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141e année

La cani trottinette arrive à grande allure

Sport. La marque Canem Victoria, spécialiste de la cani trottinette, vient d’ouvrir sa première boutique physique dans le Tarn. Depuis sa création, elle se développe à la vitesse grand V.

Guillaume Garin, fondateur de Canem Victoria. DR

Si à ce jour 3 000 licenciés en France pratiquent régulièrement le canirun, le canicross, et le canivtt, une autre pratique tend à se démocratiser, depuis l’arrivée de la Covid-19, et le déferlement des trottinettes dans les rues, à savoir la cani trottinette. L’entreprise tarnaise, Canem Victoria, spécialisée en équipements de sports canins a connu un début d’activité sur les chapeaux de roues. À l’initiative du projet, on retrouve Guillaume Garin, ancien webmarketeur et pilote de VTT, et créateur de la marque d’accessoires de VTT et magasins de vélo 8 Wigs, qui a décidé d’allier ses savoir-faire.

« Ma compagne, comportementaliste et naturopathe canin, et moi, auparavant webmarketeur freelance, avions un centre canin à notre domicile. Pendant la Covid, nous avons vu arriver des clients qui souhaitaient se mettre à la pratique du sport avec leur chien. Cette nouvelle clientèle était à la recherche de matériels quasi inexistants sur le marché de la grande distribution. C’est ainsi que j’ai décidé de me lancer sur ce marché de niche, en commençant par distribuer des marques françaises et étrangères », explique le fondateur.

Objectif : développer la R&D

Depuis la création du site internet en juillet dernier, la marque, qui a connu une belle envolée, revendique 150 trottinettes vendues au compteur. L’entreprise a de fait rapidement décidé d’investir dans la R & D pour développer sa propre marque sous le nom de Canem Victoria. « Au début de l’aventure, nous étions revendeurs, mais très rapidement, nous nous sommes confrontés à un problème d’approvisionnement, ce qui a fait que nous ne pouvions plus répondre à l’intégralité des demandes. C’est en partie pour cette raison que j’ai décidé de réfléchir à une gamme de produits et de me positionner notamment sur la trottinette de mushing, un axe différenciant par rapport aux quelques concurrents présents sur le marché du cani sport. »

« Nous bénéficions d’une surface de 70m2, dont une moitié est dédiée à la nutrition et l’autre à la pratique sportive. Si cette ouverture est concluante, nous envisageons d’ouvrir une deuxième boutique à l’hiver 2022 »

En effet, cette pratique qui existe depuis plus de 30 ans, était principalement réservée à la compétition. Aujourd’hui, le dirigeant a à coeur d’impulser cette pratique dans le milieu du loisir et ambitionne de vendre 300 trottinettes cette année et, à l’avenir, entre 500 et 1000 par an. « Il s’agit d’une pratique sécurisante, car les adeptes peuvent réagir rapidement au changement de direction du chien, qui lui, n’a pas à traîner un boulet derrière lui. Cela génère également moins de traumatismes des deux côtés. C’est à mon sens, la meilleure pratique de sport tractée à partager avec son chien », avance-t-il. Le dirigeant a ainsi conçu, pour l’heure, trois produits à savoir des longes de traction « ce qui était le plus simple et rapide à créer avec mes moyens », souligne-t-il. Pour ce faire, il s’est associé à Juliette Faucher, championne de France de musher qui l’a ainsi épaulé dans le développement de harnais.

D’ici la fin de l’année, le fondateur entend déployer une dizaine de produits sur le marché. Seule ombre au tableau : la délocalisation de la production en Asie. « Je pensais trouver facilement des partenaires dans le Tarn, fief du cuir français, mais je me suis heurté à des murs. Car les ateliers ne souhaitent pas aujourd’hui confectionner des produits en cuir à destination des animaux, pointe-t-il. À l’horizon 2024, j’envisage de créer les produits de A à Z, ce qui signifie recruter des talents, dont une couturière et d’acheter du matériel. » Concernant les trottinettes, il vise une conception made in France d’ici trois ans, préférant encore sonder davantage le marché et les attentes des consommateurs. « J’ai reporté la R & D, je n’ai pas non plus assez de volumes pour lancer une production en Asie », confirme-t-il.

Plusieurs ouvertures de boutique dans le viseur

Tandis qu’une partie de l’activité est générée par le site internet, avec des ventes réalisées en France, en Belgique, au Luxembourg et en Espagne, l’entreprise vient par ailleurs d’ouvrir sa première boutique dans la zone commerciale de Saint-Sulpice-la-Pointe au coeur du Tarn.

« Nous bénéficions d’une surface de 70m2, dont une moitié est dédiée à la nutrition et l’autre à la pratique sportive. Si cette ouverture est concluante, nous envisageons d’ouvrir une deuxième boutique à l’hiver 2022, sûrement du côté de Bordeaux. Le côté physique est nécessaire car la vente en ligne a ses limites : il y a autant de morphologies de chiens que de harnais. En effet, nous proposons une centaine de références et les harnais doivent être essayés. Nous sommes aussi à même d’apporter des compétences techniques et des conseils. Notre boutique offre un service complet à savoir l’alimentation, les équipements de sports canins, mais aussi un dog wash, en plus des services de naturopathe et de comportementaliste que continue d’offrir ma compagne », conclut le dirigeant.

Si l’entreprise, qui espère atteindre un CA de 300 K€ à la fin de la première année d’exercice, fonctionne pour l’heure en duo, l’équipe devrait s’agrandir avec trois à quatre collaborateurs supplémentaires en 2023. À terme, l’entreprise entend se positionner également sur le marché du BtoB et partir davantage à l’international.

Jennifer Legeron