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140e année

Les bonnes vibrations de la Maison Necty à Auvillar

Agroalimentaire. Valérie et Jean-Pierre Sarraut sont des apiculteurs « happy », installés dans le Tarn-et- Garonne, dans un des plus beaux villages de France, à Auvillar. Néo-agriculteurs, ils ont commencé leur saison en apiculture en 2018, une reconversion réussie. Le couple veille sur ses 350 ruches et a développé un système innovant de distributeur automatique de miel pour booster les ventes.

Jean-Pierre et Valérie Sarraut.

Necty est la marque déposée par Valérie et Jean-Pierre Sarraut. « C’est l’évocation du nectar de fleurs », explique l’exploitante agricole. En 2017, Valérie Sarraut s’occupait de la gestion d’un gîte, (NDLR : à Le Pin dans le Tarn-et-Garonne, gîte pouvant accueillir 10 personnes). Jean-Pierre Sarraut était responsable des ventes dans un magasin spécialisé en matériel agricole. Passionné depuis toujours par les abeilles, il fait le choix d’une rupture conventionnelle pour se lancer.

« Je me suis formé pendant 18 mois au rucherécole de Montauban, Api 82, explique-t-il. Avec mon épouse, on a investi près de 85 K€, dans du matériel, grâce à un prêt personnel. » Ils ne sont pas jeunes agriculteurs et n’ont pas bénéficié de prêt de la Chambre d’agriculture. « Peu importe, on s’est lancé, rien ne pouvait nous arrêter », ajoute Jean-Pierre Sarraut. Pour entrer dans la catégorie des agriculteurs professionnels, il faut au moins 250 ruches, ils en ont aujourd’hui 350.

Devenir entrepreneur et trouver des lieux où butiner

« Mon époux m’a transmis sa passion », souligne Valérie Sarraut qui s’est laissée happer par le monde des abeilles : « je me suis formée à l’apiculture, on travaille en pleine nature dans un grand bureau ensoleillé. » Les débuts n’ont toutefois pas été simples, le couple manquant de matériel et n’étant pas équipé pour effectuer la transhumance des abeilles. Celles-ci doivent, en effet, être déplacées au gré des floraisons. Valérie et Jean-Pierre Sarraut ont choisi de les faire butiner dans le parc régional du Quercy et dans le Lot-et-Garonne, à Mezens.

Il est d’ailleurs facile de trouver des parcelles où installer les ruches : les agriculteurs sont en demande. « Il faut savoir qu’une parcelle pollinisée augmente le rendement de 20 %, explique Jean-Pierre Sarraut. Il faut compter trois ruches à l’hectare, pour nous, c’est une source non négligeable de revenus. » Cette année n’aura pas été exceptionnelle en raison des gelées tardives. Un manque-à-gagner de 15 % sur la pollinisation auquel il faut ajouter les dégâts subis sur les parcelles d’acacia en raison du gel. Or, l’acacia est un miel qui se vend plus cher que les autres, il représente en moyenne 40 % du CA.

Savoir se diversifier avec la vente sans contact

« Le plus difficile est de gérer l’entreprise et de s’occuper des abeilles concède Jean-Pierre Sarraut. On travaille en moyenne 13 heures par jour. » Miel, pain d’épices, cire d’abeille entrant dans la composition des produits ménagers, l’entreprise tourne à plein régime… Les apiculteurs ont choisi de sous-traiter, en quelque sorte. Fréderic Este, artisan boulanger à Valence d’Agen, fabrique les pains d’épices. La Soif du Temps à Sainte-Foy-d’Aigrefeuille prépare l’hydromel de Necty. Il y a quelques mois, le couple a mis en place des distributeurs automatiques à Auvillar et à Saint-Aignan, pour un investissement global qui atteint 105 K€, financés à 40 % par la Région Occitanie. Ils ne représentent que 10 % des ventes pour l’instant mais l’intérêt des consommateurs est certain.

« En septembre, nous lançons l’e-shop. Nous serons prêts à vendre en ligne. »

À Auvillar, en juillet, ils ont ouvert une boutique sur leur lieu de production et réservé une partie du local à la visite de la Miellerie. « La crise sanitaire nous a permis de réfléchir, ajoute Valéri Sarraut. On veut expliquer notre métier. » Les apiculteurs vont créer des gîtes dédiés au monde de l’abeille et des formations sur un rucher. Ils prévoient également de mettre en place des séances d’apithérapie, les vibrations des abeilles apportant un réel bien-être. Avec un chiffre d’affaires moyen de 95 K € et 40 % de plus attendus cette année, la saison 2021-2022 s’annonce bien. « En septembre, nous lançons l’e-shop. Nous serons prêts à vendre en ligne. »

Dorisse Pradal