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Le toulousain G. Clips veut lever jusqu’à 1 M€ pour accélérer la découverte de médicaments

Innovation. Depuis la pépinière Pierre Potier sur le site de l’Oncopole, G. Clips s’apprête à franchir un cap avec un premier tour de table de 700 K€ à 1 M€. La biotech, qui développe des méthodes pour accélérer la découverte de nouvelles molécules, vise 7 M€ de chiffre d’affaires d’ici 2030 et entend s’imposer sur les marchés européen et international.

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Fondée en 2020 par Rosie Dawaliby et Mehdi Chelbi, G. Clips a remporté le 10 avril dernier l’un des prix du concours Next Innov organisé par la Banque Populaire Occitane. (©Banque Populaire Occitanie)

Un Français sur quatre a déjà été affecté par une pénurie de médicaments cette année, selon un baromètre de France Assos Santé publié le 15 avril dernier. Dans le même temps, 25 millions de citoyens vivent aujourd’hui avec une maladie chronique selon le think tank Laboratoires d’idées santé autonomie, une situation qui nécessite un traitement médicamenteux régulier dans un contexte où le marché est en tension.

Spécialisée dans la découverte et dans le développement de nouvelles molécules, la start-up G. Clips a été fondée en juin 2020 par Rosie Dawaliby et Mehdi Chelbi. Forte d’un chiffre d’affaires de 300 K€, la jeune pousse installée au sein de la pépinière d’entreprises Pierre Potier implantée dans l’Oncopole, entend révolutionner les processus de recherche pour faire émerger de nouveaux médicaments.

Lauréat 2026 du prix Next Innov

Pour cela, elle se focalise sur les premières années de recherche, jugées décisives, pour augmenter la part de molécules étudiées puis mises sur le marché de 0,01 % actuellement, à 10 %. Une ambition qui lui a valu de remporter le 10 avril dernier, le deuxième prix du concours Next Innov 2026 organisé par la Banque Populaire Occitane qui récompense les start-up les plus prometteuses et innovantes du territoire. À la clé pour elle plus de visibilité et un coup de pouce financier de 2 000 €.

Grâce à un portefeuille clients qui comprend des laboratoires spécialisés en santé animale et humaine, sa PDG Rosie Dawaliby vise un chiffre d’affaires de 7 M€ à horizon 2030. Une stratégie de croissance qui doit permettre à l’entreprise de devenir un acteur mondial dans le domaine des biotechnologies. Pour atteindre cet objectif ambitieux, l’entreprise s’appuie sur l’expérience de son partenaire Mehdi Chelbi. Comme sa collègue, ce dernier a étudié les biotechnologies et la biologie, puis s’est spécialisé dans le développement commercial, en créant notamment la biotech strasbourgeoise Biper Therapeutics, peu avant le lancement de G. Clips.

Pour accélérer son développement, la biotech annonce d’ailleurs une levée de fonds de 700 K€ à 1 M€. La première de son histoire : « Ce tour de table doit notamment nous permettre d’investir dans du nouveau matériel et surtout de recruter une équipe commerciale », souligne sa PDG. Dans son viseur le marché national et européen, avant sur le long terme d’envisager d’ouvrir des bureaux en Amérique du Nord et en Asie.

Des médicaments aux effets mieux ciblés

« Du début des travaux en laboratoire jusqu’à la mise sur le marché d’un médicament, les recherches durent en moyenne 10 à 15 ans et coûtent de l’ordre de 40 M€ », explique la chercheuse diplômée de l’université Paul Sabatier et de plusieurs universités de renom dont Stanford. Pour réduire ces délais et abaisser les coûts, l’intéressée travaille avec son équipe d’une dizaine de collaborateurs sur des méthodes pour assurer l’efficacité des médicaments développés depuis des cellules instables particulièrement complexes à étudier.

« Notre travail consiste à s’assurer que les molécules testées n’agissent que sur une seule cible du corps comme le cœur, le foie, les reins. Ce ciblage permet d’éviter les effets secondaires et la perte de puissance des effets recherchés », détaille-t-elle. Un processus complexe et fastidieux qui nécessite plusieurs étapes que G. Clips revendique être la seule à maitriser dans sa totalité.

Un tour de table de 700 K€ à 1 M€

En plus du volet recherche, la pépite a développé un test type adapté aux normes du marché. Un service qui permet aux industriels d’accélérer la commercialisation de leurs produits. Ces derniers doivent en effet passer par la longue phase des essais cliniques pour prouver l’efficacité et l’innocuité de leurs médicaments. Autre étape clé celle du contrôle qualité à chaque fois qu’un lot de médicament est fabriqué. « Nous proposons à nos clients d’utiliser notre test pour valider ces étapes majeures. »

Créée sur fonds propres, la start-up a d’abord bénéficié du soutien de l’incubateur régional Nubbo en 2021, puis de celui du fond d’amorçage Créalia, de Bpifrance et d’Ad’Occ, l’agence de développement économique de la Région, lors du lancement de sa stratégie à l’export. « G. Clips est un vrai produit made in Occitanie », se félicite l’entrepreneuse. Preuve de l’intérêt de ses travaux, l’entreprise a également le soutien des laboratoires du CNRS qui ont mis à sa disposition du matériel scientifique.