Depuis la Haute-Garonne, le Laboratoire Émeraude à l’assaut des marchés européens et chinois
Export. Seule entreprise d’Occitanie et plus largement du Sud-Ouest à intégrer la 5e promotion du Propulseur Export by Bpifrance, le Laboratoire Émeraude va bénéficier d’un accompagnement de 12 mois pour booster les ventes de ses marques de cosmétiques à l’international.
Alors que les échanges commerciaux internationaux ont été fortement impactés ces derniers mois par la hausse des droits de douanes imposée par le président Trump, l’export reste pourtant un levier de croissance essentiel pour les entreprises françaises, y compris haut-garonnaises.
C’est le cas du Laboratoire Emeraude, basé à Villemur-sur-Tarn, seule société d’Occitanie à figurer dans la nouvelle promotion du Propulseur Export porté par Bpifrance. Au total, ce sont 24 entreprises qui vont bénéficier d’un accompagnement de 12 mois, conçu pour structurer leur stratégie à l’internationale. « Avec un chiffre d’affaires moyen de 10,4 M€ en 2025, ces dernières tablent sur une croissance de 12,6 % cette année », indique la banque publique d’investissement dans un communiqué daté du 18 février dernier. Et de préciser, qu’elles réalisent d’ores et déjà en moyenne 5 % de leur activité à l’export.
Une croissance à deux chiffres en 2026
Le laboratoire fabrique depuis 1999 des produits cosmétiques naturels et bio en marque blanche pour des acteurs issus des secteurs de la coiffure, du sport, du thermalisme, de la skincare ou encore de la pharmacie. La société, qui compte une dizaine de collaborateurs, a aussi créé sa propre marque de produits de soin baptisée Hélé Sport en 2009, aujourd’hui commercialisés dans un réseau de 600 pharmacies en France. L’année dernière, les ventes ont enregistré une croissance de 15 %. Fort de ce premier succès, en 2024, elle a étoffé son portefeuille de marques avec une autre gamme à base de graines de chia sous le nom Laboratoire Emeraude.
L’export n’a pas toujours fait partie de la stratégie de l’entreprise villemurienne. Déjà bien implantée sur son marché au niveau local, la structure a en effet changé de dimension depuis l’arrivé à sa tête de Sylvain Baudrit, qui a racheté le business familial en 2019. Son PDG a impulsé une nouvelle dynamique, axée d’abord sur un développement régional, national et aujourd’hui international. L’intéressé espère d’ailleurs tirer profit de cette période d’incubation pour atteindre une croissance à deux chiffres en 2026.
« Nous avons déjà participé à une session de deux jours pendant laquelle des intervenants nous ont donné des clés stratégiques qui répondent à nos besoins », explique Sylvain Baudrit. « Notre objectif est justement de profiter de tels programmes pour étendre nos activités et nos services au marché européen, ainsi que pour accélérer notre croissance sur le marché chinois ».
Dédié aux TPE, PME et aux ETI françaises, le programme d’accompagnement débute par 13 jours de missions de conseils personnalisés pendant lesquels les lauréats « définissent une feuille de route à l’export claire, ciblent les zones prioritaires à développer et adaptent leurs offres aux marchés locaux ».
Capitaliser sur le Made in France
Les incubés vont aussi participer à six journées de séminaire collectif conçu par Formatex, un organisme de formation spécialisé. Enfin, les participants intègreront un réseau de dirigeants et une communauté des 6 000 entreprises déjà accélérées par Bpifrance. Autre pilier de cet accompagnement, la Team France Export animée par Business France, les Régions et les chambres de commerce et de l’industrie. Objectif ? Établir les étapes de leur stratégie post-programme.
Du côté du Laboratoire Emeraude, les attentes sont grandes et les ambitions claires : développer les ventes de ses deux marques, notamment Hélé Sport qui a une valeur particulière aux yeux du dirigeant. « Je suis un ancien sportif de haut niveau et cette marque de sport-santé est un petit peu mon bébé. Mon but est vraiment de lui donner une dimension internationale. La France étant précurseur en bien-être sportif, je veux capitaliser sur le made in France qui valorise nos produits à l’export », détaille Sylvain Baudrit.
Le dirigeant - qui a bénéficié durant la pandémie de Covid du Pass Rebond Occitanie de la Région pour financer l’acquisition de nouvelles lignes industrielles - n’écarte pas l’idée d’une future ouverture de capital. Et de conclure : « Nous sommes à l’écoute du marché. Si des investisseurs voient du potentiel en nous, nous ne sommes pas fermés à un rapprochement ».