Informations régionales économiques et juridiques
140e année

L’art débarque en entreprise

Marché artistique. Alfred, Loueur d’Art, lance une plateforme de vente d’œuvres d’art.

L’art nous veut-il du bien ? Serait-il un vecteur essentiel de communication dans l’univers des entreprises et serait-il un facteur de bien-être au travail surtout à l’heure du retour en présentiel ?  Idée fantaisiste pour certains, réalité tangible pour d’autres. 

Nicolas Tharreau, cofondateur d’Alfred, Loueur d’art. Alfred

Nicolas Tharreau, l’un des quatre fondateurs d’Alfred, Loueur d’Art (deux sont issus du monde de l’art et deux autres de l’univers de l’entreprise), start-up montpelliéraine spécialisée dans le financement d’œuvres d’art – dont le nom rend hommage à Alfred Bruyas, grand collectionneur d’art montpelliérain –, en est convaincu. 

« C’est un outil à part entière de motivation et de reconnaissance des collaborateurs en sublimant l’espace de travail. L’art stimule la créativité, facilite l’échange, etc., affirme-t-il. Notre ambition est de créer un pont entre le monde des arts et celui de l’entreprise. Les chefs d’entreprise sont encore persuadés que l’art est réservé à une élite, à de grands patrons collectionneurs et mécènes issus du monde du luxe, de la mode ou de la distribution. »

Si le leasing est monnaie courante au sein des entreprises pour de la location de voiture, de mobilier ou de certains équipements de production, pour le domaine de l’art, cette pratique reste méconnue. Pour faire sortir des œuvres de l’ombre, Alfred propose plusieurs offres de financements locatifs réservés aux clients professionnels telles que la location financière longue durée qui peut s’étendre sur une période de 13 à 60 mois à partir de 3 000 € et de la location avec option d’achat. Objectif  : rendre l’art accessible aux PME, entrepreneurs indépendants et professions libérales. Mais au-delà de cette activité historique imaginée après le premier confinement, la pépite, créée en octobre 2020, a vu plus loin. 
Faire bouger les lignes et concevoir une passerelle, c’est en substance le nouveau projet d’Alfred qui vient de lancer sur la toile, la place de marché éponyme ouverte aux galeries, marchands ou artistes indépendants. « Nous avons lancé le 1er juin une place de marché visant à mettre en contact vendeurs et acheteurs. Il s’agit d’une plateforme de vente et de financement d’œuvres d’art en ligne qui s’adresse plus spécifiquement au marché BtoB. En moins de trois minutes, un dossier de location avec option d’achat peut être constitué, accordé et validé sur notre place de marché grâce aux connexions API mises en place avec nos partenaires financiers. Le fait de vendre des œuvres d’art sur internet, destinées aux entreprises et faciliter le financement est unique sur le marché français », souligne le cofondateur, ancien directeur manager Europe chez Xerox et consultant en business développement. 

Mettre en lumière des artistes émergents

Pour l’heure, la plateforme, conçue intégralement en interne, propose plus de 1 000 œuvres contemporaines, modernes et figuratives et ambitionne de mettre en lumière plusieurs centaines d’artistes fin 2021 et plusieurs milliers à l’horizon 2022.  L’un des objectifs de développement de l’entreprise est d’étoffer son carnet de partenaires, notamment des galeries émergentes qui mettent en avant de jeunes artistes, sur la place nationale, dans un premier temps puis internationale dans un second temps. Alfred souhaite également étendre son réseau d’artistes. « Nous recevons une à deux candidatures par semaine », indique le gérant.  Quant à la sélection des œuvres, Alfred réunit un comité deux fois par mois. « Nous sélectionnons attentivement les artistes émergents et les galeries prometteuses pour proposer nos “coups de cœur” qui collent à l’identité d’Alfred », précise-t-il. Peintures, dessins, sculptures, gravures, photographies, éditions d’art trouvent pour l’instant place sur la plateforme qui étendra son choix aux mobiliers et objets d’art d’ici la fin de l’année. « Des œuvres à partir de 200 € et qui n’excèdent pas 11 000 €. »
Sous une image haut de gamme, Alfred, qui se veut toutefois accessible, a d’autres projets sur le papier. Dans sa feuille de route, figurent des événements à destination des entreprises à partir de 2022, et une éventuelle levée de fonds pour intensifier son activité au-delà des frontières hexagonales et auprès des particuliers, activité qu’Alfred propose également via des prêts affectés. 

Jennifer Legeron