Automobile : malgré le coup de frein du marché, Enchères VO poursuit sa croissance
Bilan et perspectives. Dans un marché automobile français atone, la maison de vente aux enchères toulousaine spécialisée dans les véhicules d’occasion continue de gagner du terrain. Avec 403 M€ d’adjudications et près de 38 000 véhicules vendus, elle a franchi en 2025 un nouveau cap, portée notamment par l’essor du marché des véhicules électriques.
À contre-courant d’un marché automobile en perte de vitesse, Enchères VOcontinue de faire la course en tête. La maison de vente aux enchères toulousaine spécialisée dans les véhicules d’occasion boucle l’exercice 2025 sur un volume d’activité record de 403 M€ d’adjudications, pour près de 38 000 véhicules vendus. Une performance qui lui permet désormais de se hisser au troisième rang national sur son segment.
Une centaine de ventes chaque mois
Issu de l’étude de commissaire-priseur Arnauné-Prim, le groupe s’appuie sur plus de quarante ans d’expertise dans la vente volontaire de véhicules d’occasion, autrement dit des biens confiés librement à la vente par leurs propriétaires ou détenteurs, à l’exclusion des saisies judiciaires. Implanté à Toulouse, Bordeaux et Marseille, Enchères VO a progressivement bâti un modèle hybride associant ventes physiques et digitalisation des enchères.
« Nous organisons en moyenne une centaine de ventes par mois », souligne Guillaume Arnauné, dirigeant du groupe. Un rythme soutenu rendu possible par un processus particulièrement rodé. Le délai moyen entre la prise en charge d’un véhicule et son adjudication reste stable à douze jours seulement.
L’activité repose essentiellement sur des fournisseurs institutionnels : constructeurs automobiles, loueurs, distributeurs ou établissements financiers. « Les véhicules de particuliers restent très marginaux », précise l’intéressé. L’offre couvre un spectre large, du véhicule récent faiblement kilométré jusqu’aux modèles plus anciens, permettant de répondre à une clientèle diversifiée.
Autre caractéristique du modèle, son rayonnement à l’international. En 2025, près de 30 % des véhicules vendus ont quitté le territoire national après leur adjudication. Une clientèle étrangère qui joue également un rôle croissant dans certaines catégories de véhicules, notamment électriques. Car si le marché de l’occasion subit lui aussi les secousses de la conjoncture, la transition énergétique commence à redessiner les équilibres. Les véhicules électriques représentent désormais environ 15 % des ventes réalisées par Enchères VO.
L’essor du marché électrique
« Les craintes initiales concernant la durée de vie des batteries ou l’obsolescence se sont dissipées. Les batteries sont fiables et le marché français est en train de faire sa mue. Les acheteurs répondent présents », observe Guillaume Arnauné. L’arrivée massive de véhicules électriques sur le marché secondaire était attendue. Après l’explosion des ventes de modèles neufs à partir de 2022, ces véhicules entrent désormais dans leur deuxième vie commerciale. Un phénomène qui s’accélère encore sous l’effet des tensions géopolitiques et de la volatilité des prix de l’énergie.
« En l’espace de quelques jours, nous avons senti une demande repartir à la hausse », constate le professsionnel, évoquant l’impact de la récente flambée des cours du pétrole. Face à l’incertitude sur le prix des carburants, les véhicules électriques apparaissent pour certains ménages comme une solution viable sur le long terme. Cette dynamique ne suffit toutefois pas à masquer le ralentissement général du marché automobile. « Nous sommes dans une moindre dynamique que ce que nous pourrions être lorsque tous les indicateurs sont au vert », reconnaît Guillaume Arnauné avant de développer :
On sent un affaissement du marché. Les clients temporisent, mettent sur pause le remplacement de leur véhicule et sont moins dans une dynamique d’achat. »
L’explication se trouve en partie du côté du marché du neuf. Son ralentissement réduit mécaniquement le volume de reprises alimentant le marché de l’occasion. À cela s’ajoutent les inquiétudes persistantes autour des financements automobiles qui arriveront à échéance entre 2026 et 2027.
Pour autant, le groupe ne prévoit pas de multiplier les implantations physiques. Sa stratégie repose davantage sur le renforcement de son maillage national et sur des investissements technologiques. L’automatisation et l’intelligence artificielle figurent parmi les principaux axes de développement afin « d’accélérer les arbitrages, fluidifier les processus et accompagner la croissance ». Des recrutements dans les fonctions commerciales et de back-office sont également programmés.
EnchèresVO MAT : 10 M€ d’adjudications
Au sein du groupe, une autre activité poursuit sa montée en puissance. Filiale dédiée aux matériels d’occasion, EnchèresVO Mat a généré à elle seule 10 M€ d’adjudications en 2025. Basée à Bruguières dans l’agglomération toulousaine, l’entreprise accompagne les professionnels du BTP, du transport, de l’agriculture et de l’industrie dans la valorisation de leurs équipements.
Si le secteur des travaux publics constitue un moteur important de l’activité, avec 40 % du chiffre d’affaires, l’entreprise revendique une approche volontairement généraliste. Les 60 % restants proviennent principalement des tracteurs routiers et véhicules utilitaires, auxquels s’ajoutent des matériels agricoles, équipements de levage, matériels de restauration ou encore bateaux de plaisance.
« Notre force réside dans notre polyvalence. Nous ne sommes pas contraints par une seule filière, ce qui nous permet de capter des opportunités sur tous les segments », explique Thomas Prim, directeur d’EnchèresVO MAT dans un communiqué publié en avril.
Pour répondre aux exigences de rapidité des professionnels, la filiale a développé un outil interne capable de fournir une estimation en 24 heures. Une réactivité devenue essentielle pour accélérer les rotations de stock et libérer de la trésorerie. « Passer par nos enchères est souvent plus simple et plus rapide que de gérer une annonce privée. Avec un prix de départ juste, nous observons un délai de vente moyen d’un mois seulement. »
Une stratégie multicanale payante
Chaque mois, une vente physique est organisée. Accessible simultanément en ligne et par téléphone, elle conserve néanmoins une forte dimension présentielle : 80 % des adjudications sont encore réalisées en salle, contre 20 % via les canaux digitaux.
Au-delà de ces rendez-vous réguliers, EnchèresVO MAT développe également des ventes délocalisées directement chez les clients disposant de volumes importants à céder. Une offre de service qui lui permet d’intervenir partout en France. Pour 2026, la filiale entend poursuivre son développement national tout en renforçant encore ses outils numériques. Avec un autre objectif affiché : attirer davantage de particuliers sur les segments du petit matériel et de l’outillage, afin d’élargir encore son marché adressable.