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La start-up Osmos X développera son véhicule orbital Thorus depuis Toulouse

Innovation. Déjà reconnue comme un bastion européen du spatial, l’Occitanie attire une nouvelle pépite du NewSpace. Le rennais Osmos X installe une antenne à Toulouse pour développer son véhicule de transfert orbital Thorus, doté d’une propulsion plasma et capable de réduire fortement les coûts d’exploitation des satellites tout en multipliant les missions possibles en orbite.

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Osmos X a été créée en 2022 à Rennes. L’entreprise est dirigée par Arnaud Masson, qui a notamment travaillé chez Thales Alenia Space sur des programmes spatiaux comme Galileo et Iridium Next. (©Osmos X)

Malgré un contexte économique et géopolitique toujours incertain, l’Occitanie continue d’attirer les investisseurs. Les annonces du sommet Choose France 2026, organisé en juin dernier à Versailles, sont venues confirmer cette dynamique. Plusieurs projets industriels d’envergure, dans les domaines de la santé, des technologies de défense et de l’économie circulaire, irrigueront le territoire dans les prochaines années, confirmant l’attractivité croissante de la région dans des secteurs qui dépassent désormais largement ses filières emblématiques.

Le laboratoire suisse Sandoz en est l’un des principaux exemples. Le spécialiste mondial des médicaments génériques et biosimilaires prévoit d’investir 150 M€ supplémentaires d’ici 2034 sur son site toulousain, portant à 550 M€ le montant total de ses investissements engagés en France depuis décembre 2025. De son côté, le groupe espagnol Coleo, spécialisé dans le recyclage textile, injectera 2,1 M€ à Lavelanet, en Ariège, pour créer une plateforme capable de traiter jusqu’à 5 000 tonnes de textiles par an, avec 60 emplois à la clé.

Le pari de la mobilité spatiale

Mais si l’Occitanie diversifie progressivement son tissu industriel, elle continue de faire la différence dans ses bastions historiques que sont l’aéronautique et le spatial. Dernière illustration en date, le choix de la start-up française Osmos X, qui a officialisé il y a quelques semaines l’ouverture d’une antenne à Toulouse pour accélérer son développement.

Fondée en 2022 à Bruz, près de Rennes, la jeune pousse évolue sur le marché émergent de la mobilité orbitale, un segment du NewSpace en plein essor porté par l’accélération du nombre de satellites en orbite et la multiplication des constellations. Cette densification de l’environnement spatial fait émerger de nouveaux besoins en matière de gestion des débris, de connaissance de la situation spatiale et de capacité à intervenir rapidement en orbite.

« Un satellite a sa mission, son orbite et il va faire ça toute sa vie. Mais avec l’encombrement spatial par les débris et les satellites en opération, il faut être capable d’être plus réactif. Il est important d’évoluer vers une gestion plus active de la mobilité », résumait ainsi son PDG Arnaud Masson chez nos confrères de BFM Business.

Pour répondre à ces nouveaux enjeux, l’entreprise développe des véhicules de transfert orbital multi-missions à propulsion plasma haute performance. Son objectif ? Offrir à l’Europe une solution souveraine, durable et compétitive de mobilité spatiale. Pour accélérer cette ambition, la société vient de lever 5 M€ et installera ses équipes toulousaines au centre d’affaires Village by CA Toulouse 31.

Au cœur de cette stratégie figure Thorus, un véhicule orbital capable d’assurer une grande variété de missions. Au-delà du simple transfert orbital, il pourra accompagner les satellites jusqu’à leur orbite finale, leur permettant d’économiser leur propre carburant et d’être opérationnels plus rapidement. Une fois en service, Thorus pourra également réaliser des corrections d’orbite, déplacer des satellites, les conduire vers leur orbite cimetière en fin de vie, mais aussi effectuer des inspections visuelles destinées aux opérateurs, aux assureurs ou encore à des clients institutionnels.

Pour équiper ce véhicule, Osmos X mise sur une technologie propriétaire de propulsion plasma baptisée HPCR, pour “High Power Cyclotron Resonance”. Celle-ci repose sur « l’ionisation d’un gaz par résonance cyclotronique » afin d’améliorer significativement le rendement énergétique. « Cette technologie permet de diviser par trois la consommation », affirme Arnaud Masson. Une performance qui contribue à réduire les coûts d’exploitation tout en augmentant le nombre de missions réalisables.

Toulouse, tremplin spatial pour Osmos X

Ressemblant à des satellites, les véhicules qu’Osmos X permettent d’assurer diverses missions : montées en orbites hautes, extension de durée de vie des satellites, désorbitation contrôlée de débris, et surveillance, inspection et protection en orbite. (©Osmos X)

Depuis Toulouse, Osmos X entend ainsi développer sa flotte de véhicules orbitaux Thorus, capables, toujours selon la société, d’effectuer davantage de missions que les solutions concurrentes. Les véhicules fonctionneront de manière largement autonome, tout en pouvant être pilotés à distance lors des phases les plus délicates, notamment les opérations d’arrimage.

Soutenue par Bpifrance, l’ESA BIC et la Commission Européenne, l’entreprise vise une première mission commerciale en 2029 avant un déploiement progressif de sa flotte. À horizon 2030-2040, ce sont une vingtaine de véhicules qui devraient être opérationnels. L’implantation s’accompagne d’un premier plan de recrutement. Une dizaine d’emplois qualifiés seront créés d’ici fin 2026 dans les domaines de l’ingénierie systèmes, de la propulsion et des opérations orbitales. Pour Arnaud Masson, l’écosystème toulousain a largement pesé dans la décision :

Nous pensons que l’Occitanie est l’une des rares régions en Europe à concentrer autant de savoir-faire, de partenaires industriels, d’agences et d’institutions académiques dans ces domaines. La disponibilité des talents, la proximité des partenaires et l’attractivité de Toulouse en font un atout primordial dans notre stratégie. »

À noter qu’Osmos X a été accompagnée tout au long de son parcours d’installation par les agences d’attractivité de la région et de Toulouse Métropole Ad’Occ et Toulouse Team, depuis les premiers échanges engagés lors du salon Space Tech Expo Europe à Brême en 2025 jusqu’à la recherche de son site d’accueil.

« Cette implantation illustre une nouvelle fois la capacité du territoire à attirer des entreprises innovantes positionnées sur les segments les plus stratégiques de l’industrie spatiale », souligne Patrice Vassal, directeur général de Toulouse Team, qui voit dans cette arrivée une nouvelle démonstration de la compétitivité de l’écosystème toulousain.