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Les Halles de la Cartoucherie se préparent à l’ouverture

Réhabilitation. Alors que le site est encore en travaux, l’ensemble des acteurs s’active pour en faire l’une des adresses les plus animées de la Ville rose. Restauration, sport, culture, coworking, ce tiers lieu hybride devrait accueillir un million de visiteurs à l’année.

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Photo des Halles de la Cartoucherie
Pour célébrer l’ouverture des Halles de la Cartoucherie, un grand week-end festif est prévu les 8, 9 et 10 septembre. Ici une vue d’architecte de l’intérieur de la halle principale. (Crédit : CHLOE BODART-CONSTRUIRE_OECO-ARCHITECTES)

Retenez bien la date du 8 septembre prochain. Outre le coup d’envoi de la Coupe du monde de rugby, à Toulouse débutera la grande fête d’ouverture des Halles de la Cartoucherie, des festivités censées durer trois jours.

Ce tiers lieu hybride regroupant des espaces de coworking, des salles de sport, des espaces culturels et un immense food court, en chantier depuis quelques mois, est l’aboutissement d’un des programmes urbains parmi les plus structurants de la Ville rose.

Un projet lancé en 2017 par la mairie de Toulouse pour animer ce quartier émergent de la rive gauche de la Garonne.

Aujourd’hui, il faut encore une bonne dose d’imagination pour voir le potentiel que représente cette énorme friche industrielle où, jusqu’au début des années 2000, après avoir abrité pendant des siècles la fabrication de pièces d’armement, avait pris place une activité de production de boîtiers électroniques et de câbles pour le char Leclerc.

Depuis 2005, les deux bâtiments restants attendaient une renaissance. Ce sera donc bientôt chose faite, avec ce projet porté par Cosmopolis, un collectif d’entrepreneurs du sport, de la restauration, de la culture, de l’immobilier et de l’économie sociale et solidaire, lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la mairie de Toulouse il y a six ans.

Depuis, grâce au soutien des collectivités, Toulouse Métropole et la Région Occitanie, le projet s’est structuré et des financements ont été trouvés auprès de la Caisse des dépôts et d’un pool de banques dont le Crédit coopératif, les Caisses d’Épargne Midi-Pyrénées et Nouvelle-Aquitaine, la Banque Postale et le Crédit Mutuel Arkéa, permettant le rachat du site auprès d’Oppidea, et le lancement de ce gigantesque chantier de réhabilitation qui couvre 13 500m2 de surface et inclut la construction d’une nouvelle salle de spectacle.

Mené depuis septembre 2021 par le promoteur Redman, avec l’appui de deux agences d’architecte, Compagnie Architecture et Oeco Architectes, le projet fait travailler quelque 45 entreprises.

Cette réhabilitation, labellisée No Watt par la Région Occitanie, qui a apporté un soutien de 1,8 M€, entend notamment favoriser l’insertion (19 000 heures ont été effectuées sur le chantier depuis son démarrage), le réemploi et les matériaux biosourcés, notamment le bois, issu de forêts françaises.

Un lieu de vie

En septembre, on pourra donc venir à la fois : travailler dans les espaces de coworking et de corpoworking (166 postes de travail seront créés) ; se restaurer (26 restaurateurs et commerçants officieront en même temps qu’une épicerie solidaire, des bars et une école de cuisine écoresponsable du réseau La Source) ; pratiquer un sport, avec des structures dédiées à l’escalade, au squash, au fitness, à la danse (Break’in School) et aux arts du cirque (Korokoro, proposée par le Lido et la Grainerie) ; ou encore se cultiver : une librairie, L’autre Rive, petite soeur de celle ouverte avenue Étienne Billières à Toulouse, devrait prendre place dans la Halle en attendant l’ouverture en février 2024 de la salle de spectacle qui offrira 500 places assises ou 800 debout.

Aujourd’hui, le projet est structuré autour de la foncière Lotjas détenue à hauteur de 40 % par la Caisse des dépôts et de 60% par la SAS du Tiers Lieu qui regroupe six entités : l’opérateur immobilier De Watou ; Bellevilles, une foncière responsable ; l’association sportive à but non lucratif UCPA ; The Roof Toulouse, réseau solidaire de maisons d’escalade ; Pour la route, créé par Gilles Jumaire, fondateur de Bleu Citron, qui accompagne des projets culturels et musicaux ; et TMCO, une structure fondée par Thierry Monassier d’accompagnement des professionnels de la restauration.

  • Photo de la façade des Halles de la Cartoucherie
    À trois mois de l’ouverture, la façade des Halles de la Cartoucherie est encore recouverte d’échafaudages. (Crédit : GAZETTE DU MIDI)
  • Photo de la trouée verte au cœur du bâtiment
    Une trouée verte a été aménagée au coeur du bâtiment pour connecter les activités de restauration et sportives. (Crédit : GAZETTE DU MIDI)
  • Photo de la rue centrale du bâtiment principal
    Le bâtiment principal fait 190 m long et 45 m de large. Une « rue » centrale desservira les restaurants et commerces, de part et d’autre. (Crédit : GAZETTE DU MIDI)

À l’ouverture en septembre, ce sont au total plus de 42 M€ qui auront été investis dans le projet, dont 32 M€ sur la partie immobilière (dont près de 20 M€ de travaux) et 10 à 11 M€ pour la partie exploitation.

La Scic Cosmopolis assurera, elle, l’exploitation et l’animation du site. Le chiffre d’affaires attendu sur la seule partie food court devrait approcher les 15 M€ en année pleine. À terme, ce sont 260 emplois qui devraient être créés pour l’ensemble des Halles et près de 350 emplois indirects dans les filières agricole et culturelle.

Pour fluidifier le travail de cette multiplicité d’usagers, un service de conciergerie sera assuré par la Scic Allo Bernard. Il concernera les activités de plonge, de logistique, de nettoyage et de gestion des déchets.

Une action en direction des publics en difficulté sera menée pour pourvoir ces postes. Un forum de l’emploi est programmé le 5 juin. Une soixantaine de postes sont ouverts.