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Depuis Verfeil, Airsam développe une climatisation plus sobre, moins énergivore et plus discrète

Innovation. Alors que la canicule relance le débat sur l’impact environnemental de la climatisation, l’entreprise haut-garonnaise Airsam a développé un kit permettant d’installer les unités extérieures à l’intérieur des bâtiments. Une innovation qui réduit la consommation énergétique ainsi que les nuisances sonores et visuelles, et qui pourrait profiter de l’essor annoncé du marché.

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Dirigée par Thomas Etchenique et Sabrina Etchenique, Airsam développe et commercialise une solution de ventilation brevetée qui repense l’installation des systèmes thermodynamiques, en conciliant intégration dans des environnements contraints, respect du bâti, performance énergétique et valorisation de l’énergie récupérée. (©Airsam)

Plus de 41 °C à l’ombre à Toulouse, et un indicateur thermique national global record établi à 29,9 °C, dépassant celui de la canicule de 2003 (29,4 °C) ! Un dôme de chaleur d’une intensité exceptionnelle s’est installé sur l’Hexagone en cette fin de mois de juin, avec des températures nocturnes à peine supportables. Face à la multiplication de ces épisodes liés au réchauffement climatique, un quart des logements français sont aujourd’hui équipés de climatiseurs. Le gestionnaire du réseau électrique RTE estime que ce chiffre pourrait atteindre 50 % d’ici à 2035.

Problème, la climatisation n’est pas sans conséquences environnementales, sonores et visuelles. À elle seule, elle est responsable de 5 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment en France, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Avec un usage massif dans une ville comme Paris, « nous aurions un impact entre +2 °C et +4 °C sur la température extérieure », alertait son directeur, David Marchal, le 19 juin dernier chez nos confrères de RTL.

Une climatisation moins énergivore

Pour réduire cet impact, la PME haute-garonnaise Airsam, fondée en 2021 par Thomas Etchenique et co-dirigée avec sa compagne Sabrina Etchenique, commercialise un kit universel permettant d’installer les unités extérieures à l’intérieur des bâtiments. Une solution qui réduit la consommation énergétique et, par conséquent, les rejets de chaleur, tout en limitant les nuisances sonores et visuelles. L’entreprise affirme avoir presque triplé sa croissance ces dernières années.

Partant d’une problématique rencontrée par les installateurs de climatisation, le fondateur d’Airsam a développé ce dispositif, qui s’installe en une vingtaine de minutes sur une unité existante. « Concrètement, le moteur d’un climatiseur classique, appelé condenseur, se trouve toujours à l’extérieur du bâtiment. Il se présente sous la forme d’un bloc équipé d’une hélice alimentée par un compresseur. Notre solution consiste à installer cet équipement à l’intérieur, dans un grenier par exemple. Nous remplaçons l’hélice et son moteur par un système plus puissant, auquel nous ajoutons un caisson insonorisant doté d’une sortie d’air de la taille d’une VMC. Cette sortie est ensuite raccordée à une bouche d’aération discrète », détaille Thomas Etchenique.

La PME commercialise également des grilles cache-clim sur mesure afin de dissimuler les sorties d’air, notamment pour les façades et les toitures classées au patrimoine. L’ensemble occupe au minimum un demi-mètre carré à l’intérieur du bâtiment. « L’un des principaux avantages de notre démarche est la réduction de la consommation énergétique. Depuis 30 ans, les concepteurs de climatiseurs s’appuient sur un système qui produit un air beaucoup plus chaud en sortie que la température extérieure. Notre dispositif permet de réduire significativement cet écart de température tout en consommant moins d’énergie », affirme le dirigeant.

Une production locale et des innovations en préparation

À droite, une unité de climatisation classique. À gauche, le climatiseur est équipé du kit centrifuge universel développé par Airsam. (©Airsam)

Brevetée à Toulouse, la solution est conçue et fabriquée dans une usine de 550 m² située à Verfeil (à 20 minutes de la Ville rose), où plus de 60 unités sont produites chaque mois. Après cinq années de développement et d’expertise, la société commercialise sa solution en partenariat avec des installateurs en chauffage, ventilation et climatisation (CVC), ainsi qu’avec des distributeurs spécialisés tels que Solipac, dont les points de vente sont principalement implantés en Occitanie. « Nous venons également de signer un partenariat avec HVAC, distributeur indépendant spécialisé dans les solutions BtoB, présent à Montrabé, dans la zone industrielle Thibaud à Toulouse, ainsi qu’à Perpignan », annonce l’entrepreneur.

Si le produit est exclusivement destiné aux professionnels, Thomas Etchenique affirme être régulièrement sollicité par des bureaux d’études et des syndicats de copropriété. « Nous avons également été contactés par l’Ademe, qui s’intéresse à notre projet. Nous bénéficions d’aides et de crédits d’impôt, car notre kit participe à la transition énergétique des bâtiments. Nous sommes également accompagnés par l’agence de développement économique régionale Ad’Occ dans notre croissance », souligne l’intéressé.

Candidate au prix Next Innov 2026, organisé par la Banque populaire Occitanie, l’entreprise a par ailleurs bénéficié d’un financement de Bpifrance couvrant 50 % de son diagnostic innovation, ce qui lui a permis d’identifier de nouvelles pistes de développement. Airsam travaille notamment sur la conception et le dépôt de brevet d’un filtre destiné à décarboner l’air rejeté par son dispositif.

Cap sur l’export grâce à la marque blanche

Autre objectif : l’export. Pour accélérer son développement en France et à l’étranger, Thomas Etchenique mise désormais sur une offre en marque blanche. « Pour certains fabricants, c’est un moyen d’intégrer notre technologie à leurs climatiseurs sous leur propre marque, sans modifier leur chaîne de production », explique-t-il.

Une stratégie qui pourrait ouvrir à Airsam les portes des marchés européens dans un délai de six mois à un an. Après avoir lancé son activité sur fonds propres, le dirigeant ambitionne désormais de changer d’échelle et de tripler ses effectifs d’ici à l’année prochaine.