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Fibre Excellence : le géant alsacien Soprema dispose d’un mois pour boucler son projet de reprise

Industrie. Le tribunal de commerce de Toulouse donne quatre semaines supplémentaires à Soprema, industriel affichant 5,2 Md€ de chiffre d’affaires, pour préciser son offre de reprise du site de Fibre Excellence à Saint-Gaudens. Cette décision relance l’espoir d’un sauvetage pour les 300 salariés de l’usine haut-garonnaise.

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Implantée à Saint-Gaudens depuis 1959, l’usine Fibre Excellence produit environ 280 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisées pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages). Elle emploie près de 300 personnes. (©Fibre Excellence)

Un avenir est-il en train de se dessiner pour le site haut-garonnais de Fibre Excellence, dernier fabricant français de pâte à papier, placé en redressement judiciaire en avril dernier ? Le tribunal de commerce de Toulouse vient en effet d’accorder un délai de quatre semaines au groupe alsacien Soprema pour finaliser une nouvelle offre de reprise.

Un nouveau rebondissement dans un dossier qui n’en manque pas. Pour rappel, le 27 juillet dernier, le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté l’offre de reprise présentée par le groupe Combat Holding de l’homme d’affaires Matthieu Pigasse. Celle-ci portait sur les deux sites de Fibre Excellence, à Saint-Gaudens et Tarascon, qui emploient 670 salariés.

Un dossier qui, bien qu’ayant pourtant reçu un large soutien des élus locaux, n’avait pas été jugé « au niveau » par le ministre de l’Économie Roland Lescure.

Quatre semaines pour ficeler une offre

Tirant les conséquences de ce rejet, les magistrats consulaires ont requis la liquidation de l’usine située dans les Bouches-du-Rhône, prononcée finalement le 29 juillet. En revanche, le sort du site haut-garonnais, lui, n’est pas encore fixé.

Durant la semaine précédant l’audience, Pierre-Étienne Bindschedler, dirigeant du groupe strasbourgeois Soprema a en effet adressé aux juges une lettre d’intention portant sur la reprise de ce seul site. Face à cette offre de dernière minute, le tribunal de commerce a décidé d’accorder à l’entrepreneur un sursis pour lui permettre de présenter un dossier plus détaillé.

Toutefois, les juges ont assorti l’octroi ce délai d’une condition : la consignation sous 48 heures de la somme de 2 M€ à titre de garantie. Le versement ayant été effectué dans le délai imparti, le nouveau venu a donc jusqu’au 24 août, pour peaufiner son offre, le tribunal ayant fixé la date de sa prochaine audience au 8 septembre.

Un groupe fort de 5,2 Md€ de CA

Groupe familial indépendant créé en 1908, Soprema est un spécialiste de l’étanchéité pour le bâtiment. Il s’est également diversifié dans les domaines de la couverture, de l’isolation et de la fonctionnalisation de la toiture (toitures végétalisées et photovoltaïques).

Soprema est déjà présent en Occitanie à travers sa filiale Sotextho basée à Saint-Amans-Valtoret dans le Tarn qui fabrique des non-tissés en fibre naturelle.

Employant près de 13 000 collaborateurs dans le monde dont 5 700 en France, il compte 145 usines de production (dont 11 dans l’Hexagone) ainsi que 24 centres de R&D. En 2025, son chiffre d’affaires s’est élevé à 5,2 Md€.

Alors qu’une partie des salariés soutenus par leurs syndicats occupe toujours le site de Saint-Gaudens, n’autorisant l’accès qu’au personnel indispensable à la sécurité des installations et à la continuité de l’activité, ce nouveau revirement donne de l’espoir aux quelque 300 collaborateurs de l’entreprise mais aussi aux élus du territoire mobilisés depuis la première heure.

De fait, la solidité du groupe Soprema rassure. Son engagement constitue « une véritable opportunité pour faire vivre Fibre Excellence à Saint-Gaudens », estime la présidente du Conseil régional d’Occitanie, Carole Delga. Même si celle-ci alerte sur la brièveté du délai accordé, elle veut encore y croire. Pour l’élue socialiste, il faut en effet à tout prix préserver Fibre Excellence, une entreprise porteuse selon elle d’ « un savoir-faire industriel clef pour la souveraineté de notre pays ».

Une nouvelle aventure industrielle

« La décision du tribunal nous donne l’occasion de démontrer que la production de la pâte à papier a encore un avenir en France », affirme ainsi la présidente de Région dans un communiqué daté 30 juillet, pointant, outre les enjeux industriels, l’impact environnemental désastreux des importations de cette matière première. « Notre pays ne peut continuer à subir les délocalisations à l’étranger », martèle-t-elle.

Alors que des milliers d’emplois sur le territoire et dans la filière forêt-bois-papier seraient menacés par l’arrêt de l’activité, Carole Delga réclame une nouvelle fois le soutien de l’État, estimant qu’il « doit jouer un rôle prépondérant ». Plus largement, elle appelle les industriels du secteur, de la filière bois et autres opérateurs et investisseurs à se mobiliser et se manifester « pour construire cette nouvelle aventure industrielle ensemble ».

En première ligne depuis le début de ce dossier, la CGT réclame, elle aussi, une intervention de l’État. « Le délai accordé pour le site de Saint-Gaudens doit être mis à profit pour rechercher toutes les solutions permettant de consolider le projet industriel et d’élargir les soutiens financiers nécessaires », écrit le syndicat dans un communiqué national publié le 28 juillet.