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140e année

Legnovini, deux créateurs unis par l’amour du bois

Artisanat. Poussés par une irrésistible envie d’entreprendre, une passion pour le bois, un amour du travail bien fait et la volonté de défendre le made in Occitanie, Lucas Pedron et Nicolas Mamès ont créé à L’Honor de Cos en Tarn-et-Garonne, Legnovini, un atelier d’ébénisterie pas comme les autres où bois et QR code se rejoignent.

Nicolas Mamès et Lucas Pedron, fondateurs de Legnovini. DR

« On se voit bien traîner nos valises dans les avenues de New York… Qui aurait dit que deux petits gars vendant des planches à découper et venant du Tarn-et-Garonne seraient référencés dans les plus grandes enseignes américaines ? », s’amuse Lucas Pedron. L’histoire des fondateurs de Legnovini installés à L’Honor de Cos a commencé en 1991. Originaires du même village d’Albias dans le Tarn-et-Garonne, ils sont nés à la clinique du Pont de Chaume (Montauban) à trois jours d’intervalle. Leurs destins étaient scellés.

Lucas Pedron a poursuivi ses études dans le bâtiment et Nicolas Mamès a choisi une voie commerciale. Lucas Pedron, très vite touché par le virus du voyage, est parti travailler comme guide touristique sur l’île de la Réunion. C’est là que l’idée du porte-bouteilles en bois a germé : une poignée en bois et un astucieux système de collerette en caoutchouc viennent se fixer sur le goulot. On peut donc servir le vin sans même toucher le contenant.

Première création et produit phare breveté à l’INPI

« On a toujours aimé travailler le bois et innover autour de cette matière. Nous sommes des autodidactes, on a commencé à travailler dans notre garage avec une scie sauteuse », se souvient Lucas Pedron. Le duo a déposé un brevet à l’Inpi pour ce porte-bouteilles. Le concours Lépine, Nicolas Mamès y pense mais manque de temps pour s’y plonger. Curieux, audacieux, les deux créateurs se sont formés dans des Fablab et ont créé leur entreprise en septembre2018. « Très vite, on a choisi de se diversifier, d’investir dans des machines à gravure laser, de développer une gamme de mobilier, des enseignes pour le commerce. Nous personnalisons tout type d’objet. »

Les planches à découper de Legnovini font un tabac outre-Atlantique. DR

Legnovini conçoit des agencements sur-mesure. Ses clients sont des professionnels à hauteur de 60 %, des restaurateurs tels que le Café des Ministères dans le 7e arrondissement de Paris où Nicolas Mamès et Lucas Pedron ont conçu les casiers pour le vin, derrière le bar. « Nous ne sommes ni des designers ni des ébénistes : nous avons simplement réuni nos compétences. Les clients nous jugent sur nos travaux ».

L’appel du large, Outre-Atlantique

Legnovini vient de signer un contrat avec un grossiste américain spécialisé dans les arts de la table, il a passé commande de 500 planches à découper. « Nous sommes référencés au Food 52 à New-York. On nous présente là-bas comme les petits Frenchies, des amis d’enfance qui adorent le bois. On espère que ça va ouvrir d’autres portes à l’international », s’enthousiasme Lucas Pedron. Les deux jeunes entrepreneurs utilisent le bois de la façon la plus minimaliste possible, c’est ce qui a séduit les Américains. « On garde le côté industriel, à l’état brut. » Les créateurs attachent ainsi beaucoup d’importance à la qualité du bois : il doit être exclusivement français, acheté en circuit court. « C’est un argument de vente, le noyer provient par exemple du Lot, le chêne et l’acacia du Lot-et-Garonne, on recherche des fournisseurs confidentiels. »

Le zéro déchet fait aussi partie des fondamentaux de l’entreprise. Les copeaux de bois sont recyclés dans les poulaillers, chez les apiculteurs ou achetés par les particuliers pour des toilettes sèches. Du design à la vente, les journées du duo de créateurs sont bien remplies mais ils trouvent encore le temps d’innover. « On allie le travail ancestral du bois aux nouvelles technologies. Des QR code gravés sur le bois permettent aux restaurateurs de créer leurs menus. On vient de sortir des cartes de visite avec un QR code pour accéder à un catalogue, on y croit beaucoup. » Il leur reste encore de belles histoires à écrire et à inventer autour du bois et de la table. Vous rencontrerez ces deux entrepreneurs sur la route des Métiers d’Art d’Occitanie, pour laquelle ils viennent d’être référencés. « Dès que possible, on fera visiter l’atelier », promet Lucas Pedron.

Dorisse Pradal