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Groupama d’Oc, à l’aube du changement climatique

Assurance. Malgré un contexte difficile, marqué par d’importants aléas climatiques, l’assureur mutualiste a réalisé de belles performances l’an dernier. Une dynamique qu’il entend bien conserver en 2023.

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Photo de Pierre Martin et Olivier Larcher
Pierre Martin, nouveau président de Groupama d’Oc, et Olivier Larcher, son directeur général (Crédit : DR)

Pour Groupama d’Oc, 2022 aura été « une année complexe », résume son directeur général Olivier Larcher. En cause « la sinistralité très forte » qui a marqué l’année. « Le montant des sinistres s’est élevé à plus de 742 M€, c’est donc très lourd, confirme le dirigeant, sachant qu’au cours d’une année normale, le montant des sinistres avoisine les 500M€. »

En 2022, la sécheresse et des épisodes de grêle ravageurs ont en effet causé de gros dégâts, 700 communes ayant obtenu la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. De fait, l’an dernier, le seul risque climatique a pesé pour près de 228 M€ dans les comptes de Groupama d’Oc. « C’est dire le poids des événements climatiques que nous avons dû absorber en 2022 ».

Une exception qui pourrait bien devenir la règle. « Nous devons en effet nous préparer car ces années là risquent de devenir les années “normales ”compte tenu du dérèglement climatique. » Dans le même temps, l’assureur a réalisé un chiffre d’affaires (constitué des primes que paient les sociétaires) d’un peu plus de 800M€, « en croissance de 3,6% » sur l’année, note Olivier Larcher.

La caisse régionale a clôturé l’année 2022 sur un résultat positif de 17,8M€. « Ceci parce que nous avons des frais généraux très maîtrisés », ajoute le DG. « Dans un contexte aussi tendu, nous avons apporté la preuve de notre résilience, renchérit Pierre Martin, nouveau président de Groupama d’Oc. Nous avons connu des sinistres d’une ampleur inégalée et pourtant nous avons réussi à bâtir un modèle économique qui permet de les satisfaire. »

15e entreprise de la région

L’assureur mutualiste qui s’étend sur 14 départements du Sud-Ouest, à savoir les huit départements de l’ex-Midi Pyrénées auxquels s’ajoutent les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, la Lozère, le Cantal, la Corrèze et la Creuse, compte quelque 507 000 sociétaires « ce qui fait que sur notre territoire, une personne sur huit est assurée chez nous », pointe Olivier Larcher. Groupama d’Oc emploie un peu moins de 2 000 salariés « épaulés au quotidien par près de 6000 élus », présents dans l’ensemble des caisses locales dans chacun des 14 départements. « Grâce à eux, nous sommes plus proches de nos sociétaires, ajoute Olivier Larcher. Nous avons en effet confié à certains de nos élus la capacité de participer à l’estimation des dommages. En cas de sinistre, ils sont les premiers présents sur le territoire, ce qui permet d’indemniser mieux et plus vite. »

L’assureur vise 1MD€ de CA

Après une « bonne année 2022 », « les choses se présentent bien pour 2023, estime, confiant,le directeur général de Groupama d’Oc. Nous allons être soumis à la pression sur nos métiers au travers du changement climatique et de l’inflation, mais nous les avons intégrés. Notre ambition, au travers de notre nouveau projet d’entreprise intitulé Réussir ensemble 2025, est d’atteindre dans les trois ou quatre années qui viennent un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, grâce à un développement soutenu dans le domaine de l’assurance de personne (accidents corporels, invalidité, maladie, décès, NDLR) plutôt qu’en assurance dommage, une manière de désensibiliser l’entreprise au risque climatique. »

Groupama d’Oc réalise 34% de son chiffre d’affaires dans l’assurance de personne et 28 % dans l’automobile. Ses principaux marchés sont les retraités (32 % du portefeuille), les particuliers (25%), le monde agricole (20 %), les entreprises (14%) et les artisans commerçants prestataires de services (7 %).

Une nouvelle multirisque climatique

Le 1er janvier 2023 coïncide aussi avec l’entrée en vigueur du nouveau régime universel d’indemnisation des pertes de récoltes résultant d’aléas climatiques (lire ci-dessous). Un régime qui repose sur la solidarité nationale et le partage du risque entre l’État, les agriculteurs et les assureurs. Comme 12 autres entreprises, Groupama propose cette nouvelle assurance récolte facultative.

« À l’échelle de la caisse régionale, nous avons 535 contrats supplémentaires en cultures et plus de 3 000 éleveurs qui se sont inscrits dans cette démarche, détaille Olivier Larcher. Les demandes d’inscription, qui sont closes à date pour l’exercice 2023, sont légion et nous nous attendons, pour l’automne et l’hiver prochain, à des niveaux de souscription tout aussi importants. À l’échelle nationale, ce sont 1 million d’ha supplémentaires qui ont été couverts en 2023 par Groupama. » L’entreprise, qui prévoit de recruter plus de 200 personnes cette année, amorce le déploiement sur son territoire des Maisons Groupama, à la fois lieux de vie et d’échange avec les acteurs économiques associatifs et culturels de chaque département. La première a ouvert à Tarbes en février.