Grâce à sa forte diversification, Bio-UV anticipe un rebond et vise les 42 M€ de CA en 2026
Industrie. Fort de 150 salariés et d’un chiffre d’affaires de 35,9 M€ en 2025, le groupe héraultais Bio-UV, spécialiste de la désinfection de l’eau, inaugure un nouveau site à Seysses, près de Toulouse. Objectif : optimiser ses outils de production et préparer une nouvelle phase de croissance malgré la crise du marché de la piscine.
Cinq ans après l’acquisition du toulousain Corelec, le groupe héraultais Bio-UV poursuit sa mue industrielle. Spécialiste du traitement et de la désinfection de l’eau, l’entreprise basée à Lunel (Hérault) vient d’annoncer le déménagement des activités de sa filiale vers un nouveau site implanté à Seysses, près de Muret. Une décision stratégique qui s’inscrit dans une volonté affirmée de rationaliser ses outils de production et de préparer une nouvelle phase de croissance.
Fondé il y a un peu près de 35 ans, Bio-UV s’est progressivement imposé comme un acteur de référence dans les systèmes de traitement de l’eau, en s’appuyant sur des technologies combinant ultraviolets, ozone et procédés d’oxydation avancée (AOP). Ses solutions adressent un large éventail de marchés, de la piscine privée et collective à l’aquaculture, en passant par l’industrie, les eaux municipales et domestiques, sans oublier le traitement des eaux usées et des eaux de ballast dans le secteur maritime.
L’acquisition de Corelec, finalisée en décembre 2021, a marqué un tournant dans le développement du groupe. Ce spécialiste français des solutions électroniques pour piscines, connu notamment pour sa marque Akeron, figure parmi les cinq principaux fabricants d’électrolyseurs de sel et de systèmes de régulation de pH. En intégrant à son offre cette technologie qui permet un traitement de l’eau sans ajout de produits chimiques, Bio-UV a significativement renforcé son positionnement sur le marché de la piscine.
Un changement de dimension
Cette stratégie s’est traduite par une forte croissance en 2022, avec un chiffre d’affaires consolidé de 51,3 M€, en hausse de 53 %, dont 16 % en organique. Une performance qui confirmait le changement de dimension du groupe. Mais depuis, la conjoncture s’est nettement durcie. Après deux années exceptionnelles en 2020 et 2021, le marché de la piscine connaît un net repli, avec des baisses successives estimées à 16 % en 2023 et 2024, puis à plus de 7 % en 2025.
Dans ce contexte, Bio-UV n’a pas été épargné. En 2025, l’entreprise, qui emploie près de 150 collaborateurs, a enregistré un chiffre d’affaires en recul de 9 %, à 35,9 M€ dont plus de la moitié à l’export. Si l’activité produits – qui regroupe les équipements de désinfection pour les eaux récréatives – a limité la baisse à 3 %, la division solutions, dédiée aux projets globaux dans l’aquaculture, les eaux usées, l’industrie ou le maritime, a chuté de 33 %.
Le groupe explique ce recul par la fin du marché du retrofit dans le maritime depuis l’automne 2024, ainsi que par des cycles de vente particulièrement longs dans l’aquaculture, entraînant des retards dans la concrétisation de plusieurs projets. Seule éclaircie : la division prestations de services et après-vente, qui a progressé de 17 % et représente désormais 37 % du chiffre d’affaires. Une évolution qui confirme la montée en puissance des activités récurrentes au sein du modèle économique du groupe.
38 à 42 M€ de CA en 2026
Pariant sur la poursuite d’un développement dynamique de cette troisième branche d’activité et sur le retour à un niveau d’activité plus conforme à la norme du marché de la piscine, Bio-UV entend rebondir dès 2026. L’entreprise peut notamment s’appuyer sur la signature, en décembre 2025, d’un contrat majeur avec un acteur mondial de l’élevage de poissons. Ce projet, qui sera déployé cette année, constitue une étape stratégique dans le développement du groupe sur le marché porteur de l’aquaculture, soutenu par des enjeux croissants de sécurité sanitaire et de gestion durable de la ressource en eau.
Dans cette perspective, Bio-UV anticipe un retour à la croissance avec un chiffre d’affaires attendu entre 38 et 42 M€ en 2026. Une reprise qui devrait également lui permettre de poursuivre son désendettement et, à terme, de relancer une politique d’acquisitions pour élargir son offre et conquérir de nouveaux marchés.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le déménagement du site de production de Corelec à Seysses. Installé sur plus de 1 300 m², ce nouvel outil industriel a été conçu pour améliorer la qualité de service, renforcer la R&D et optimiser les performances de production grâce aux principes du lean manufacturing. Il intègre également un showroom, des salles de réunion et un espace dédié au service après-vente.
Un investissement structurant pour accompagner les ambitions d’un groupe qui, malgré les vents contraires, entend bien rester dans la course. « Cette nouvelle organisation industrielle nous permet d’optimiser notre outil de production, de renforcer notre performance opérationnelle et d’offrir un environnement plus qualitatif à nos équipes comme à nos clients », confirme Laurent-Emmanuel Migeon, PDG de Bio-UV. Et de conclure : « Elle confirme notre ambition, consolider notre position sur le marché de la piscine et poursuivre une croissance maîtrisée, fondée sur l’innovation, la qualité et la structuration industrielle du groupe. »