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141e année

Le Grand Marché revisité par Miharu

Événementiel. Parmi les axes stratégiques de développement de l’agence d’événementiel toulousaine Miharu, figure en premier lieu le partenariat avec le Grand Marché - MIN Toulouse Occitanie.

Natalie et Jean-François Renac, codirigeants de Miharu et Maguelone Pontier, à la tête du Grand Marché - MIN Toulouse Occitanie. Jennifer Legeron

Au sortir de la crise, unir ses forces pour mieux rebondir est le choix stratégique adopté par la société d’événementiel Miharu dirigée par Jean-François Renac et le Grand Marché - MIN Toulouse Occitanie (ex-Marché d’Intérêt National Toulouse Occitanie) qui ont annoncé mi-novembre leur partenariat. En effet, avec plus de 70 % de perte d’activité liée à la pandémie en 2020, le secteur de l’événementiel entrevoit désormais un horizon plus dégagé pour les prochaines années. À travers ce rapprochement, l’objectif de l’acteur de l’événementiel local est de « repartir sur une dynamique positive. Pour éviter de sombrer, il a fallu enjamber la crise et se projeter dans l’avenir », confie son dirigeant.

Pour ce faire, l’entreprise toulousaine qui exploite cinq sites dont des lieux emblématiques tels que le Village, l’Airbus Event, Le Manoir du Prince, ou le Mas des Canelles, s’est lancée dans un tour de table, bouclé cet automne, à hauteur de près de 2 M€, dont une enveloppe de 1 M€ auprès de Bpifrance et du Fonds tourisme Occitanie. De fait, le groupe d’événementiel ambitionne de doubler son activité d’ici trois ans, avec cinq sites supplémentaires dont le Grand Marché – MIN Toulouse Occitanie, passant ainsi d’un CA de 5 M€ à 10 M€.

Près de 10 événements

Pour élargir ses possibilités et s’implanter durablement, le groupe pose ainsi les premiers jalons avec le ventre de Toulouse, orchestré par Maguelone Pontier depuis 2017, lequel accueille près de 280 producteurs et 160 entreprises, et génère 389 M€ de chiffre d’affaires. Miharu entend ainsi investir les zones de la halle aux fleurs, le carreau des producteurs, le carreau des pépinières et le park’in, soit 10000m2 en tout, des surfaces pour l’heure mal optimisées pouvant accueillir « 2500 personnes en grande jauge ». L’objectif est de gérer

« une dizaine d’événements par an, en tant qu’activité périphérique. Nous souhaitons proposer une offre différente de nos services actuels, celle de l’accueil de manifestations de grande ampleur et ainsi attirer des clients qui ne viennent pas d’Occitanie, explique Jean-François Renac. Nous avons déjà des agences parisiennes intéressées. Cette stratégique ne viendra pas pour autant déséquilibrer le marché local des événements professionnels mais proposera aux organisations une offre complémentaire, en adéquation avec le positionnement du Grand Marché – MIN Toulouse Occitanie. » Autre objectif : inciter le public à adopter un regard nouveau sur l’ancien Marché d’Intérêt National Toulouse Occitanie.

Économie circulaire

De son côté, la directrice du deuxième marché de France souhaite confier ses lieux à un expert de l’événementiel et insuffler une nouvelle dynamique au site, emboîtant le pas au marché de Rungis qui exploite déjà ce filon depuis quelques années. « Nous garderons la gestion d’événements dédiés au secteur alimentaire, mais ce n’est pas notre métier. Nous souhaitions donc confier la création d’autres événements à des professionnels. L’idée est aussi d’affirmer un positionnement différent auprès du grand public, car il nous est difficile de faire de la communication au-delà de notre domaine d’expertise. Enfin, à travers cette nouvelle offre, nous souhaitons aussi mettre en place un système d’économie circulaire à la faveur des locataires du Grand Marché de Toulouse », explique Maguelone Pontier.

Le dirigeant de Miharu table, lui, sur un CA de 500 K€, soit une hausse de 20 % de croissance générée grâce à cette nouvelle alliance, laquelle s’est imposée pour le Grand Marché – MIN Toulouse Occitanie. « La crise est en effet un révélateur de tempérament. À travers son collectif Events 31, Jean-François Renac a su représenter le secteur de l’événementiel et se renouveler. Notre partenariat s’est imposé. Pour nous, c’est une belle occasion de s’ouvrir en dehors de nos activités et, autant s’entraider. C’est un levier de croissance », conclut la dirigeante. Plusieurs projets à l’échelle grand Sud-Ouest sont déjà dans les cartons...

Jennifer Legeron