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Fibre Excellence : la liquidation se profile, un projet à 200 M€ reste en jeu

Industrie. À Saint-Gaudens (Haute-Garonne), l’avenir du dernier producteur français de pâte à papier demeure incertain. Faute d’offre de reprise finalisée à la date du 22 octobre, la liquidation judiciaire apparaît comme l’issue la plus probable. En parallèle, l’État, la Région Occitanie et le groupe portugais Ghost poursuivent les discussions autour d’un projet industriel de près de 200 M€.

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Implantée dans le 31 depuis 1959, l’usine produit environ 280 000 tonnes de pâte à papier par an, destinées à la fabrication de nombreux produits du quotidien, du papier aux produits sanitaires en passant par les emballages. (©Jean Paul Alandry, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons)

Face aux rumeurs grandissantes d’une possible liquidation de Fibre Excellence, la présidente de Région Carole Delga est montée au créneau, vendredi 23 octobre 2026. Si elle n’a pas écartée complètement cette éventualité, l’élue et les syndicats ne désarment pas. L’occasion de faire le point sur l’avancement du projet de reprise.

Pour rappel, l’entreprise de Saint-Gaudens qui emploie 270 salariés, dernier producteur français de pâte à papier, avait été placé en redressement judiciaire le 27 avril dernier, procédure convertie le 30 juillet dernier en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité jusqu’à mi-septembre.

Le 15 septembre dernier, le tribunal de commerce de Toulouse avait décidé d’accorder un délai supplémentaire pour permettre aux repreneurs intéressés de déposer leurs offres pour le site haut-garonnais de Fibre Excellence, celui de Tarascon (13) ayant déjà fait l’objet d’une liquidation. Ce nouveau délai devait justement permettre au consortium piloté par l’Agence régionale des investissements stratégiques d’Occitanie, de consolider son dossier de reprise avec à sa tête un investisseur portugais.

Le juge consulaire prenait acte de l’engagement de l’État de financer aux côtés de la Région Occitanie une nouvelle période de poursuite d’activité jusqu’au 15 décembre. Le gouvernement, par le biais du ministre de l’Industrie Sébastien Martin, s’était en effet dit prêt à mobiliser 2 M€ pour le seul mois de septembre. La Région avait, de son côté, prévu de débloquer 3,5 M€ entre octobre et début décembre, sur une enveloppe de 13 M€ récemment votée par les élus régionaux. Ces 5,5 M€ devant permettre d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et surtout de maintenir les emplois sur la période.

Le tribunal avait en outre fixé une nouvelle date butoir pour le dépôt des offres, à savoir le 22 octobre avant la tenue de l’audience prévue le 3 novembre. À cette date, seules trois lettres d’intention ont été déposées auprès de la juridiction par l’État, la Région Occitanie et le groupe portugais Ghost. Spécialisé dans la transformation du papier et les produits d’hygiène, Ghost est présent dans une trentaine de pays. C’est un des clients de Fibre Excellence.

200 M€ d’investissements prévus

Ces courriers ont été déposés dans la foulée d’une rencontre intervenue le 19 octobre entre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin et le dirigeant de Ghost, entrevue qui a permis à ce dernier de présenter plus en détail son dossier, rapporte l’élue régionale.

Son objectif ? Bâtir un nouveau projet industriel prévoyant la relance de la production de pâte à papier sur le site de Saint-Gaudens et la création d’une unité de transformation de la pâte à papier en produits finis à forte valeur ajoutée, soit un investissement de près de 200 M€.

Si aucune offre n’est finalisée à ce stade, l’élue régionale argue que le montage d’un tel projet nécessite du temps. Elle assure cependant que l’État, la collectivité et l’industriel « poursuivent leur travail pour préparer l’avenir du site et organiser une période de transition ». Les conditions industrielles, sociales et environnementales de cette période de transition « font déjà l’objet d’échanges », ajoute-t-elle dans un communiqué publié le 23 octobre.

Poursuivre les discussions coûte que coûte ?

Que va-t-il se passer désormais ? Faute d’offre bouclée, « la liquidation judiciaire apparaît comme l’issue la plus probable, dans l’attente de la décision du Tribunal de commerce », reconnaît Carole Delga, sans pour autant, assure-t-elle, que cela ne remette en cause les perspectives ouvertes par le projet Ghost.

Et de préciser que des discussions sont en cours pour organiser cette période de transition. Elle fixe deux priorités : « assurer le meilleur accompagnement possible aux salariés, grâce notamment à la mobilisation des dispositifs de l’État, et sécuriser et préserver les équipements industriels ainsi que les compétences du site, dans le respect des obligations environnementales. »

Tous espèrent donc que le dialogue se poursuivre : d’un côté avec le tribunal pour assurer la transition et obtenir plus de temps et de l’autre avec Ghost pour finaliser le projet et assurer la reprise de la production.