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140e année

De nouvelles ambitions pour BOS Suspension

Mécanique. L’entreprise toulousaine poursuit son développement et prospecte de nouveaux marchés grâce à son nouvel outil de production.

Olivier Bossard, fondateur de Bos Suspension.

Aux portes de Toulouse, l’entreprise BOS Suspension, qui s’est imposée parmi les leaders européens du marché des suspensions hautes performances destinées à tous les véhicules de deux ou quatre roues, poursuit sa stratégie de diversification notamment à travers son nouvel outil de production automatisé. Le groupe, créé en 1999 par Olivier Bossard, se tourne dans un premier temps vers le deuxroues avec le lancement de la technologie CAS pour le vélo V Process de Nicolas Vouilloz, avant d’intégrer le marché du sport automobile en 2003 à travers la création de suspensions pour la compétition, notamment le rallye, le rallycross, le rallye-raid et le rallye tout-terrain, ce qui lui vaut notamment un succès avec Mitsubishi.

Dans la foulée, BOS Suspension dépose trois brevets, en deux ans, destinés à l’univers du motocross avec le lancement d’une fourche à air. L’entreprise s’illustre également depuis des années dans le monde du VTT avec des produits de séries proposés à la première monte et réalise, en parallèle, des études destinées aux véhicules de constructeurs routiers. Le groupe met aujourd’hui en avant son expertise sur le WRC (World Rally Championship), que ce soit, entre autres, sur les étapes du Dakar ou sur des circuits du MXGP.

Robotiser et automatiser la production

La pépite occitane a pris un nouveau tournant en 2019 en choisissant d’automatiser son outil industriel, suite à la relocalisation de ses savoir-faire. « Il y a sept ans, nous avons dû faire face à des difficultés d’approvisionnement et à l’instabilité de nos fournisseurs étrangers. Nous avons décidé de rapatrier le savoir-faire en interne et avons immédiatement constaté les résultats de cette stratégie sur la maîtrise de l’outil, la qualité et les délais. Nous avons alors souhaité aller plus loin, souligne Olivier Bossard, directeur et fondateur de BOS Suspension. Depuis près de quatre ans, nous sommes devenus presque autonomes : nous avons la capacité de réaliser 80% de nos pièces, le reste étant principalement fabriqué par nos partenaires asiatiques ».

Le groupe a désormais pour objectif de produire 90 % de pièces en interne et ainsi d’élever le niveau de compétitivité face aux importations asiatiques. Cette orientation stratégique a réellement été boostée par l’agrandissement de l’usine, un projet soutenu par la Région Occitanie à hauteur de plus de 500 K€. « Nous avons doublé la surface de nos locaux passant ainsi à 4000m2 et multiplié le nombre de machines en vue de robotiser et d’automatiser la production, le projet étant notamment appuyé par le développement de notre système ERP », détaille le dirigeant. Le cap est clair : aller vers l’usine du futur et un système global interconnecté entre la CAO, les ma chines et les ateliers de montage et d’assemblage.

Le groupe a, pour l’heure, investi notamment en fonds propres, près de 7 M€ afin d’augmenter la cadence de production et de réorganiser le travail de ses équipes. Il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Ainsi, l’entreprise qui conçoit et fabrique près de 5000 amortisseurs par an, tous secteurs confondus, prévoit de doubler sa production. Forte de 40 collaborateurs, elle a massivement renforcé ses effectifs il y a deux ans afin de prendre ce nouveau virage et de développer de nouveaux produits, la R&D représentant 6% de son CA.

Nouveaux segments de marché

L’activité historique, à savoir la compétition automobile traditionnelle et la compétition automobile qui se verdit avec l’arrivée des énergies renouvelables et le lancement de nouvelles disciplines électriques – dont notamment le buggy électrique Odyssey 21, une formule monotype qui tourne partout dans le monde, conçu par l’entreprise française Spark, l’un de ses principaux clients –, représente aujourd’hui 70% de l’activité du groupe. Pour autant, ce dernier affiche de nouvelles ambitions, envisageant de réduire cette part à 30%.

« Nous poursuivons notre stratégie de diversification et visons depuis le début de l’année les disciplines sur circuit comme la Formule 1 ou les 24 heures du Mans pour les véhicules d’endurance. Des discussions avec des constructeurs français et étrangers sont en cours ». Depuis quelque temps, l’entreprise renforce également sa position sur le marché BtoC du VTT, un marché en pleine expansion : « ça fait un mois que nous sommes en rupture de stock concernant notre dernier produit VTT. » Le groupe entend également se développer sur de nouveaux segments de marché dans l’industrie, notamment l’aéronautique (avec des freins d’atterrissage, des vérins de porte et vérins de soute, etc.), et l’armement.

Agrandir son réseau de partenaires

« Contrairement à la compétition où les négociations sont rapides, nous nous frottons ici à des marchés longs à obtenir. Nous espérons, notamment pour le secteur de l’aéronautique, collaborer avec des acteurs régionaux. » L’entreprise, qui compte également une quinzaine de partenaires distributeurs à travers le globe, et qui envisage d’agrandir son réseau, souhaite avant tout renforcer sa présence dans les pays où elle est déjà implantée et ainsi asseoir sa notoriété, l’export représentant 75 % de son activité.

« Nous sommes notamment présents en Europe, en Australie, en Afrique du Sud, en Asie, en Amérique Latine et au Canada, détaille-t-il. L’idée est vraiment de renforcer nos marchés dans ces pays avant de regarder ailleurs. Nous mettons également en place une plateforme qui devrait être opérationnelle en fin d’année, dans l’optique de soulager le travail des distributeurs et de nous rapprocher davantage des utilisateurs finaux. Ainsi, les professionnels pourront commander des pièces, s’appuyer sur la documentation, et suivre la politique commerciale. »

En attendant, l’entreprise a amorti le choc des effets de la crise sanitaire, générant 5 M€ de CA en 2020. « Nous avons eu des difficultés d’approvisionnement en matières premières, mais nous avons anticipé, par la suite, nos achats et fait beaucoup de stock, ce qui nous permet depuis d’être plus autonomes », pointe Olivier Bossard. Le dirigeant table sur un CA de 6,5 M€ en 2021. BOS Suspension entend bien ainsi gagner des places dans le palmarès européen, où il figure aujourd’hui en 4e position.

Jennifer Legeron