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Immobilier : en Tarn-et-Garonne, les ventes chutent mais les prix résistent

Conjoncture. Le marché immobilier tarn-et-garonnais tourne au ralenti. Sur un an, les ventes de maisons anciennes reculent de 12 % et celles d’appartements de 5,6 %, sans provoquer de baisse significative des prix. À l’approche des échéances électorales et alors que les taux d’emprunt pourraient remonter, les acheteurs hésitent. Pour les notaires, le moment reste pourtant propice à la concrétisation des projets.

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En Tarn-et-Garonne, Montauban reste le secteur le plus dynamique, avec un prix médian de 219,6 K€ pour une maison ancienne et de 1 940 € le mètre carré pour un appartement. (©Mossot, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)

Le marché immobilier du Tarn-et-Garonne peine à retrouver son dynamisme. Entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026, le département affiche des volumes de transactions en net recul, comparables à ceux d’il y a dix ans. En revanche, sur la période les prix continuent de progresser, comme ils n’ont cessé de le faire depuis une décennie. « Ce constat nous prouve de nouveau que nous sommes à la fois dans une forme de crise de l’immobilier mais aussi plus largement dans une crise du logement », résume Julien Lacombe, délégué de la Chambre des notaires chargé du marché immobilier pour le Tarn,-et-Garonne, qui a présenté le 8 octobre à Montauban un bilan chiffré.

Cette baisse du volume des ventes affecte les deux principaux segments de marché. Ainsi, les maisons anciennes, qui constituent le cœur de l’activité dans le département, concentrent l’essentiel du repli. Avec 2 440 ventes, contre 2 760 un an auparavant, le marché recule de 12 %. Le prix de vente médian progresse néanmoins de 3,9 % sur un an, et atteint désormais 185 K€. Les appartements anciens suivent une trajectoire similaire, quoique moins marquée : 680 transactions, soit une baisse de 5,6 %, pour un prix médian de 1 820 € le mètre carré, en légère hausse de 0,8 %.

Montauban et le sud du département résistent

Dans le département, les disparités territoriales demeurent fortes. Sans grande surprise, Montauban reste le secteur le plus dynamique, avec un prix médian de 219,6 K€ pour une maison ancienne (+1,2 %) et de 1 940 € le mètre carré pour un appartement (+1,9 %).

Le sud du département profite également de sa proximité avec Toulouse : les maisons y atteignent un prix médian de 213,5 K€, en progression de 4,5 % sur un an. Cette attractivité bénéficie aussi au marché des appartements situés dans ce secteur, dont le prix médian au mètre carré progresse de 11 %, à 1 780 €. Les territoires plus ruraux (Garonne et confluent, Quercy est et Gascogne) affichent des prix médians bien moins élevés, autour de 150 K€ pour les maisons, mais en nette progression, respectivement de +4,1 %, +1,8 % et +7,1%.

Devenu un véritable marché de niche, le segment des terrains à bâtir reste, lui, en difficulté. Les transactions stagnent à 360 ventes sur douze mois, très loin des 610 enregistrées en 2017, tandis que le prix médian recule de 4,2 %, à 46 K€. Le report des acheteurs vers la construction neuve, que pourrait laisser espérer le niveau des prix dans l’ancien, ne se concrétise pas.

L’incertitude politique freine les décisions

Les premiers indicateurs disponibles ne permettent pas d’anticiper un rebond rapide. Pour les appartements anciens, les avant-contrats signés entre mai et juillet 2026 ne recensent que 132 ventes, contre 167 un an plus tôt, sans évolution marquée des prix. Sur le marché des maisons, les données suggèrent plutôt une stabilisation des volumes accompagnée d’un recul des montants de l’ordre de 5 %.

À cette conjoncture atone s’ajoute désormais l’incertitude politique, les prochaines échéances électorales risquant fort de renforcer l’attentisme des ménages. « Nous sommes sur un marché crispé, par des taux qui ne baissent pas, par une inflation qui s’installe et par une morosité sociale ambiante », pointe Julien Lacombe.

Pour autant, attendre pourrait coûter cher aux futurs acquéreurs. De fait, de nombreux courtiers et analystes (comme Cafpi ou PAP) anticipent une progression graduelle vers 4 % en moyenne contre 3,60 % actuellement. Selon le notaire de Septfonds, un couple disposant de 4 000 € de revenus mensuels peut actuellement emprunter autour de 255 K€. Avec la hausse des taux annoncée, cette capacité tomberait à environ 243 K€.

Dans ces conditions, le professionnel invite les ménages dont le projet est mûr à ne pas différer leur décision. Sachant que le stock de biens reste suffisamment élevé pour permettre des négociations avant la vente, « c’est peut-être le moment de finaliser les projets », indique l’intéressé.

Si les perspectives pour 2027 demeurent peu encourageantes, une stabilisation des volumes et, à terme, une correction des prix restent envisageables. Le Tarn-et-Garonne conserve néanmoins des atouts, notamment autour de Montauban. Reste à savoir si ces facteurs d’attractivité suffiront à convaincre des acheteurs encore freinés par les incertitudes économiques et politiques.