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141e année

La miroiterie Cavalier voit clair

Artisanat. L’entreprise Cavalier est une fierté pour Montauban. Née en 1940, elle est toujours restée dans le giron familial.

Véritable institution à Montauban où elle est installée, l’entreprise Cavalier réalise près de 3 M€ de chiffre d’affaires. DR

Julien Cavalier, le petit-fils des fondateurs s’attache à perpétuer la tradition de l’artisanat. Un fil conducteur qui a permis à l’entreprise d’acquérir des bases solides et de l’inciter à développer la formation afin de transmettre son savoir-faire. « Le respect du client est la règle numéro un dans l’entreprise. On joue la transparence, on ne vend pas du rêve, on ne s’attache pas au volume », explique David Severac, comptable gestionnaire de l’entreprise. Il connaît bien la maison, il occupe les mêmes fonctions depuis 30 ans. Il a accompagné Julien Cavalier lors de la transmission en 2004. En 1974, lorsque les parents de Julien, Marie-France et Gérard Cavalier sont arrivés à la tête de l’entreprise, ils se sont d’abord intéressés au travail du verre, à la miroiterie puis ils se sont lancés dans la fabrication de menuiserie aluminium sur mesure.

« On a toujours voulu rester des artisans, explique Julien Cavalier. Nous sommes très exigeants sur la qualité. La pose est assurée en interne par nos salariés. Depuis la création, on a gardé les mêmes méthodes de travail, les mêmes locaux. » L’entreprise est située en ville, pas question d’aller s’installer dans une zone industrielle. Cavalier a ciblé sa clientèle, elle s’est orientée vers le travail de rénovation auprès des particuliers et des petits commerçants, « nous n’avons jamais répondu à de gros appels, explique David Severac, notre structure n’est pas adaptée il n’est pas question de mettre nos équipes sous pression pour boucler un chantier ».

Former de nouveaux salariés pour assurer la pérennité de l’entreprise

Patiemment, l’entreprise Cavalier s’est donc forgée une solide réputation. Elle emploie 17 salariés et des apprentis. Il y a très peu de turnover. « On garde longtemps nos salariés. D’ici à deux ans la moitié du personnel aura pris la retraite. On s’est interrogé sur la question de la transmission du savoir-faire », explique David Severac. L’idée de former des apprentis s’est imposée, l’entreprise fait d’ailleurs figure d’exemple au niveau local. Cinq jeunes en alternance ont rejoint l’équipe : du poseur, au menuisier en aluminium, en passant par le comptable. La relève semble bien assurée aux postes clés.

« Avec l’envolée des prix du gaz, les clients souhaitent des habitations mieux isolées et changent leurs menuiseries, »

« C’est très important de transmettre. On recrute sur les valeurs, la motivation compte énormément, ajoute David Severac. Nous sommes une entreprise familiale et on tient à le rester. » L’objectif est de pouvoir embaucher les apprentis formés au sein de l’entreprise. Les dirigeants de l’entreprise sont convaincus d’avoir trouvé la solution : « les jeunes d’aujourd’hui sont les collaborateurs de demain », ajoute Julien Cavalier.

Tenir bon dans le contexte actuel

Dans l’atelier de 600 m2, l’équipe continue à fabriquer des menuiseries mais la situation se tend. « On commence à être confronté à une pénurie de matières premières et à des coûts exorbitants. En une journée, le cours de l’aluminium peut grimper de 30 %. La visserie a augmenté de 50%. On répercute les prix en serrant les marges, » explique David Severac. Toutefois, les délais de livraison s’allongent et il devient difficile de garantir les devis au-delà de six semaines. La Covid n’a pas impacté le chiffre d’affaires qui s’élève à 2 800 000 € en 2021.

C’est plus qu’en septembre 2020. La fabrication de la menuiserie en aluminium représente 50% du CA, la miroiterie 10 %, les 40 % restants se partagent entre la vente de volets roulants et de fenêtres en PVC. Toutefois, la demande est bien présente. En témoigne cet engouement pour les pergolas bioclimatiques ou encore l’augmentation des devis en isolation. L’entreprise est labellisée RGE (reconnue garante de l’environnement), ce qui permet aux clients d’obtenir des aides de l’État. « Avec l’envolée des prix du gaz, les clients souhaitent des habitations mieux isolées et changent leurs menuiseries, » conclut David Severac.

Dorisse Pradal