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Fibre Excellence : l’avenir du papetier suspendu à l’offre Pigasse

Industrie. Le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner ce lundi l’unique offre de reprise encore en lice pour le fabricant de pâte à papier. Porté par Matthieu Pigasse et soutenu par les collectivités, le projet est désormais le dernier espoir de préserver près de 700 emplois à Saint-Gaudens et Tarascon.

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Les élus de terrain et les organisations syndicales se sont fortement mobilisés pour sauver Fibre Excellence. Ici Sébastien Vincini, président du Conseil départemental de Haute-Garonne, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie et Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, aux côtés des salariés de l’entreprise, le 18 juin dernier à Saint-Gaudens. (©Région Occitanie, Emmanuel Grimault)

Plus que jamais, l’avenir de Fibre Excellence est suspendu à la décision du tribunal de commerce de Toulouse. Le fabricant de pâte à papier, implanté à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et à Tarascon (Bouches-du-Rhône), traverse une crise majeure.

Confrontée à de graves difficultés financières, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire le 27 avril 2026. Face à la forte mobilisation des salariés, des élus et des acteurs du territoire en faveur du maintien de l’activité, le tribunal avait décidé de reporter au 6 juillet sa décision afin de laisser le temps à l’élaboration d’un projet de reprise solide.

Près de 700 emplois directs sont aujourd’hui menacés. Dans ce contexte, de nombreuses personnalités se sont investies dans le dossier, parmi lesquelles Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, son homologue de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, ainsi que les représentants des principales organisations syndicales, CGT, CFDT et FO en tête.

Début juin, les perspectives de reprise semblaient pourtant particulièrement limitées. Une seule offre avait alors été déposée, portée par d’anciens dirigeants de l’entreprise. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, avait d’ailleurs fait part de ses réserves, regrettant l’absence d’un industriel de premier plan parmi les candidats à la reprise.

Une offre déposée in extremis

Le 18 juin, Carole Delga créait toutefois la surprise en annonçant avoir pris contact avec le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, qui avait confirmé son intérêt pour le dossier. Quelques jours plus tard, les anciens dirigeants retiraient leur offre, laissant le champ libre à ce dernier.

Le 2 juillet, un projet de reprise porté par l’ancien haut fonctionnaire et entrepreneur dans les médias a effectivement été déposé auprès du tribunal de commerce de Toulouse. Celle-ci sera examinée lors de l’audience prévue ce lundi 6 juillet.

Selon la présidente de la Région Occitanie, cette proposition est « fondée sur un business plan réaliste, une gouvernance solide et une véritable ambition industrielle ». L’élue avait par ailleurs indiqué, dès le mois de mai, que la Région pourrait investir jusqu’à 5 M€ dans le projet afin de préserver la filière de la pâte à papier sur le territoire. De son côté, la Région Paca pourrait elle aussi soutenir l’entreprise à hauteur de 3 M€. Et Carole Delga d’ajouter :

Le gouvernement demandait un projet sérieux et financé : c’est le cas, en prenant les hypothèses les plus basses de soutien de ce dernier. Nous abordons cette échéance avec confiance, parce que nous savons que cette entreprise a un avenir et qu’elle répond à un enjeu majeur pour la souveraineté industrielle de notre pays. »

Des négociations encore à mener avec l’État

Pour autant, la présidente de Région estime que plusieurs étapes restent à franchir. « Il faudra affiner la mise en œuvre du projet, conforter les engagements des partenaires, les coordonner pour entrer en action afin de donner à cette reprise toutes les garanties de réussite. » Elle attend désormais des engagements de l’État, notamment sur le plan financier, afin de sécuriser durablement le projet de reprise et d’en garantir la pérennité.

Alors que l’État se dit prêt à investir 5 M€ dans le projet, les discussions pourraient porter notamment sur le tarif de rachat de l’électricité produite par Fibre Excellence en marge de la production de pâte à papier, ainsi que sur les conditions d’approvisionnement en bois, sachant que la hausse du cours de cette matière première est l’une des causes des difficultés de l’entreprise.