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Démoustication : ce toulousain lève 1 M€ pour devenir l’acteur européen de référence

Financement. Forte de 14 salariés et de 2 M€ de chiffre d’affaires, l’entreprise toulousaine Ma Boîte à Moustique, spécialisée dans les solutions de lutte contre les moustiques, vient de lever plus d’1 M€ pour accélérer son déploiement à l’international. Les pays limitrophes sont les premiers visés.

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Guillaume Lombart et Romain Tiberghien, deux ingénieurs diplômés de l’Institut catholique d’arts et métiers (ICAM), ont fondé Ma Boîte à Moustique en 2021. La start-up basée à Balma a développé un piège anti-moustique connecté. (©Ma Boîte à Moustique)

Arrivé en France en 2004, le moustique tigre (Aedes albopictus) continue son inexorable progression sur le territoire national. En 20 ans, il a colonisé 78 départements sur 96. L’insecte étant capable de transmettre des virus tels que le zika, la dengue et le chikungunya, cette expansion incontrôlée ne manque pas d’inquiéter les scientifiques. De simple nuisance, les moustiques sont en effet devenus risque sanitaire. Selon l’Institut Pasteur, la meilleure protection pour ne pas tomber malade reste dès lors de se protéger des moustiques.

C’est justement sur ce créneau que prospère Ma Boîte à Moustique, une PME basée à Balma. Fondée en 2021 par Romain Tiberghien et Guillaume Lombart, deux ingénieurs diplômés de l’Institut catholique d’arts et métiers (ICAM), l’entreprise a développé un piège anti-moustique connecté dont le fonctionnement est basé sur le bio-mimétisme.

Installé en extérieur et branché sur le secteur, le dispositif de capture diffuse du CO2 biosourcé (produit par Gaz de Ferme, dans les Hautes-Pyrénées) et des phéromones, imitant ainsi la respiration humaine et l’odeur de la peau. Une intelligence embarquée pilote la diffusion des produits en fonction du cycle de vie des moustiques et de la météo tandis qu’une application permet depuis son smartphone de modifier les paramètres et de surveiller le niveau des consommables.

Made in France

Une solution plus respectueuse de l’environnement et made in France. Constitué de différentes pièces produites par une dizaine d’entreprises de l’Hexagone, le dispositif est en effet assemblé à Grenoble où la start-up toulousaine dispose d’un site de montage. Une partie de la production est également assurée par des Établissements et services d’accompagnement par le travail (Esat) à Castres (Tarn) et en Lozère ainsi que par un chantier d’insertion par l’activité économique installé à Tullins (Isère).

Ce piège à moustique innovant a déjà séduit de nombreux particuliers, des collectivités ainsi que des professionnels de la restauration et du tourisme parmi lesquels la Cité de l’Espace à Toulouse ou encore le domaine de Bagard dans le Gard. Au point que la pépite a enregistré l’an dernier son premier exercice à l’équilibre.

Pour accélérer son déploiement sur le territoire national, Ma Boîte à Moustique a lancé en 2024 une seconde marque nommée Wiliv qui s’appuie sur un partenariat stratégique avec Evergreen Garden Care. (©Ma Boîte à Moustique)

2 M€ de CA en 2024

Lauréate d’une bourse French Tech de Bpifrance, l’entreprise qui a été accompagnée par le Réseau Entreprendre Occitanie Garonne et par l’incubateur régional Nubbo, compte ainsi aujourd’hui 14 salariés pour un chiffre d’affaires de 2 M€.

Pour accélérer son déploiement sur le territoire, la jeune pousse, qui s’appuie sur un réseau de 150 installateurs, a lancé en 2024 une seconde marque nommée Wiliv. Plus grand public, celle-ci vise à démocratiser l’accès à ses solutions. Grâce à un partenariat stratégique noué avec Evergreen Garden Care, un des leaders sur le marché des produits de jardin amateur en Europe, le produit est désormais présent dans une centaine de points de vente.

Après avoir levé 800 K€ en 2022, Ma Boîte à Moustique vient d’annoncer le succès d’un nouveau tour de table de plus d’1 M€ réalisé auprès de différents investisseurs issus des univers de l’innovation, du service et de la distribution, précise la PME dans un communiqué daté du 1er avril 2025.

En route vers l’Europe

Des fonds qui vont lui permettre notamment d’accélérer son développement à l’international. L’entreprise ambitionne ainsi de conquérir la Suisse, mais également l’Italie, le Luxembourg, la Belgique et le Portugal où des essais sont prévus pour valider localement la performance du dispositif et la bonne adéquation des produits utilisés aux besoins de chacun des territoires.

En effet, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le moustique tigre ne se propage pas seulement en France. Il est désormais implanté dans 13 pays européens, contre huit il y a seulement dix ans. Or, explique Adrian Lafage, responsable export de Ma Boîte à Moustique, « nos dispositifs, en plus de capturer les moustiques de manière ciblée, permettent aussi d’enrichir les connaissances sur leur présence et leur évolution dans chaque territoire ».

Une alternative durable

Pour enrichir encore ces connaissances et se positionner durablement comme l’un des acteurs européens de référence dans la lutte durable contre les moustiques, la jeune pousse annonce également la mise en place d’un laboratoire interne dédié à l’étude de ces insectes. Pour ce faire, elle a recruté récemment Marie Berling, docteur en entomologie, experte-conseil en solutions de biocontrôle et Antonin Leclercq, entomologiste et ingénieur produits. Objectif : tester de nouvelles solutions en conditions réelles et faire progresser la performance des systèmes de piégeage.