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140e année

Le microcrédit a le vent en poupe

Financement. Le 18 mai dernier se sont tenues à Toulouse les rencontres régionales du microcrédit.

80 000 personnes bénéficient, chaque année en France, d’un microcrédit pour un encours global de près d’1,5 Md€. Imaginé en 1976 par Muhammad Yunus, fondateur de la Gramin Bank au Bangladesh, le microcrédit consiste à prêter de petites sommes à des personnes « en marge ou exclus du système bancaire classique. Il permet d’assurer une meil­leure inclusion sociale de ces populations et un meilleur développement des territoires en favorisant le retour vers l’emploi et la création d’activité », détaille Stéphane Latouche, directeur régional de la Banque de France.

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Engagée depuis plusieurs années en faveur de l’inclusion bancaire, la Banque de France promeut activement le microcrédit, étant, avec Bpifrance, l’un des plus gros contributeurs de ce mode de financement. Elle organise ainsi depuis 2017 des rencontres régionales du microcrédit qui permettent de faire connaître le dispositif à un plus large public. Une nouvelle édition de ces rencontres régionales vient d’avoir lieu en Occitanie, associant les acteurs publics, bancaires et associatifs du secteur.
Ces prêts de 300 à 5 K€ en moyenne, proposés à des taux d’intérêt très bas sur des durées très longues, de 36 à 48 mois, sont en effet distribués essentiellement par les ban­ques mutualistes ou engagées dans l’économie sociale et solidaire et un réseau d’associations habilitées, l’Adie et Créa-Sol, ou encore les ré­seaux de financement de la création d’entreprise tels Initiative France, France Active et Réseau Entreprendre.
Dans la pratique, on distingue le microcrédit personnel, visant à favoriser l’insertion sociale ou professionnelle du demandeur, et qui « permet de financer l’achat d’un véhicule, d’une formation, d’un équipement de santé », et le microcrédit professionnel, en lien avec l’acquisition ou la création d’une entreprise. « Il sert à constituer la mise de départ nécessaire au lancement de son activité », résume Stéphane Latouche.
En Occitanie, chaque année, entre 5 000 et 8 000 personnes obtiennent ce type de financement, le micocrédit représentant en région un encours total de 100 à 150 M€. Elles bénéficient, en outre, d’un accompagnement de la part des structures habilitées, ce qui explique « un taux de pérennité des entreprises créées très élevé  », souligne Aude Ayroles, responsable du service des particuliers à la Banque de France.
Pour Stéphane Latouche, il est un autre motif de satisfaction :

« ces microcrédits ont un taux de défaut (de non-remboursement, NDLR) moitié moindre que celui des prêts classiques »

Hausse du nombre de microcrédits

Si 2020 a été, sur le plan de la distribution du microcrédit, « une année de basses eaux, 2021 repart très activement, avec le contexte sanitaire qui se stabilise », ajoute-t-il. Signe des temps, selon le directeur régional de la Banque de France, de plus en plus de personnes éloignées de l’emploi franchissent le pas et créent leur entreprise pour créer leur emploi. De fait, « malgré le contexte, ces personnes ont la volonté très forte de mener à bien leur projet de création d’activité », indiquait en mars dernier Christophe Nicaud, directeur de l’Adie Occitanie, à l’occasion de la signature d’une convention avec Pôle emploi. L’Adie est l’un des principaux acteurs du microcrédit en région : l’an dernier, l’association a accompagné financièrement plus de 1 000 personnes sur le volet création d’activité professionnelle et plus de 600 sur la partie mobilité personnelle (achat d’un véhicule, financement du permis de conduire ou formation).
Pour rappel, la Banque de France met à disposition des néoentrepreneurs une plateforme dédiée, www.mesquestionsdentrepreneur.fr,  sur laquelle ils peuvent trouver de nombreuses informations budgétaires, économiques et financières, et ainsi « s’initier à la gestion d’entreprise  », résume Stéphane Latouche. À noter aussi que la Banque de France décernera en 2021 un prix du microcrédit accompagné, d’une valeur de 5 K€ pour le microcrédit professionnel et de 2 K€ pour le microcrédit personnel.

Agnès Bergon