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Deux chercheuses toulousaines récompensées pour leurs travaux contre le cancer

Sciences. Marianna Plozza et Rima Kochman, chercheuses respectivement à l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale et au Centre de Biologie Intégrative de Toulouse, ont décroché les deux premières distinctions du Prix Kerner 2026 de la Fondation ARC. Leurs travaux portent sur la destruction osseuse liée à certains cancers et les mécanismes de réparation de l’ADN.

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Remis les 15 et 16 octobre 2026 à Paris, les Prix Kerner de la Fondation ARC ont été remis par Dominique Bazy, son président, et Lionel Cavicchioli, biologiste et journaliste santé, à Faustine Enoch, chercheuse au Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (3e prix), Rima Kochman, chercheuse au Centre de Biologie Intégrative de Toulouse (2e prix) et Marianna Plozza, chercheuse à l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale de Toulouse (1er prix). (©Fondation Arc)

À l’occasion des 30es Journées des Jeunes Chercheurs en cancérologie de la Fondation ARC, organisées à Paris les 15 et 16 octobre, deux scientifiques toulousaines ont été récompensées par la Fondation ARC pour leur capacité à rendre ces questions scientifiques accessibles au grand public elles ont remporté les deux premières distinctions du Prix Kerner 2026.

Marianna Plozza, doctorante à l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale (IPBS), reçoit le 1er Prix Kerner pour ses travaux sur les cellules responsables de la destruction osseuse dans certains cancers. Rima Kochman, chercheuse postdoctorante au Centre de Biologie Intégrative (CBI), obtient le 2e Prix Kerner et le Prix coup de coeur des donateurs, pour ses recherches sur les erreurs de réparation de l’ADN susceptibles de contribuer au développement de cancers. Ces prix récompensent leur capacité à expliquer des mécanismes biologiques complexes avec des mots et des images compréhensibles par tous.

Reconnue d’utilité publique, la Fondation ARC est 100 % dédiée à la recherche sur le cancer et est financée grâce à la générosité de ses donateurs et testateurs. Elle a ainsi alloué en 2025 plus de 33 M€ à 403 projets de recherche. « En 30 ans, les visages ont changé, les technologies ont évolué, les connaissances ont progressé. Mais une conviction demeure : faire avancer la recherche en cancérologie, c’est donner aux talents qui la portent les moyens d’explorer de nouvelles pistes. C’est tout le sens des Journées Jeunes Chercheurs de la Fondation ARC. Depuis trois décennies, elles mettent en lumière une nouvelle génération de scientifiques », assure François Dupré, directeur général de la Fondation ARC.

Empêcher les cellules de « ronger » les os sans les éliminer

Les recherches de Marianna Plozza portent sur les ostéoclastes, les cellules responsables du renouvellement osseux. (©Fondation Arc)

Les recherches de Marianna Plozza portent sur les ostéoclastes, les cellules responsables du renouvellement osseux, qui peuvent devenir excessivement actives dans certains cancers et favoriser la progression des tumeurs et des métastases en détruisant l’os.

À l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale de Toulouse, Marianna Plozza cherche à comprendre comment freiner cette destruction sans supprimer les ostéoclastes, indispensables au renouvellement osseux. Ses travaux visent à identifier les mécanismes qui permettent à ces cellules de s’accrocher à l’os et de le dégrader. L’objectif est de développer des stratégies ciblées pour freiner la destruction osseuse liée au cancer, tout en préservant le rôle essentiel de ces cellules dans le renouvellement du squelette.

Quand notre ADN répare ses cassures… avec les mauvais morceaux

Rima Kochman étudie la manière dont les cellules réparent l’ADN et les erreurs qui peuvent survenir lors de ce processus. (©Fondation Arc)

Par ses recherches, Rima Kochman étudie la manière dont les cellules réparent l’ADN et les erreurs qui peuvent survenir lors de ce processus. Elle s’intéresse notamment aux cassures double brin, qui affectent les deux brins de l’ADN, lorsqu’elles surviennent au niveau des gènes actifs, c’est-à-dire des gènes que la cellule est en train de lire.

Au Centre de Biologie Intégrative de Toulouse, au sein de l’équipe de Gaëlle Legube, Rima Kochman cherche à comprendre pourquoi et comment ces cassures se déplacent et se regroupent dans un emplacement spécifique du noyau de la cellule, un phénomène qui pourrait faciliter la réparation, mais aussi favoriser des erreurs génétiques appelées translocations chromosomiques, impliquées dans certains cancers. L’objectif est de mieux comprendre ces mécanismes et leurs conséquences sur le développement du cancer, notamment lorsque les protéines essentielles à la réparation de l’ADN sont altérées.