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Figeac Aéro profite de l’effet Rafale et accélère dans le militaire

Aéronautique. Porté par le succès à l’export du Rafale de Dassault Aviation, le lotois Figeac Aéro, spécialiste de la production de pièces et sous-ensembles métalliques, décroche un nouveau contrat stratégique auprès de Safran Aircraft Engines pour le moteur M88. Une annonce saluée par les marchés et qui conforte la trajectoire de croissance du groupe occitan.

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Destinées au moteur M88 qui équipe le Rafale, les pièces métalliques de haute technicité seront produites notamment à Figeac dans le Lot. (©Figeac Aéro)

Un temps boudé parce que trop cher, le Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation, est aujourd’hui devenu un véritable best-seller à l’export. En 2025, le géant français de l’aéronautique et de la défense en a livré 26 contre 21 en 2024. Dans le même temps, l’industriel a reçu 26 nouvelles commandes d’appareils de ce type (soit quatre de moins qu’un an plus tôt). Ce qui porte son carnet de commandes à 220 Rafale, dont 175 à l’export et 45 pour la France.

De quoi assurer de belles perspectives à tous les sous-traitants qui travaillent sur le programme. C’est le cas du lotois Figeac Aero, spécialiste de la production de pièces et sous-ensembles métalliques. Ce partenaire de référence des grands industriels de l’aéronautique vient d’ailleurs d’annoncer avoir gagné un nouveau contrat en lien avec l’avion militaire.

L’équipementier a en effet une nouvelle fois été retenu par Safran Aircraft Engines (SAE), filiale du groupe Safran (110 000 collaborateurs, 31,3 Md€ de CA en 2025) pour développer les capacités de production d’une pièce de structure métallique du moteur M88. Une performance saluée par les marchés : le 17 février, au lendemain de l’annonce, l’action Figeac Aéro grimpait de plus de 12 % au cours de la séance.

Un flux commercial en plein essor

Conçu et développé par Safran Aircraft Engines (SAE), le M88 est un turboréacteur à postcombustion. C’est ce moteur qui équipe l’avion multirôle de Dassault lequel opère désormais dans une dizaine de forces armées à travers le monde : France, Égypte, Émirats Arabes Unis, Grèce, Inde, Indonésie, Serbie, Qatar, Croatie et potentiellement l’Ukraine.

Ce contrat fait suite à un premier accord conclu en mai dernier pour la production d’une pièce particulièrement technique du moteur M88. Nouvelle illustration du dynamisme du partenariat qui lie le groupe et Safran Aircraft Engines, cet accord atteste aussi du savoir-faire acquis par le site figeacois dans la production d’éléments moteur de haute technicité. L’accord devrait du reste mobilisé aussi bien l’usine lotoise qui produit déjà un grand nombre de pièces de précision pour SAE que celle de SN Auvergne Aéronautique, une des filiales de Figeac Aéro, installée à Aulnat dans le Puy-de-Dôme. Les nouvelles pièces devraient être livrées au cours de l’exercice 2026/27.

Ce faisant, Figeac Aéro se rapproche de l’ambition qu’il s’est donnée dans le cadre de Pilot 28, son nouveau plan stratégique adopté en 2024. Le groupe s’est en effet fixé un objectif de 80 à 100 M€ de chiffre d’affaires annuel à l’horizon mars 2028 issus de nouvelles affaires, réparties dans les trois segments : environ 85 % dans le segment de l’aéronautique civile, et 10 % et 5 % respectivement dans la défense et les services.

Un enjeu de souveraineté française et européenne

Alors que les programmes M88 et le Rafale sont stratégiques pour le renforcement des capacités de défense de l’Europe, Figeac Aéro, par la voix de Thomas Girard, son directeur général adjoint, se dit fier « de jouer un rôle actif en apportant son expertise et ses capacités de production, d’autant plus qu’il est prévu d’augmenter la cadence de production de l’avion de combat à cinq unités par mois, soit presque le double de la cadence actuelle ».

L’industriel occitan qui avait été lourdement affecté durant la crise du Covid, est aujourd’hui en grande forme, porté par la forte dynamique du secteur aéronautique. Fort de 14 sites de production répartis dans huit pays, l’équipementier occupe de fait une position stratégique sur les principaux programmes civils et militaires d’Airbus, Boeing, Bombardier, Embraer et donc Dassault.

Une embellie qui se traduit dans ses résultats. Après avoir enregistré sur le précédent exercice un chiffre d’affaires annuel de 432,3 M€, en progression de 8,1 %, le groupe - qui emploie aujourd’hui 3 600 collaborateurs dans le monde - table sur un montant compris entre 470 M€ et 490 M€ pour l’exercice 2025-2026.

Un nouveau plus haut historique plus que jamais à sa portée. En effet, sur les neuf premiers mois de l’exercice (du 1er avril au 31 décembre 2025), Figeac Aéro a généré 336,4 M€ de CA, représentant une croissance organique de +12,4%. Le groupe, dont le carnet de commandes s’élevait au 31 décembre dernier à 4,6 Md€, vise les 600 M€ de chiffre d’affaires à l’horizon 2027-2028.