ICC Finance mise sur le courtage professionnel pour doper sa croissance dans le Sud-Ouest
Crédit. Alors que le marché immobilier traverse une zone de turbulences, le courtier toulousain ICC Finance mise sur un nouveau relais de croissance : le financement des professionnels. Déjà bien implantée sur le crédit immobilier aux particuliers, l’entreprise veut désormais doubler ses effectifs spécialisés et faire du courtage aux entreprises l’un des moteurs de son développement.
Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Si le marché immobilier, dans l’ancien comme dans le neuf, peine encore à retrouver des couleurs, le crédit, lui, résiste. Mieux : les courtiers n’ont jamais été aussi incontournables.
En témoigne la bonne santé affichée par la société de courtage ICC Finance. Fondée en 2011 à Colomiers par Hugo Cariat, Damien Catala et Sylvain Gomez, l’entreprise a bâti sa croissance sur cette évolution profonde du marché. Au point de devenir en 15 ans, l’un des poids lourds du courtage dans le Sud-Ouest, avec 105 collaborateurs répartis dans 24 agences, d’Angoulême à Perpignan.
En 2025, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 7 M€, en hausse de 33 % sur un an. Ses équipes ont accompagné plus de 2 500 projets de financement sur l’année dont près de 1 250 sur la région toulousaine. Un volume d’affaires qui lui confère un important pouvoir de négociation auprès des banques pour obtenir de meilleures conditions de crédit.
Le courtier, nouveau passage obligé
De fait, la progression du secteur est spectaculaire. « En 2011, lorsque nous avons démarré notre activité, les courtiers représentaient environ 20 % du marché du crédit immobilier, se souvient Hugo Cariat. « Aujourd’hui, leur part dépasse 50 % dans les grandes métropoles pour les principales banques. Le courtage est vraiment rentré dans les mœurs. »
Une évolution alimentée par plusieurs facteurs : la dématérialisation croissante de la relation bancaire, un attachement moins fort des clients à leur banque historique et des taux d’intérêt qui, malgré leur récente détente, restent bien supérieurs à ceux observés au cours des cinq à dix dernières années. Aujourd’hui, les meilleurs taux sur 25 ans se situent entre 3,25 % et 3,45 % pour un dossier standard contre entre 1,1 % et 1,5 % en 2020.
Dans ce contexte, les emprunteurs sont davantage enclins à comparer les offres. Ils acceptent désormais de rémunérer le courtier, généralement à hauteur d’environ 1 % du montant du projet, en échange d’une économie potentielle - « de l’ordre de 10, 15, 20 K€ sur le coût total du crédit et jusqu’à 50 € sur une mensualité d’assurance » - et d’une sécurisation du financement de leur projet de vie.
ICC Finance bénéficie pleinement de cette évolution, revendiquant même le statut de « tiers de confiance » avec 73 % de ses clients venant par recommandation. Fort de cette position de leader régional, le courtier veut aujourd’hui dupliquer ce succès sur le marché des professionnels cette fois.
Du courtage au conseil
L’entreprise s’y est discrètement lancée en 2016. Mais c’est à partir de 2021 qu’elle a vraiment effectué un virage stratégique. Alors que le marché immobilier se gelait, le Toulousain a en effet mis à profit cette période pour former une partie de ses équipes à répondre aux besoins spécifiques de cette nouvelle clientèle. Pour structurer cette montée en puissance, l’entreprise a également renforcé ses compétences en recrutant notamment d’anciens banquiers spécialisés ainsi que des profils issus des chambres consulaires.
Car le financement des professionnels ne se résume pas à une simple mise en relation avec une banque. « Le métier se rapproche davantage du conseil. Les équipes doivent maîtriser les problématiques fiscales, juridiques et comptables, comprendre les montages de sociétés, savoir analyser des bilans et identifier les dispositifs d’aides ou de subventions mobilisables. Et pour ça, il faut des compétences », détaille le dirigeant.
Une dizaine de recrutements prévus cette année
ICC Finance accompagne aujourd’hui des projets très divers : acquisition de murs commerciaux, création ou transmission d’entreprises, rachat de parts sociales, ouverture de restaurants ou reprise d’un supermarché, projets immobiliers complexes ou encore professions médicales et paramédicales. Parmi ses récents faits d’arme, la société de courtage a accompagné Hugo Monteils et Daniel Cabanel dans l’ouverture du Bouillon Capitole, place du Capitole à Toulouse.
L’activité représente désormais 15 % de son chiffre d’affaires, contre 85 % pour les particuliers. Une part encore minoritaire mais appelée à progresser rapidement. Car, si aujourd’hui, chacune des 24 agences dispose d’un conseiller dédié au financement professionnel, l’objectif est désormais de doubler cet effectif d’ici 2030.
Une dizaine de recrutements sont déjà prévus cette année. « Nous cherchons des profils
complets qui seront amenés à travailler main dans la main avec des experts comptables ou des avocats pour conseiller au mieux nos clients professionnels sur les multiples possibilités de prêt auxquelles ils peuvent prétendre », ajoute Hugo Cariat.
Former la prochaine génération de courtiers
Pour sécuriser ses besoins en compétences, ICC Finance a d’ailleurs co-construit avec l’école de management toulousaine TBS Education le premier diplôme français dédié aux métiers du courtage : le programme « Business, Courtage et Finances ». Ce cursus de 14 mois accueillera une quinzaine d’étudiants dès octobre prochain. Sur les 400 heures de formation, 80 seront dispensées par des salariés de l’entreprise.
Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie de développement du groupe. Plutôt que d’ouvrir de nouvelles agences, ICC Finance entend en effet consolider son maillage territorial existant en densifiant les équipes de ses 24 implantations. Avec un objectif ambitieux : atteindre les 10 M€ d’ici fin 2029.