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Ecocert diversifie ses activités et accélère à l’international pour atteindre 150 M€ de CA en 2030

Labellisation. Acteur historique de la certification bio, Ecocert accélère sa diversification dans la cosmétique, le textile et les emballages durables. Le groupe gersois renforce aussi l’accompagnement de ses clients dans le respect des normes environnementales et accélère sa transformation digitale, avec un objectif de 150 M€ de chiffre d’affaires à l’horizon 2030.

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Pauline Raffaitin, responsable des affaires publiques et réglementaires du groupe Ecocert, Philippe Thomazo, directeur général, et Cécile Caminel, responsable marketing et communication externe, ont présenté les objectifs de l’entreprise le 28 mai 2026, à Toulouse. (©Gazette du Midi)

Avec 150 certifications dans 36 pays, Ecocert, créé en 1991, est passé du statut d’association de conseil en agriculture biologique, fondée par des agronomes du secteur, à celui de l’un des groupes leaders de la labellisation bio en France et à l’international. L’organisme de certification, qui a clôturé l’année 2025 avec un chiffre d’affaires de 125 M€, compte aujourd’hui 2 180 collaborateurs à travers le monde, dont 800 en Occitanie, et accompagne plus de 80 000 clients sur le territoire national comme à l’étranger. Fondée par William Vidal, la structure est présidée depuis 2024 par son fils, Jérémie Vidal.

L’entreprise est spécialisée dans la collecte et la vérification de données de durabilité, la certification de labels, ainsi que dans les prestations de formation et de conseil pour les marques de produits biologiques de première nécessité. Elle délivre notamment le célèbre label « Agriculture Biologique ».

Implanté à L’Isle-Jourdain, dans le Gers, le groupe fait face depuis 2022 à l’érosion de la filière bio en France (-4,6 % de chiffre d’affaires). Une situation qui a conduit l’ETI à réorienter sa stratégie vers les marchés internationaux. Ceux-ci représentent désormais 61 % de son activité, contre 39 % en France, et ce malgré une reprise du marché en 2024 (+0,8 %), puis en 2025 (+3,5 %). Cette internationalisation, associée à de nouvelles ambitions de diversification, a été détaillée par le directeur général d’Ecocert, Philippe Thomazo, lors d’un point presse organisé le 28 mai à Toulouse.

Agro-alimentaire, cosmétique et emballage

Ces dernières années, le groupe a élargi son activité à différents secteurs de l’industrie. « En remontant la filière végétale, nous avons commencé à travailler sur la cosmétique, puis sur le coton et donc le textile », explique celui qui a rejoint le groupe il y a près de 20 ans. Si le bio reste le cœur de métier du groupe, les activités de diversification gagnent du terrain : les écoproduits représentent 20 % de l’activité, l’éthique et la durabilité 14 %, et les services de conseil et de formation 5 %.

Cette diversification répond également aux nouvelles réglementations. C’est notamment le cas concernant les emballages. « Pour répondre aux enjeux du recyclage, nous délivrons notamment le label Global Recycled Standard (GRS), qui garantit l’utilisation de matières recyclées dans le respect de critères environnementaux et sociaux. Nous certifions également nos clients grâce au label Recycled Claim Standard (RCS), qui permet de commercialiser des textiles à base de matières premières recyclées », précise Philippe Thomazo. Le groupe délivre aussi les certifications liées aux standards « PEFC » et « FSC » pour le bois, le papier et le carton.

« De la même façon que pour les produits bio, nous valorisons les initiatives d’économie circulaire et de circuits courts mises en place par nos clients, des modèles qui permettent de réduire l’impact environnemental des emballages », ajoute l’intéressé. Cet enjeu du recyclage, qui concerne de nombreux acteurs, doit devenir un levier majeur de développement pour l’organisme de certification. D’ici à 2030, il devrait représenter 10 % de son chiffre d’affaires global.

le "de-risking" : 8 % du CA en 2030

Au-delà de son activité de certification, Ecocert mise également sur le développement de services aux entreprises pour soutenir sa croissance. Ceux-ci comprennent notamment des dispositifs d’audit sur mesure et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement. « Les consommateurs expriment une demande de plus en plus forte en matière de transparence et de traçabilité des produits. » Concrètement, cela se traduit sur le terrain par des contrats d’accompagnement conclus avec de nombreuses marques.

« Nous travaillons notamment avec de grandes marques de chocolat, de barres chocolatées ou encore de thé sur des services de de-risking. Il s’agit de les aider à sécuriser leur supply chain, c’est-à-dire à prendre en compte les conditions dans lesquelles les matières premières sont produites et à mettre en place des dispositifs favorisant la fidélisation et la loyauté des fournisseurs », détaille Philippe Thomazo. Nouveau levier de croissance du groupe, le de-risking représente actuellement 2 % du chiffre d’affaires. La direction entend toutefois porter cette part à 8 % d’ici à 2030.

Lutter contre le greenwashing

S’il est désormais demandé aux marques de démontrer l’origine et la traçabilité de leurs produits, les informations trompeuses sont également beaucoup mieux encadrées depuis l’adoption de la directive européenne « Transition verte » en mars 2024. « Cette nouvelle réglementation interdit aux industriels d’apposer sur leurs emballages des allégations vagues ou invérifiables. En résumé, il s’agit d’un texte destiné à lutter contre le greenwashing », précise Philippe Thomazo.

Ainsi, les labels ne peuvent être utilisés que s’ils reposent sur un système de certification vérifié par un organisme indépendant tel qu’Ecocert. Cette règle s’applique à tous les produits commercialisés sur le territoire européen, quelle que soit leur provenance. Elle permet de remettre au premier plan les labels les plus rigoureux, qui offrent de véritables garanties aux consommateurs. En France, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est chargée de faire respecter cette réglementation. Les entreprises qui ne s’y conforment pas s’exposent à des sanctions pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d’affaires.

Une deuxième réglementation européenne doit être transposée en droit français en septembre 2026 : le passeport numérique du produit. « Celui-ci permettra aux consommateurs d’accéder à l’ensemble des informations relatives à la sécurité du produit, à sa conformité, mais aussi à ses caractéristiques environnementales », explique le DG. Les consommateurs pourront consulter ces données en scannant un QR Code apposé sur les produits. Le dispositif concernera d’abord le secteur du textile avant d’être étendu à celui des détergents.

La labellisation 2.0

Face à l’évolution rapide des réglementations et à la complexification des données à collecter dans le cadre des certifications, Ecocert entend renforcer sa démarche d’innovation technologique. « En septembre 2026, nous déploierons une plateforme de sourcing de matières premières certifiées destinée aux industries de la cosmétique et du bien-être », annonce Philippe Thomazo. L’outil permettra aux clients du groupe gersois d’identifier les matières premières répondant aux critères de durabilité imposés par les pays dans lesquels les produits finis seront commercialisés.

Déjà opérationnelle, une autre plateforme permet à 70 % des clients d’Ecocert d’accéder à leurs certificats, qu’ils soient en cours de validation ou déjà délivrés. Elle leur permet également de suivre l’avancement des certifications de leurs fournisseurs. Le groupe prévoit de généraliser son utilisation à l’ensemble des entreprises qu’il accompagne dans les prochains mois.

L’organisme a également pris le virage de l’intelligence artificielle. « Nous sommes conscients que l’IA a un impact carbone important, mais elle se révèle particulièrement pertinente lorsqu’il s’agit de traiter de grands volumes de données. C’est pourquoi nous avons mis en place une charte encadrant son utilisation au sein de la société. »

150 M€ de CA en 2030

Dans la continuité de ces orientations stratégiques, le groupe vise une croissance annuelle de 5 % d’ici à 2030 et table sur un chiffre d’affaires de 150 M€ à l’horizon de la fin de la décennie. Cette année, Ecocert prévoit 150 recrutements, dont 59 en Occitanie, afin de poursuivre son développement et de renforcer son rayonnement national et international dans un contexte d’activité soutenue.

L’entreprise, qui ambitionne de devenir « le tiers de confiance de référence » pour les produits du quotidien, entend ainsi confirmer son engagement au service des consommateurs dans un monde confronté aux défis climatiques et environnementaux.