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140e année

La biotech dans la peau

Julien Durand. Avec deux associés, il a créé la start-up Sweetech en vue de développer des procédés innovants contribuant à la production d’oligosaccharides.

Yannick Malbert, Julien Durand et Zhongpeng Guo ont cofondé Sweetech.
Yannick Malbert, Julien Durand et Zhongpeng Guo ont cofondé Sweetech. dr

Dans l’univers de la biochimie, une nouvelle start-up a vu le jour en début d’année 2021 au sein du Toulouse Biotechnology Institute. Elle a été créée à l’initiative de Julien Durand ( au centre de la photo) – qui, après 10 ans passés dans le domaine des transports routiers, a repris des études et a réalisé une thèse en ingénierie enzymatique à l’Insa de Toulouse, suivie de deux années post doctorales. Il s’est adjoint les compétences de deux docteurs en microbiologie, Zhongpeng Guo (directeur scientifique) et Yannick Malbert (directeur technique) pour cofonder Sweetech. La jeune pousse a pour ambition de produire et de commercialiser des oligosaccharides – à savoir des glucides qui contribuent au bon fonctionnement intestinal, et à la santé de l’organisme en général – via de nouveaux procédés de fermentations.

« Nos oligosaccharides permettront aux industriels pharmaceutiques de développer des outils de diagnostic et de soin contre ce pathogène, détaille Julien Durand, cofondateur de Sweetech. Nous pensons que ces nouvelles méthodes de production vont révolutionner la médecine de demain, comme cela a pu être le cas avec la production de protéines recombinantes. »


Une innovation de rupture qui permettrait une production industrielle de molécules rares dans le domaine de la santé. « C’est à l’issue de mes deux années post doctorales, où j’ai planché sur l’utilisation d’enzymes comme outils de synthèse ayant pour objectif de proposer de nouveaux procédés industriels qui remplacent la pétrochimie ou la chimie, que j’ai décidé de me lancer dans l’aventure. Mon projet est entré en maturation pendant 18 mois, financé par Toulouse Tech Transfer. L’objectif est désormais de poursuivre la R & D et de proposer de nouvelles voies de synthèses et de purification pour obtenir des oligosaccharides qui sont, soit difficiles à produire, soit produits via des synthèses chimiques inexploitables à grande échelle, afin d’être utilisés dans le domaine de la santé. De fait, nous planchons actuellement sur un pathogène opportuniste fongique du genre Candida, qui peut provoquer des infections bénignes ou systémiques présentant un taux de mortalité supérieur à 40 %. Nos oligosaccharides permettront aux industriels pharmaceutiques de développer des outils de diagnostic et de soin contre ce pathogène. Nous pensons que ces nouvelles méthodes de production vont révolutionner la médecine de demain, comme cela a pu être le cas avec la production de protéines recombinantes  », détaille Julien Durand. 

« Nous sommes actuellement en discussion avec des industriels mondiaux, et des partenaires académiques français, explique Julien Durand. Nous espérons un rapprochement avec un industriel pharmaceutique international d’ici trois ans et prévoyons une levée de fonds d’ici 12 à 18 mois. »

Proposer une approche médicale plus douce que des antibiotiques ou les antifongiques, qui « dérégulent le microbiote » est en substance la mission que s’est donnée la start-up, laquelle est accompagnée par Réseau Entreprendre Occitanie. Elle a bénéficié d’un coup de pouce financier de 15 K€, auquel s’ajoute un prêt d’honneur de Créalia Occitanie à hauteur de 81 K€. « Cela nous a permis d’obtenir une bourse French Tech Emergence de Bpifrance de 84 K€  ». Le trio de quadra, qui planche sur l’obtention de deux brevets supplémentaires avant l’hiver, envisage d’ici un an de développer une preuve de concept sur l’utilisation de ces molécules pour différentes applications. « Nous sommes actuellement en discussion avec des industriels mondiaux, et des partenaires académiques français. Nous espérons un rapprochement avec un industriel pharmaceutique international d’ici trois ans et prévoyons une levée de fonds d’ici 12 à 18 mois ».
Forte, pour l’heure, de quatre collaborateurs, la pépite, qui a notamment été lauréate en 2020 du concours I-PhD de Bpifrance, entend étoffer son équipe de 10 personnes supplémentaires d’ici trois ans et table sur 1M€ de CA en 2024. En marge, elle démarre des travaux de recherche sur des molécules immuno-régulatrices qui permettraient de stimuler le système immunitaire.

Jennifer Legeron