EREMS investit 10 M€ sur son site de Flourens et renforce son rôle dans le spatial européen
Spatial. La PME haut-garonnaise franchit une nouvelle étape dans son développement en inaugurant des installations modernisées et une ligne de production automatisée. Objectif ? Répondre aux exigences croissantes des programmes spatiaux et des constellations du New Space.
La bonne dynamique du secteur spatial ne profite pas uniquement aux grands donneurs d’ordre, à l’image d’Airbus Defence and Space, qui a enregistré en 2025 un niveau record de prises de commandes (17,729 Md€, +6 %) ainsi qu’une hausse de 11 % de son chiffre d’affaires, à 13,405 Md€. Les PME de la filière tirent également leur épingle du jeu. C’est notamment le cas d’EREMS, spécialiste des équipements électroniques embarqués pour le spatial et la défense. Basée à Flourens (Haute-Garonne), l’entreprise a vu son chiffre d’affaires progresser de 10 % l’an dernier, pour atteindre 17,45 M€.
Pour accompagner cette croissance soutenue, EREMS vient d’inaugurer de nouvelles installations dans cette commune de l’est toulousain. Dans un communiqué publié le 5 juin 2026, l’entreprise fondée en 1979 indique avoir investi 10 M€ dans l’extension et la modernisation de son site. Ce vaste chantier a bénéficié du soutien financier de partenaires publics et privés, parmi lesquels la Banque Populaire Occitane, la Région Occitanie, l’État via les dispositifs France Relance et France 2030 « Première Usine », ainsi que le Centre national d’études spatiales (Cnes) et l’Agence spatiale européenne (ESA) à travers le programme GSTP (General Support Technology Programme).
Le New Space, nouveau relais de croissance
Inaugurées début juin, les nouvelles installations portent la superficie du site à près de 4 000 m², dont 450 m² de salles blanches. L’objectif est double : renforcer les capacités industrielles de l’entreprise et intégrer de nouvelles technologies de production afin de répondre à la montée en puissance des grands programmes spatiaux, qu’ils soient institutionnels ou liés aux constellations du New Space.
Jusqu’au début des années 2000, les activités spatiales étaient essentiellement portées par les États. Depuis une vingtaine d’années, de nouveaux acteurs privés - grands groupes, entreprises spécialisées et start-up - investissent massivement ce marché. Ce mouvement, désigné sous le terme de « New Space », transforme l’ensemble de la chaîne de valeur. Le secteur des lanceurs, devenu particulièrement concurrentiel, voit ainsi émerger de nouveaux acteurs comme l’américain SpaceX. Mais le phénomène ne se limite pas aux fusées : il concerne également la fabrication de satellites, les services fondés sur les données spatiales, les objets connectés ou encore le tourisme spatial.
Dans ce contexte, le New Space constitue un relais de croissance majeur pour les PME et les start-up françaises. EREMS en est une illustration. L’entreprise conçoit et fournit des systèmes couvrant un large spectre d’applications, de la phase de spécification jusqu’à la livraison clé en main. Depuis plus de 20 ans, elle affiche une croissance continue, portée par sa participation à de grands programmes d’observation de la Terre, d’exploration spatiale et de télécommunications. Ses effectifs sont ainsi passés de 70 salariés en 2016 à près de 190 aujourd’hui.
10 M€ investis à Flourens
Dans le cadre de son vaste projet d’extension et de modernisation, 6,7 M€ ont été consacrés aux infrastructures, tandis que 3,5 M€ ont été investis dans la création d’une ligne automatisée de câblage de cartes électroniques. Cet équipement permettra à l’entreprise d’assembler des composants de dernière génération répondant aux standards les plus exigeants du secteur spatial, tout en accompagnant les besoins de production en série associés aux futures constellations.
« Dans un marché spatial en pleine évolution, ces investissements nous donnent les moyens d’engager une nouvelle trajectoire de croissance. Nous disposons désormais d’infrastructures optimisées et de nouvelles technologies qui renforcent notre autonomie sur les développements futurs », souligne Gérard Dejonghe, PDG d’EREMS.
Une question de souveraineté européenne
Plusieurs projets de constellations d’envergure sont actuellement en préparation en Europe. C’est notamment le cas d’IRIS² (Infrastructure for Resilience, Interconnectivity and Security by Satellite), qui pourrait compter jusqu’à 300 satellites. Cette future constellation vise à fournir des services de communication sécurisés et résilients aux gouvernements et aux acteurs économiques européens. Son déploiement devrait débuter à partir de 2028. De son côté, l’opérateur européen Eutelsat, qui contrôle déjà la constellation OneWeb et ses plus de 600 satellites en orbite, prévoit de poursuivre son développement avec plusieurs centaines de satellites supplémentaires.
EREMS travaille aujourd’hui pour des acteurs majeurs tels qu’Airbus Defence and Space, Safran, Hemeria ou encore Thales Alenia Space. Récemment, l’entreprise a contribué au programme de satellites de télécommunications de la société toulousaine Kinéis ainsi qu’au programme CO3D (Constellation Optique en 3D) du Cnes. Ce dernier repose sur une constellation de mini-satellites d’observation de la Terre, dont les premiers exemplaires ont été lancés en juillet 2025.