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Évidence investit pour accompagner l’essor du réemploi en Occitanie et change d’échelle

Services. Portée par le développement du Rose Festival, un contrat structurant avec la Ville de Toulouse et de nouveaux marchés dans le sport, la jeune entreprise toulousaine investit 400 K€ dans une nouvelle unité de lavage au MIN. Objectif ? Accompagner la forte montée en puissance de l’entreprise, laquelle vise un doublement de son chiffre d’affaires en 2026, soit entre 700 et 720 K€.

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Pour rester cohérente avec sa démarche environnementale, Évidence, entreprise toulousaine spécialisée dans le lavage de contenants alimentaires créée en 2024 par Mathieu et Charlotte Mendegris, limite volontairement son rayon d’intervention à 150 kilomètres autour de Toulouse afin de maîtriser l’impact carbone lié au transport. (©Valle Serrano)

Dans un mois, le parvis du MEETT accueillera une nouvelle édition du Rose Festival. Sont notamment attendus des figures majeures de la scène pop et électro internationale telles que Charlotte Cardin, Aya Nakamura et DJ Snake. Un rendez-vous incontournable de la rentrée toulousaine qui se veut « accessible, inclusif, solidaire et soucieux de son environnement ».

Cette ambition se traduit notamment par le renouvellement, pour la troisième année consécutive, de son partenariat avec Évidence, PME toulousaine spécialisée dans le lavage de contenants alimentaires réemployables. L’objectif est de limiter les déchets générés pendant le festival en favorisant le réemploi des gobelets et des barquettes.

Dix fois plus de barquettes réemployables

Lors de l’édition 2025, Évidence a lavé entre 120 000 et 150 000 contenants réemployables en trois jours. « Ces volumes illustrent concrètement le changement d’échelle du réemploi dans l’univers de l’événementiel », souligne l’entreprise, installée sur le site du Grand Marché MIN de Toulouse.

Cette année, le dispositif franchit une nouvelle étape. Les organisateurs souhaitent massifier l’utilisation des barquettes réemployables destinées aux food trucks avec un objectif de 40 000 unités disponibles, contre environ 4 000 lors de l’édition précédente.

Cap sur 2,5 millions de contenants lavés en 2026

Fondée en 2024 par Charlotte et Mathieu Mendegris, Évidence accompagne ses clients dans la mise en œuvre du réemploi des contenants alimentaires. Son credo : rendre cette pratique simple, fiable et opérationnelle autour d’un principe revendiqué par ses dirigeants : « laver pour éviter de jeter, réutiliser plutôt que recycler ». En 2025, l’entreprise a ainsi traité 1,5 million de contenants – verre, plastique et inox, hors bouteilles – soit une montée en puissance rapide, à peine deux ans après sa création.

Elle cible différents secteurs : traiteurs, restaurateurs, entreprises de livraison de repas en bocaux comme Bocal en Boucle ou Le Fourgon – ses premiers clients –, cuisines centrales de collectivités, mais aussi professionnels de l’événementiel. Ces derniers constituent d’ailleurs son marché le plus mature. Outre le Rose Festival, Évidence intervient en effet au Poney Club mais également auprès du TFC et du Stade Toulousain.

En fin d’année 2025, l’entreprise a également remporté un contrat majeur d’une durée de quatre ans auprès de la cuisine centrale de la Ville de Toulouse. Dans ce cadre, Évidence assure le lavage quotidien de près de 3 500 bacs et couvercles durant 37 semaines par an, soit plus de 650 000 contenants traités chaque année. « Un contrat structurant qui marque une étape clé », souligne l’entreprise, et qui confirme « la pertinence du lavage professionnel à grande échelle au service de la restauration collective ».

Une seconde unité de lavage au MIN

Portée par cette dynamique, la PME, qui emploie aujourd’hui dix équivalents temps plein, prévoit de dépasser les 2,5 millions de contenants lavés en 2026. De quoi lui permettre de doubler son chiffre d’affaires, soit de l’ordre de 700 à 720 K€ en 2026, contre 350 K€ l’an dernier. Elle espère ainsi atteindre l’équilibre financier.

Pour accompagner cette croissance, la société, qui a levé 500 K€ au premier semestre 2025 et bénéficié d’une subvention de 100 K€ de la Région Occitanie, vient d’investir 400 K€ dans son outil industriel. Une seconde unité de lavage ouvrira ainsi en septembre sur le MIN de Toulouse, portant la surface de ses installations de 300 à 700 m² et sa capacité annuelle de traitement à 7 voire 9 millions de contenants. Des recrutements sont également prévus d’ici la fin de l’année.

Convaincre un marché encore hésitant

Pour autant, la bataille est loin d’être gagnée : le réemploi peine encore à s’imposer auprès de nombreux acteurs. « Les principaux freins sont essentiellement organisationnels, avec des coûts initiaux plus élevés. Pour beaucoup, passer au réemploi n’est pas encore une priorité », observe Mathieu Mendegris.

Le dirigeant regrette également le manque de contrôles autour de l’application de la loi AGEC, qui impose notamment aux établissements de restauration rapide disposant d’au moins 20 places assises de servir les repas et boissons consommés sur place dans de la vaisselle réemployable. « Aujourd’hui, à l’exception des grosses enseignes du type McDo, en centre ville de Toulouse, très peu en utilisent », déplore-t-il.

Faire évoluer les pratiques

Pour lever ces freins, Évidence mise sur l’accompagnement de ses clients. Et le dirigeant d’ajouter :

Notre rôle est de leur simplifier les choses, depuis le sourcing des contenants jusqu’à leur mise à disposition, afin que le passage au réemploi génère le moins de contraintes possible. Il faut être très persévérant ! »

Cette stratégie commence à porter ses fruits. Après deux années d’échanges avec la collectivité, la Ville de Toulouse a intégré le réemploi dans le cahier des charges de son prochain marché de Noël. Jusqu’à présent, seuls des contenants jetables étaient utilisés, alors que l’événement accueille près d’un million de visiteurs en une trentaine de jours.

Même si la société nantaise 2A Organisation, récemment désignée pour organiser l’événement, ne retient pas nécessairement Évidence comme prestataire, Mathieu Mendegris y voit un signal positif : « C’est aussi notre rôle de faire progresser le réemploi. »

De nouveaux relais de croissance

Au-delà des collectivités et de la restauration, l’entreprise cible désormais d’autres marchés. Elle mise notamment sur le développement attendu de la consigne dans la grande distribution ainsi que sur les grands groupes implantés localement, qu’elle souhaite convaincre de remplacer les gobelets à café jetables par des contenants réemployables.

« Un gobelet en carton, ça ne coûte presque rien, mais son impact environnemental est important », rappelle Mathieu Mendegris, évoquant des volumes pouvant représenter entre 500 000 et deux millions de gobelets évités selon les sites concernés.

L’entreprise entend également réduire son propre impact environnemental. Si le lavage consomme de l’eau et de l’énergie, son dirigeant rappelle que ces consommations restent nettement inférieures à celles nécessaires à la fabrication de contenants neufs. Une réflexion sera engagée à l’automne avec un partenaire spécialisé afin de réutiliser une partie des eaux de process et ainsi réduire encore la consommation d’eau de l’installation.