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Le suivi satellitaire des petits navires de pêche ouvre un nouveau marché pour CLS

Réglementation. L’extension du système européen de surveillance aux navires de pêche de moins de 12 mètres crée un besoin de plusieurs milliers d’équipements en France. Parmi les solutions homologuées figure celle développée par le groupe toulousain CLS, dont le déploiement sera assuré avec son partenaire Furuno France, implanté à Mérignac.

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D’ici 2028, les bateaux de moins de 12 m devront eux aussi s’équiper d’une balise VMS dans le cadre du contrôle des activités de pêche mis en place dans l’Union européenne. (©Pixabay)

La généralisation d’ici à 2028 du suivi satellitaire obligatoire à plus de 5 200 navires de pêche artisanale français ouvre un marché de plusieurs milliers d’équipements pour les entreprises spécialisées. Une opportunité dont espère bien tirer profit le groupe toulousain CLS. L’entreprise à mission développe différentes solutions technologiques notamment pour la gestion durable des pêches.

Pour mieux préserver les ressources halieutiques et contrôler les activités de pêche, l’Union européenne poursuit en effet le renforcement de sa Politique commune de la pêche. Celle-ci vise à concilier « durabilité environnementale, viabilité économique de la filière » et « sécurisation de l’approvisionnement alimentaire ».

Cette évolution intervient alors que les volumes pêchés par la flotte européenne poursuivent leur repli. Selon les dernières statistiques d’Eurostat, les captures de pêche dans l’Union européenne ont atteint 3,2 millions de tonnes en 2024, contre 4,6 millions en 2017, confirmant une baisse continue des volumes. Avec 474 600 tonnes débarquées, la France se classe au deuxième rang, derrière l’Espagne (664 500 tonnes) et devant le Danemark (467 600 tonnes).

L’un des principaux volets de cette évolution concerne la généralisation du système de surveillance des navires par satellite (VMS). Déjà obligatoire depuis le 1er janvier 2012 pour les navires de plus de 12 mètres, ce dispositif sera progressivement imposé aux unités de moins de 12 mètres conformément au calendrier fixé par l’arrêté du 24 février 2026.

5 200 navires à équiper d’ici 2028

D’ici au 1er janvier 2028, plus de 5 200 navires devront ainsi être équipés d’un système de géolocalisation transmettant régulièrement leur position, leur route et leur vitesse aux autorités de contrôle. Ces données permettent notamment de vérifier le respect des zones de pêche réglementées, de mieux corréler les captures avec l’activité réelle en mer et d’améliorer la gestion durable des ressources halieutiques. Sans cet équipement, les navires concernés ne pourront plus exercer leur activité.

Parmi les solutions homologuées figure la balise Rockfleet approuvée par les autorités début juin. Initialement développée par le britannique Ground Control, racheté en octobre 2025 par CLS, la solution est aujourd’hui commercialisée par le groupe toulousain.

Filiale du CNES et du groupe belge CNP, ce dernier est spécialisé dans les solutions de surveillance et d’observation de la Terre. Avec 1 200 collaborateurs et 220 M€ de chiffre d’affaires, l’entreprise toulousaine, qui pourrait prochainement passer sous pavillon canadien, accompagne depuis plus de 30 ans les politiques publiques de gestion durable des océans. Ses technologies sont aujourd’hui déployées dans plus de 60 pays pour la surveillance des activités maritimes et la protection des ressources halieutiques.

« La pêche artisanale fait partie intégrante de la culture de nombreux territoires littoraux et demeure au cœur de leur identité. Préserver les ressources marines dont elle dépend est une responsabilité collective. Les nouvelles technologies permettent aujourd’hui d’accompagner cette ambition en apportant une connaissance plus fine de l’activité en mer », souligne Hervé Galabert, directeur des activités de gestion durable des pêches chez CLS.

Un vaste chantier à mener en moins de deux ans

Pour assurer le déploiement de ces équipements sur l’ensemble du littoral français, CLS s’appuie sur son partenaire historique, Furuno France. Basée à Mérignac (Gironde), la filiale du groupe japonais Furuno est l’un des leaders mondiaux de l’électronique de navigation. L’entreprise commercialise notamment des sondeurs, sonars et systèmes électroniques destinés à la pêche professionnelle, à la marine marchande, à la plaisance et à la défense.

« Au-delà de la conformité réglementaire, ce projet constitue une avancée majeure vers une pêche plus intelligente et plus durable. Équiper plusieurs milliers de navires avec des technologies de suivi performantes transforme profondément le secteur », estime de son côté Pierrick Bernable, responsable commercial chez Furuno France.

Pour les deux entreprises, cette évolution réglementaire représente également un important chantier industriel et logistique. Il s’agit de fournir, d’installer et de mettre en service plusieurs milliers de systèmes de suivi sur l’ensemble du littoral français en moins de deux ans, tout en assurant la formation et l’accompagnement des professionnels.

Compte tenu du coût de ces équipements pour les plus petites unités, les propriétaires de navires de moins de 9 mètres opérant exclusivement à proximité des côtes pouvaient demander, jusqu’au 1er juillet, une dispense temporaire. En Occitanie, près de 230 bateaux en ont bénéficié. Cette dérogation restera valable jusqu’au 31 décembre 2029, mais ne remet pas en cause la généralisation progressive du suivi satellitaire de la flotte artisanale française.