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141e année

Les noisettes, les trésors de la famille Descazeaux

Agriculture. Une exploitation qualifiée HVE, un véritable investissement sur le terrain et au sein de la coopérative Unicoque… Thierry Descazeaux et son fils Paul sont passés à la vitesse supérieure. Le Tarn-et-Garonne est le numéro 2 de la noisette en France avec 50 exploitants et 30 nouveaux producteurs viennent de s’installer : la noisette a de l’avenir.

Thierry et Paul Descazeaux, à la tête d’une exploitation certifiée HVE. DR

« Lorsque je préparais mon brevet de technicien agricole, explique Thierry Descazeaux, j’ai retenu la phrase de mon professeur d’économie : subvention égale pièges à c… À partir de là, je me suis promis de mettre en place une culture qui vivrait de son économie ». Installé en 1991, il a vu juste en plantant des noisetiers sur 15 ha, sachant qu’il faut attendre cinq ans pour commencer les récoltes. Pour Thierry Descazeaux, la noisette est une filière d’avenir, le marché des fruits secs croît de 4 % par an. L’Europe en consomme 250000 tonnes mais n’en produit que 100 000.

Le premier pays producteur mondial est la Turquie avec 750000 tonnes sur 1 million. C’est elle qui décide des prix en détenant 75% des parts de marché. Thierry Descazeaux con naît bien la noisette, il est le président d’Unicoque, la coopérative lot-et-garonnaise de fruits à coque. Elle est active sur 71 départements français. « On se différencie des Turcs en produisant des noisettes sous certification HVE et on affiche le made in France avec notre marque Koki. » 95 % de la production française est livrée directement à Unicoque. 80% du marché de la noisette est destiné à l’industrie agroalimentaire (gâteaux, pâte à tartiner…) ou aux fabricants de produits cosmétiques.

Imaginez la joie de la coopérative, en mai dernier lorsqu’elle a signé un contrat avec l’entreprise Ferrero dont l’usine française est basée à Villers-Ecalles en Normandie. L’objectif est de fournir 60% des besoins de la filiale du géant italien. Autre marché prometteur pour la coopérative, celui des petits sachets de 250 grammes vendus en grande surface.

La relève est assurée

Le changement climatique a incité Thierry Descazeaux à obtenir le label HVE il y a trois ans, à mieux gérer ses ressources en eau en connectant son exploitation, en enterrant le goutte-à-goutte au pied des noisetiers lui permettant d’économiser 30% d’eau. Il utilise les produits phytosanitaires à bon escient et s’engage à respecter la biodiversité. « La plus grande fierté d’un agriculteur est de transmettre sa passion et son savoir », sourit Thierry Descazeaux. Pari réussi avec l’arrivée de son fils Paul en mars dernier, titulaire d’un BTS ACSE (analyse, con - duite et stratégie de l’entreprise agricole).

« Nous avons créé le Gaec Descazeaux, père et fils, c’est la cinquième génération qui arrive au bon moment. » Entrepreneur dans l’âme, son projet est de continuer à planter des noisetiers pour atteindre 135 ha. Autre fierté pour Thierry Descazeaux : pouvoir intégrer dans son entreprise, Romain, 28 ans, ancien chauffeur routier en reconversion professionnelle. Il prépare un BP REA, brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole.

« Je mets les manettes à fond, se réjouit l’exploitant. Avec toute cette effervescence, on est à nouveau dans les projets ». Thierry Descazeaux vous dira sur un sourire qu’il est né au milieu des vaches. Il continue d’ailleurs à veiller sur ses 11 blondes d’Aquitaine et à cultiver 60 hectares de céréales. 350 K€, c’est le montant du chiffre d’affaires de l’exploitation, la noisette y contribue à 80%.

Dorisse Pradal