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Solar-Paint : des toits plus blancs pour les industriels

Énergie. La PME toulousaine Solar-Paint, filiale de l’entité ICGroup, s’apprête à commercialiser un revêtement innovant.

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L’entreprise Solar-Paint envisage de peindre une surface totale de 150 000 m2 cette année. DR

Une nouvelle réponse écologique dédiée notamment aux industriels, c’est ce que propose la filiale toulousaine Solar-Paint – laquelle appartient à l’entité ICGroup – qui a mis au point une peinture réfléchissante permettant de renvoyer les rayons du soleil et ainsi de diminuer la température des bâtiments. Cette technologie disruptive a nécessité quatre ans de R & D en collaboration avec le fabricant ariégeois Maestria, partenaire de longue date, et 400 K€ d’investissements. Cette idée est née d’un constat : « Il y a cinq ans, j’ai pu remarquer qu’aux États-Unis des centaines de magasins Walmart avaient recouvert leur toit avec une peinture réfléctive, et je me suis dit qu’il y avait un concept à creuser », se souvient Michel Rouault à la tête de Solar-Paint depuis plus de 16 ans. Preuve que les toits blancs sont efficaces, puisque les Grecs de l’antiquité avaient déjà recours à la chaux blanche. De fait, la PME s’apprête à commercialiser son nouveau produit biosourcé essentiellement élaboré à partir de résine végétale et de brisures de verre recyclé, au moment où le débat sur le réchauffement climatique fait rage, conjugué à l’envolée du coût des énergies.

« Notre nouveau produit a pour objectif de servir de levier de croissance. Tout ce que nous gagnons, nous le réinvestissons dans la R & D portée par notre filiale Solar-Paint »

« De nombreux bâtiments construits dans les années 70 sont aujourd’hui très énergivores et sont de véritables passoires thermiques. La plupart des bâtiments industriels possèdent un revêtement bitumeux, un toit bac acier ou des plaques de fibrociment qui absorbent le rayonnement solaire, ce qui augmente la température à l’intérieur des bâtiments. De fait, l’utilisation de la climatisation s’accentue, souligne le dirigeant. Notre produit au procédé de cool-roofing (toits frais) a un pouvoir réfléchissant supérieur à la norme de référence SRI (Solar Reflectance indicator) de 116/100, soit un taux de réflectivité supérieur à 92 %. Notre innovation permet ainsi de diviser par deux la température du toit et de diminuer la température de cinq degrés en moyenne à l’intérieur des locaux, ce qui engendre une baisse de 15 à 25% de consommation d’énergie ». Un résultat qui est loin d’être négligeable au vu du montant de la facture frôlant en moyenne les 50 K€ par an pour une grande surface.

L’entreprise toulousaine, qui cible dans un premier temps le secteur tertiaire, la grande distribution et les collectivités locales, entend faire la différence sur ce marché de niche et devenir leader en Europe à l’horizon de cinq ans. Pour l’heure, après une phase de test grandeur nature sur des toits d’enseignes occitanes – dont 14 000 m2de surface du magasin Leclerc dans la zone de Perpignan Sud –le procédé de l’entreprise a déjà séduit de grands comptes tels que Leclerc, Carrefour, Intersport, etc. La PME vise ainsi l’ensemble du marché national et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle lorgne déjà au-dessus des frontières hexagonales. « Nous avons des contacts avec l’Espagne et nous envisageons de nous implanter également au Portugal et en Italie », détaille le gérant. Parmi les axes de développement figure également l’obtention d’une certification pour l’étanchéité.

Levier de croissance

Quid de la concurrence ? « D’autres acteurs ont essayé d’aller sur ce marché, mais nous sommes les seuls à maîtriser le diagnostic et une production à l’échelle industrielle via notre partenaire », souligne Michel Rouault. Une recette qui devrait gagner du terrain d’autant que les perspectives ne manquent pas. En effet, l’entreprise a pour objectif de peindre une surface totale de 150 000 m2 cette année, sachant qu’elle estime le marché à près de 500 millions de m2 de bâtiments industriels et commerciaux à recouvrir, dont près de 40 millions en Occitanie.

En plus d’un retour sur investissement de l’ordre de trois à cinq ans, ce procédé, couvert par une garantie décennale, permet aussi aux industriels de se mettre en règle face aux nouvelles normes RE. « Nous venons également de finaliser le test de vieillissement. Notre SRI passe de 116,5 à l’état initial à 115,1, exposé à des conditions réelles pour un équivalent de 20 ans. Notre solution garde ainsi ses bénéfices en termes de reflectance et d’émisivité dans la durée », se réjouit le gérant. Cette nouveauté devrait ainsi permettre à l’entité ICGroup de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2025, laquelle a atteint 8 M€ l’an dernier.

« Notre nouveau produit a pour objectif de servir de levier de croissance. Tout ce que nous gagnons, nous le réinvestissons dans la R & D portée par notre filiale Solar-Paint, mais l’objectif est que nos différentes filiales aux compétences complémentaires entrent en synergie autour de cette technologie. PHV, spécialisée depuis 2018 dans le traitement anti-corrosion des matériaux sur des bâtiments en hauteur va assurer l’application de la peinture. Notre filiale Altea-solutions va, de son côté, prendre en charge les diagnostics et la maintenance des infrastructures, avec notamment l’utilisation d’un drone qu’elle a développé dans le cadre de mission d’inspection. Enfin, à travers notre filiale In Prev, nous continuons à former des talents à la prévention des risques en interne et en externe », conclut le dirigeant. Fort de 135 collaborateurs, le groupe entend étoffer ses effectifs dans les mois à venir.