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141e année

La Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées à la conquête des entreprises

Banque. L’Écureuil se dote d’un nouveau plan stratégique dont l’ambition est de coller aux évolutions des modes de consommation et de travail.

Alain Di Crescenzo, président du conseil d’orientation et de surveillance et Christophe Le Pape, président du directoire de la Caisse d’Epargne de Midi-Pyrénées, ont présenté de concert, les nouvelles ambitions de la CEMP. Agnès Bergon

La Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées se lance dans un vaste plan de transformation et de développement. Déclinaison locale de celui lancé en 2020 à l’échelle du groupe BPCE (Banque Populaire - Caisse d’Épargne) dont elle fait partie, ce nouveau plan stratégique 2022-2024 doit permettre « de répondre aux nouvelles aspirations de nos clients, aux tendances de la société et aux besoins de ses collaborateurs », détaille Christophe Le Pape, président du directoire de la Caisse d’Épargne de Midi-Pyrénées (CEMP).

Circuits courts

De fait, précise-t-il, « nous sommes dans un moment qui met sous pression le secteur bancaire, avec notamment une baisse des taux qui impacte nos marges. En même temps, nous avons eu encore l’an dernier une activité très dynamique sur le marché immobilier avec un niveau record de 2 Mds€ de production de crédits aux particuliers. » C’est principalement sur le marché des entreprises, associations et collectivités que la banque coopérative, qui compte déjà 900 000 clients, entend en conquérir de nouveaux. Il s’agit de « rattraper notre retard dans l’accompagnement des entreprises », reconnaît Christophe Le Pape. Pour cela, la CEMP cible particulièrement quatre secteurs majeurs en région : l’aéronautique, le tourisme, l’agroalimentaire et la santé.

« Nous voulons être un acteur incontournable sur le territoire pour les grands projets d’infrastructures, par exemple dans le domaine des énergies renouvelables »

La banque ambitionne de conquérir ainsi 400 nouveaux clients d’ici deux ans sur ce segment de marché, représentant une hausse de 30 % de ses revenus. « Nous voulons être un acteur incontournable sur le territoire pour les grands projets d’infrastructures, par exemple dans le domaine des énergies renouvelables, être le partenaire du premier cercle, le banquier de l’intime pour accompagner les entreprises au quotidien ». La CEMP veut également « renforcer sa performance commerciale ». La banque, qui détient 15 % de part de marché en matière de banque de détail, entend « capter 15% de la mobilité bancaire dans la région et continuer à accompagner les nouveaux arrivants sur le territoire ».

L’autre domaine dans lequel la CEMP entend percer c’est l’assurance, « un secteur dans lequel nous sommes partis avec un peu de retard, concède Christophe Le Pape. L’idée est d’équiper en assurance non-vie nos clients avec un objectif de 38% à l’horizon 2024, soit tutoyer les niveaux d’équipement des réseaux bancaires les plus performants ». Aujourd’hui ce taux d’équipement plafonne à 34% pour la CEMP.

Objectifs de conquête ambitieux

En parallèle de cette « stratégie de conquête volontariste », la banque coopérative se lance dans un vaste chantier de rénovation de ses agences, au nombre de 172 au total sur le territoire de l’ancien Midi-Pyrénées. Après la fermeture de 80 agences au cours des dix dernières années, ce chiffre ne devrait pas bouger précise Christophe Le Pape qui croit à l’hybridation de la relation client, à la fois physique et digitale.

Ces travaux vont concerner au premier chef le siège de l’avenue Maxwell à Toulouse où un nouveau bâtiment devrait sortir de terre pour remplacer trois des bâtiments existants, pour un coût de 30 M€. Une enveloppe de 15 M€ est destinée au décloisonnement des locaux toulousains du 42 rue du Languedoc, tandis que les 30 M€ restant seront employés à la rénovation des agences et la création de tiers lieux dans les anciennes directions commerciales de la banque dans les départements en vue de l’accueil des collaborateurs en télétravail. Le site d’Auch pourrait être le premier concerné par ces travaux.

Pour asseoir ce développement, la banque de l’Écureuil entend recruter sur trois ans un millier de nouveaux collaborateurs et planche, en vue de leur formation, sur la création d’une académie qui participera également au maintien de l’employabilité de ses collaborateurs, au nombre de 1600 à ce jour. Ce plan stratégique devrait se traduire, selon Christophe Le Pape, par une hausse du produit net bancaire de 2 % par an, l’objectif étant d’atteindre 400 M€ en 2024 (contre 375 M€ en 2020), pour un résultat net de 100 M€ à cet horizon (contre 86 M€ en 2020), soit une croissance de 5% par an.

Agnès Bergon