2023 pour lancer Dédale, sa marque de chronoscopes. Il espère commencer la production de sa première collection dans quelques mois.

Le trentenaire a imaginé des modèles esthétiques et pratiques inspirés des montres pilotes, utilisées par les aviateurs militaires des années 40 à 50 : « On ne doit pas chercher les aiguilles trop longtemps, ça doit être lisible et facile à comprendre, même lorsqu’on est en plein vol », explique-t-il. Après avoir pensé ses modèles, le gros défi restait de les produire : « Je sais dessiner les pièces sur papier, mais je ne suis pas designer ».

Le Haut-Garonnais a donc fait appel à un studio de design qui a converti ses croquis en fichiers numériques, avant de les envoyer à un fabricant et un assembleur à Paris. « Au départ, je voulais le faire à Toulouse, mais les opportunités qu’offre la région en termes d’horlogerie ne me convenaient pas », détaille le passionné, « si l’occasion se présente, j’aimerais relocaliser la production ici ».

Effectivement, Bastian Bacquié est attaché à ses racines. C’est d’ailleurs son père, ancien commandant de bord, qui lui a transmis ses deux passions : les montres et l’aviation. « Je suis quelqu’un d’assez manuel, donc j’ai vite essayé de modifier mes montres avec des pièces détachées qu’on trouve sur le marché » sourit le Balmanais. Déçu de la qualité de ces dernières, l’idée de créer ses propres modèles l’a encouragé à se lancer.

Une nouvelle stratégie et des ambitions

Avant de lancer la production, Bastian Bacquié devait s’assurer d’être rentable. « J’ai créé ma société en 2024 et un an plus tard, j’ai lancé une campagne de financement participatif », se remémore-t-il. L’objectif était de réunir assez de fonds grâce à des précommandes, pour pouvoir accéder à un crédit bancaire. « Malheureusement, les banques connaissent très mal le monde de l’horlogerie. J’en ai démarché beaucoup, mais elles ne m’ont pas suivi ».

Le Toulousain a alors changé de stratégie. Cet été, il a décidé de « reprendre la main, sans intermédiaire ». Concrètement, il propose quatre modèles réservables sur son site internet. Pensées en plusieurs coloris, les montres sont volontairement sobres, et équipées de mécanismes apparents qui rappellent les chronomètres des aviateurs. « J’ai pensé mes montres pour qu’elles puissent être portées en toutes circonstances ».

S’il ne manque pas d’ambition, le chef d’entreprise a encore des étapes à franchir. « Je dois arriver à 80 réservations avant de lancer la production. Pour le moment, nous en sommes à 36 », précise-t-il. Le dirigeant prévoit d’atteindre son objectif d’ici les prochains mois. Pour réussir son pari, il mise de plus en plus sur une clientèle internationale, grâce à un nouveau site internet et une présence renforcée sur les réseaux sociaux.

À terme, Bastian Bacquié souhaite pérenniser son entreprise grâce à des investisseurs et des partenaires. Il espère aussi recruter : « J’aimerais employer quelqu’un d’ici deux ans. Principalement en marketing, c’est ma plus grosse faiblesse », confesse-t-il.