Informations régionales économiques et juridiques
141e année

Front-Commerce tentée par l’export

Digital. La start-up toulousaine Front-Commerce, qui développe une solution de « front-end » pour les sites marchands, a bouclé une levée de fonds de 1,5 M€ en vue d’accélérer le développement de son produit et faire ses premiers pas à l’international.

De gauche à droite : Laurent Lacaze, Pierre Martin et Étienne Zulauf ont cofondé la start-up Front-Commerce en 2020. DR

Dans le domaine du commerce, prendre le tournant digital ou intensifier aujourd’hui sa présence sur la toile n’est plus un luxe mais une nécessité, surtout depuis les changements de paradigmes qu’a induits la pandémie. Augmenter les ventes à trafic égal de 30 % en moyenne, ou encore diminuer le taux de rebond – pourcentage de visiteurs qui accèdent à une page, puis quittent le site sans cliquer nulle part, « car plus de la moitié des utilisateurs quittent un site après trois secondes d’attente » souligne, Laurent Lacaze, cofondateur de Front-Commerce –, c’est le terrain de jeux de la pépite toulousaine qui continue d’avancer ses pions. Elle tend à répondre aux enjeux du commerce en ligne, tels que booster l’ensemble des KPI à savoir le trafic, le taux de conversion, le panier moyen, la fidélisation des clients, etc.

Créée à l’hiver 2020, la start-up a levé 1,5 M€ en novembre dernier auprès de M Capital, Kima Ventures, des business angels et d’un pool bancaire composé de Bpifrance et de la Banque Populaire. À l’initiative de la création, on trouve Pierre Martin et Étienne Zulauf, cofondateurs d’une agence créatrice de web sites d’e-commerce. Ils ont développé ce produit suite à des problématiques rencontrées sur la nouvelle version de la plateforme de commerce électronique Magento. De son côté, Laurent Lacaze, à la tête de l’agence toulousaine du leader européen de l’intégration et de l’infogérance de solutions open source, Smile, et utilisateur de la solution a décidé de s’adjoindre leurs compétences pour créer Front-Commerce.

« Nous avons démarré notre activité sur les chapeaux de roues en visant plutôt de gros clients. Notre solution éponyme de “front-end”, qui s’agrège à des plateformes de commerce électronique telles que Magento, fonctionne très bien, à tel point que nous avons dépassé les objectifs visés en 2021. Toutefois, le secteur du e-commerce est en pleine mutation. Nos concurrents avancent vite. Pour rester dans la course, nous n’avions pas d’autre choix que de réaliser une levée de fonds ce qui a permis, entre autres, de porter l’effectif de quatre à 10 collaborateurs et de structurer notre équipe commerciale. Cinq recrutements supplémentaires sont également prévus cette année », explique-t-il.

Automatiser les tests fonctionnels

Parmi les objectifs du tour de table figure également l’accélération du développement du produit. En effet, Front-Commerce a développé l’an passé un connecteur avec Proximis, une solution de commerce unifié et entend, au cours des prochains mois, s’adapter à Big-Commerce et Salesforce. En outre, la start-up envisage de s’attaquer à la gestion des bugs lors des mises à jour récurrentes des plateformes. « C’est un enjeu crucial pour les clients et leurs développeurs. Pour un site e-commerce, des mises à jour sont régulièrement nécessaires. Pour éviter des dysfonctionnements, il est indispensable de tester différents scénarios classiques. Dans ce cadre, nous souhaitons rapidement automatiser les tests fonctionnels et certifier automatiquement la qualité du code ».

Les USA et l’Angleterre dans le viseur

Autre objectif inscrit sur la feuille de route du trio : partir à l’assaut du marché international. « En plus de renforcer notre notoriété dans l’Hexagone, nous souhaitons amorcer notre internationalisation en commençant par l’Angleterre et les États-Unis, qui ont déjà pris conscience de la nécessité d’aller sur ce marché avec ce type de technologie contrairement à la France, qui n’en est encore qu’aux balbutiements. Aller sur un marché plus mature et qui a beaucoup de potentiel nous permettra d’augmenter rapidement nos volumes. Et puis, si ces marchés sont plus concurrentiels avec de nombreux petits acteurs, il n’y a pas encore de leader », détaille le dirigeant.

Quid des clients visés ? « Nous nous adressons à des clients déjà présents sur le commerce en ligne et des sociétés de taille importante, qui veulent accélérer leur stratégie commerciale. Nous voulons aussi davantage toucher le segment BtoB comme les industriels qui vendent des produits aux distributeurs. C’est un marché très prometteur. » Pour l’heure, la start-up, qui affiche au compteur une quinzaine de clients dont Devialet, Kaporal, la Chaîne thermale du Soleil, Thuasne et Everblue, espère atteindre un CA de 1,5 M€ en 2022.

Jennifer Legeron