Entreprises

Équipements de protection : Paul Boyé Technologies mise sur l’export

Équipement. L’entreprise toulousaine, qui fabrique des uniformes et des tenues de combat, annonce pour l’exercice 2022-2023 des résultats en progression, fruit d’une stratégie fortement tournée vers l’innovation.

Lecture 5 min
Paul Boyé Technologies dispose de deux sites en Haute-Garonne, au Vernet et à Labarthe-sur-Lèze, où se situe son siège ainsi qu’à Bédarieux (Hérault). (©Lydie Lecarpentier).

Le groupe Paul Boyé Technologies, qui figure parmi les premiers fabricants européens d’uniformes, de tenues de combat et d’équipements de protection individuelle (EPI), affiche un chiffre d’affaires en hausse de 12,4 % sur l’exercice 2022-2023. Le Haut-Garonnais, qui emploie plus de 300 salariés sur ses différents sites, a ainsi réalisé près de 118 M€ de chiffre d’affaires à fin juin 2023, en progression de 125 % sur cinq ans.

Une croissance portée par une forte progression de son activité à l’export, laquelle a bondi de 74 % au cours du dernier exercice, à près de 30,4 M€. L’export représente désormais plus d’un quart du chiffre d’affaires du groupe, soit près de 10 points de plus qu’un an auparavant.

Sur ses différents sites haut-garonnais du Vernet et de Labarthe-sur-Lèze où se situe son siège et de Bédarieux (Hérault), l’entreprise fabrique notamment des tenues d’intervention et de protection contre les toxiques biologiques, chimiques et radiologiques, les effets nucléaires (NRBC), le feu, les balles, les mines ou encore les intempéries, des tenues utilisées dans les situations les plus extrêmes.

Des produits vendus dans 57 pays à travers le monde, en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique. Le groupe dispose d’une antenne commerciale aux Etats-Unis, chargée de promouvoir outre-Atlantique le savoir-faire et les compétences de Paul Boyé Technologies. Une présence qui a permis à l’entreprise, associée à d’autres partenaires, de remporter d’importants contrats auprès de l’armée américaine dont l’un particulièrement retentissant de 96 M€, gagné en 2012, pour la fourniture de tenues de protection NBC (nucléaire, biologique, chimique).

L’innovation comme moteur

L’entreprise, qui s’est dotée il y a quelques années d’un centre de conception textile en vue de développer des recherches sur de nouvelles matières premières techniques et les process innovants, mise fortement sur l’innovation pour gagner de nouveaux marchés.

Elle fait notamment partie du consortium Second Skin chargé de développer une sous-combinaison portée à même la peau par les astronautes et conçue pour les équiper lors de leur vie dans l’espace, à bord d’une station orbitale, d’un habitat lunaire ou de sorties extra-véhiculaires. Le consortium a été constitué dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par le Centre d’innovation et d’inspiration Way4Space basé en Nouvelle-Aquitaine dont la vocation est de favoriser l’innovation dans le domaine spatial.

En parallèle, Paul Boyé Technologies travaille sur des projets plus terre à terre, telle une nouvelle veste textile 2 en 1 conçue pour protéger les pompiers quel que soit le type d’intervention ou un nouveau gilet pare-balles adapté à la morphologie féminine dont la commercialisation vient juste de débuter.

Une expertise reconnue

Fort d’une expérience de 20 ans dans la gestion globale des marchés d’habillement, le groupe labarthais, qui fêtera l’an prochain ses 110 ans d’existence, a remporté en 2018 un énorme contrat de 248 M€ sur quatre ans pour équiper 270 000 gendarmes et policiers français.

Il maîtrise ainsi aujourd’hui tous les métiers du marché de l’habillement : de la conception à l’industrialisation, du contrôle qualité des produits au développement d’outils informatiques spécifiques aux besoins des clients, de la distribution individualisée de colis jusqu’au recyclage des vêtements usés, en passant par le maintien en condition opérationnelle.

L’entreprise dispose aussi d’une solide expertise dans la fabrication de masques FFP1 et FFP2. Durant la pandémie de Covid, elle en a fabriqué plus de 100 millions d’exemplaires et développé un modèle virucide, capable de tuer les virus, tels que le H1N1, la grippe aviaire ou encore le coronavirus.

L’entreprise prévoit de recruter une trentaine de collaborateurs en 2024 pour renforcer ces équipes industrielles et commerciales.