Immobilier en Tarn-et-Garonne : une stabilité retrouvée, mais fragile
Immobilier. Si les volumes de ventes cessent de reculer et que les prix se maintiennent, le marché immobilier tarn-et-garonnais reste en quête de dynamisme malgré une attractivité territoriale bien réelle.
Après plusieurs années de baisses des volumes de transactions, le marché immobilier retrouve un semblant de stabilité en Tarn-et-Garonne. Mais la conjoncture internationale pourrait bien une nouvelle fois bouleverser le marché. C’est ce que redoute Julien Lacombe, délégué de la Chambre des notaires en charge du marché immobilier dans le département. Le 26 mars dernier, à Montauban, il a dressé le bilan de l’année 2025.
« Nous revenons à des niveaux comparables à ceux d’il y a une dizaine d’années », confirme le notaire. Tout en pointant un certain décalage : « alors que le territoire attire chaque année de nouveaux habitants, les ventes ne sont pas à la hauteur de cette dynamique. »
De fait, porté par l’attractivité de la métropole régionale, le Tarn-et-Garonne fait partie des vingt départements les plus dynamiques de France métropolitaine. Sa population a augmenté de 0,6 % entre 2014 et 2020, selon les chiffres de l’Insee.
Sur le plan des prix, la tendance est légèrement orientée à la hausse en 2025, tous biens confondus. Une progression modérée, y compris pour les terrains à bâtir, pourtant en difficulté depuis plusieurs années. « Ces évolutions restent faibles et pourraient être bousculées par les incertitudes internationales ou une éventuelle crise énergétique », prévient ainsi Me Lacombe.
Appartements anciens : un marché stable
Avec 670 ventes enregistrées en 2025 contre 660 l’année précédente, le marché des appartements anciens se stabilise. Les prix suivent la même trajectoire, avec un prix médian de 1 820 €/m², en hausse de 1,7 %. Dans un département largement dominé par la maison individuelle, le marché des appartements anciens conserve ainsi un caractère confidentiel. Montauban reste en tête des prix, avec un mètre carré médian à 1 940 €. À l’échelle des quartiers, les écarts demeurent contenus : de 2 090 €/m² à Villebourbon à 1 710 €/m² à Lalande.
Certaines communes enregistrent toutefois des évolutions plus marquées. Castelsarrasin voit ses prix reculer nettement (-11,7 %), tandis que Caussade connaît une hausse ponctuelle liée à la création récente d’appartements de standing. Du côté de la demande, les biens de trois pièces (37 %) et de deux pièces (34 %) restent les plus recherchés. Les données issues des avant-contrats confirment par ailleurs une stabilité des prix et des volumes sur la fin de l’année.
Maisons anciennes : légère progression des prix
Le marché des maisons anciennes affiche lui aussi une stabilité globale. En 2025, 2 640 transactions ont été réalisées, contre 2 570 en 2024. Le prix médian progresse légèrement pour atteindre 180 000 € (+1,1 %). Les maisons de quatre pièces (36 %) et cinq pièces (28 %) dominent toujours les ventes. Les secteurs de Montauban, du sud du département et du Pays de Montauban restent les plus valorisés, avec des prix médians dépassant les 200 000 €.
Des disparités locales subsistent néanmoins. Grisolles enregistre une baisse marquée (-20 %), tandis que Castelsarrasin affiche une hausse notable (+17,4 %). Sur la fin d’année, les avant-contrats laissent entrevoir une stabilité des prix, mais une baisse des volumes.
Terrain à bâtir : un marché sous tension
Devenu un marché de niche, le segment des terrains à bâtir continue de se contracter. Avec 360 ventes en 2025 contre 400 en 2024, le recul des volumes (-10 %) confirme une tendance de fond. Les prix, en revanche, enregistrent un léger rebond (+2,1 %) pour atteindre 48 000 €. Conséquence : les acheteurs se tournent désormais vers des parcelles plus petites, notamment entre 600 et 899 m², traduisant une adaptation aux contraintes économiques actuelles.
Cette crise sur le secteur du terrain à bâtir, désormais qualifiée de « structurelle », a des conséquences bien réelles sur d’autres segments de marché. « Faute de pouvoir acheter un terrain pour y construire un projet, à cause notamment des coûts de construction qui ont beaucoup grimpé ces dernières années, certaines personnes vont faire le choix de rester en location », observe ainsi le notaire qui évoque un risque de cristallisation du marché.
Au final, l’année 2025 marque un retour à l’équilibre pour l’immobilier en Tarn-et-Garonne. Une stabilisation bienvenue, mais encore fragile, dans un contexte économique incertain qui pourrait, à tout moment, rebattre les cartes. « On parle d’une possible augmentation des taux, ce qui aura certainement un impact sur les prix, qui devraient alors baisser. Les primo-accédants auraient tout intérêt à ne pas trop attendre pour se lancer dans un projet immobilier, pour bénéficier des taux actuels », conseille Me Julien Lacombe.