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141e année

La réalité virtuelle au secours des métiers manuels

Formation. Spécialiste des technologies immersives dans le domaine de la formation dédiée aux métiers manuels, l’entreprise toulousaine Mimbus poursuit son développement à travers son rapprochement avec TGV Formation et de nouvelles offres.

Laurent Da Dalto, fondateur de Mimbus. (Crédit : DR).

L’entreprise haut-garonnaise Mimbus, dont le siège se situe à Saint-Jean, spécialisée dans la formation dédiée aux métiers manuels, met à la disposition des formateurs des technologies immersives (réalité virtuelle, réalité augmentée…). Elle annonce un nouveau partenariat. Elle s’est en effet rapprochée de l’expert en formations personnalisées et reconnu dans le secteur automobile, TGV Formation, en vue d’accompagner les centres de formation en carrosserie et peinture. Pour le fondateur, Laurent Da Dalto, l’objectif de cette alliance est d’acclimater les formateurs à de nouvelles technologies et de donner des clés d’apprentissage au-delà de la pédagogie.


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« C’est un enjeu de taille. Ces outils sont puissants mais lorsqu’ils sont mal compris, les résultats ne sont pas à la hauteur. De fait, ce partenariat assure une formation attractive et performante. C’est de plus en plus difficile de trouver des experts dans un métier, la fois pédagogues et à l’aise avec les nouvelles technologies comme la réalité virtuelle. Pourtant, c’est l’avenir », pointe-t-il. « Les technologies immersives sont un sujet d’actualité. Elles apportent une valeur ajoutée sur le plan pédagogique. Nous avons été surpris par la maturité de la solution SimSpray », assurent de leur côté les formateurs de TGV Formation. La formation, lancée i l y a plus d’un mois, a déjà séduit des dizaines de centres. D’autres projets sont également en cours notamment avec le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) pour la rentrée.

« Nous virtualisons leurs formations, ce qui nous permet de toucher d’autres secteurs tels que des métiers de techniciens supérieurs, des ingénieurs, etc. Ce rapprochement devrait représenter un levier de croissance important », souligne le fondateur. Mimbus bénéficie de partenariat avec des mastodontes comme Microsoft pour le déploiement de ses solutions sur la plateforme cloud Azure, ou encore HP, spécialiste d’accessoires informatiques qui lui fournit casques et ordinateurs. D’ici quelques mois, l’entreprise proposera une nouvelle offre à ses clients, basée sur un système d’abonnement via sa plateforme, qui entend transformer son modèle économique. Elle aura pour objectif de doubler le chiffre d’affaires de la société qui a atteint 2,8M€ en 2021.

70 % DU MARCHÉ À L’INTERNATIONAL

De façon plus globale, Laurent Da Dalto milite pour une formation 4.0. « Il existe une demande croissante de la part des industriels pour former leurs ouvriers. Ils peinent à trouver les bons profils dans les centres de formation et, de plus en plus souvent, ils forment eux-mêmes en interne. Cependant, je maintiens que ce n’est pas la solution de transférer la formation dans l’usine mais qu’il faut rendre les centres de formation plus attractifs. » Pour ce faire, l’entreprise envisage d’enrichir son catalogue de formations dans tous les domaines des métiers manuels d’ici les trois prochaines années, en collaboration avec l’ensemble de ses partenaires dans le monde, soit une dizaine.

Mimbus compte également une quarantaine de revendeurs pour étendre son activité à l’international, un marché qui représente 70 % de son portefeuille. De fait, la Région Occitanie apporte aussi son soutien à travers des subventions liées à l’innovation et à l’export. L’ambition de la société, qui existe depuis 11 ans et fait face à une concurrence notamment américaine de plus en plus forte, est selon son dirigeant, « de devenir leader du marché ».

« Il y a une dizaine d’années en France et en Europe, le système éducatif n’était pas réceptif à nos solutions, souligne le président. Nous nous sommes beaucoup développés en Asie, en Russie, en Amérique. Mais les crises successives de ces deux dernières années ont rebattu les cartes. D’autre part, les mentalités ont évolué en Europe et principalement en France, qui l’an passé a représenté 40 % de notre activité. Le plan France Relance a aussi permis d’accélérer des projets comme la formation de tailleur de pierre financée par l’Éducation nationale ou encore la formation de technicien de laboratoire. Nous planchons, en parallèle, sur des modules de découverte des métiers avec une expérience unique, dédiés à des organismes comme Pôle emploi, à des cabinets de recrutement ou aux lycées. » L’Afrique représente également un marché de niche sur lequel Mimbus entend intensifier fortement sa présence.

Jennifer Legeron