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140e année

Les robots de Lumynight font le show

Événementiel. La start-up, qui compte une dizaine de robots à son actif, planche sur de nouvelles technologies pour étayer son offre.

Les cyborgs de Lumynight ont participé à un lancement pour Porsche.
Les cyborgs de Lumynight ont participé à un lancement pour Porsche. dr

Les robots sont nos amis… Vous n’en êtes pas parfaitement convaincus ? Parlez-en au président de la CPME 31 qui en a côtoyé deux de près, lors de la garden-party de l’organisation patronale, le 5 juillet au Mas Tolosa. Effet waouh garanti ! Pour être clair, les robots géants au look de Transformers n’en étaient pas vraiment mais des animateurs costumés. Une illusion parfaite due à la jeune pousse Lumynight, spécialisée dans les animations futuristes, fondée fin 2019 par Sébastien Touron. Un fou de techno ? Pas vraiment, plutôt un pro du spectacle et de l’événementiel. Pas manuel pour un sou, ce commercial de formation a pour le coup, en trois ans, tout appris du métier de costumier.

« À travers mon métier de commercial, je participais à beaucoup d’événements ou de cocktails pour accroître mon réseau, explique Sébastien Touron, fondateur de Lumynight. Des soirées avec des animations, des musiciens, etc., auxquelles participaient aussi beaucoup d’ingénieurs, des gens de l’aéronautique. C’est là que m’est venue l’idée de fabriquer un robot. Mais sachant que je n’avais pas les moyens d’un vrai robot, il s’agissait de créer un costume robotique et de monter une animation pour surprendre tout le monde ! »

De fait, le parcours pro de Sébastien Touron a fait quelques détours entre le domaine artistique et l’activité commerciale. Avant d’arriver à Toulouse, ce basque d’origine a travaillé pendant plus de sept ans sur la Côte d’Azur, au sein d’une troupe de danse, comme artiste chorégraphique. « J’intégrais des spectacles de danse, tout type de danse confondu, se souvient-il, et j’ai voyagé partout en France, à travers ces spectacles itinérants. » La trentaine venue, l’homme rêve d’une vie un peu plus calme et s’installe à Toulouse où il reprend des fonctions de commercial. « Mais au bout de cinq ans, j’ai eu envie de retrouver l’univers artistique. En réfléchissant sur mon passé, je me suis aperçu que ce que je préférais, dans mon activité précédente, c’étaient les costumes. En même temps, à travers mon métier de commercial, je participais à beaucoup d’événements ou de cocktails pour accroître mon réseau. Des soirées avec des animations, des musiciens, etc., auxquelles participaient aussi beaucoup d’ingénieurs, des gens de l’aéronautique. C’est là que m’est venue l’idée de fabriquer un robot. Mais sachant que je n’avais pas les moyens d’un vrai robot, il s’agissait de créer un costume robotique et de monter une animation pour surprendre tout le monde ! »
En 2016, il bâtit ses premiers patrons – « comme le ferait une couturière » –, trouve les bons matériaux pour faire ses tests. « Il m’a fallu trois ans, faire plusieurs essais et trouver la bonne matière que je puisse couper, sculpter, coller, peindre, pour lui donner les formes que je voulais. J’ai fait cela tout seul, en autodidacte ! »

Une visibilité à l’international

Sébastien Touron lance ses premières animations il y a cinq ans, sous forme associative, en parallèle de son activité professionnelle. « L’idée, c’était vraiment de vivre ça comme une passion, de retrouver le côté artistique et créatif qui me manquait », ajoute-t-il. Les revenus tirés de ces prestations sont réinvestis dans la création de nouveaux costumes. En 2019, le dirigeant franchit un nouveau cap en obtenant une rupture conventionnelle et en fondant sa société, Lumynight. Ses robots, qui séduisent très rapidement, font le show lors d’un lancement pour Porsche, et participent au salon international des inventions à Genève, bénéficiant ainsi d’une belle « visibilité à l’international ».

La start-up travaille à 90 % pour une clientèle professionnelle.
La start-up travaille à 90 % pour une clientèle professionnelle. dr

La start-up, installée à Aurevile, fait travailler aujourd’hui six animateurs sous le statut d’intermittent du spectacle ou d’autoentrepreneur, compte une dizaine de robots et autres cyborgs high-tech, dotés de multiples accessoires (micros, lumières, alarmes, fumigènes, etc.), dédiés chacun à un univers particulier. De fait, l’entreprise cible les événements privés (mariages) mais surtout le marché des professionnels qui représente au­jourd’hui 90 % de son activité : des concessions automobiles pour le lancement de nouveaux modèles, les événements d’entreprises les centres commerciaux, les foires et salons ou encore les collectivités à l’occasion de festivités ou d’animations de rues.
La pandémie de Covid-19 a un peu entravé le développement très prometteur de la jeune pousse. « Jusqu’en mars, nous avons travaillé correctement, nous avions établi des devis pour des animations en Allemagne, pour un salon dédié à l’industrie chimique, et en Chine, prévu une tournée dans les DOM-TOM et eu des contacts avec Dubaï… » Ce bon démarrage a permis à au patron de Lumynight de bénéficier des dispositifs de soutien mis en place par
l’État. « Ces aides m’ont permis de ne pas fermer ma boîte », reconnaît-il. Au fil de l’année, il a vécu au rythme des déconfinements et reconfinements successifs. «  À chaque fois que l’horizon se rouvrait, les agences d’événementiel recommençaient à appeler », se souvient-il. 
Sébastien Touron met à profit ce temps d’inactivité pour créer quatre nouveaux robots, lorsqu’il lui faut habituellement une année pour en fabriquer un. « Je n’ai pas perdu mon temps, sourit-il. J’ai été hyper productif sur ce plan-là ! »

« Nous n’avons rien inventé, relève Sébastien Touron. L’idée est d’apporter cette technologie dans les lieux d’événementiel et en itinérance, pour le lancement de produits notamment puisqu’on peut inclure le logo d’une marque et faire du show laser un outil marketing. »

Lasers et hologrammes

Si le dirigeant de Lumynight n’a aucun doute sur « la pérennité de la société et la qualité du travail d’animation », la montée du variant Delta nourrit cependant à nouveau ses « angoisses ». Malgré tout, il planche sur de nouvelles animations, pour étayer son offre. Notamment un spectacle de manipulations lasers qui devrait être commercialisé d’ici la fin de l’année. 
« Nous n’avons rien inventé. L’idée est d’apporter cette technologie dans les lieux d’événementiel et en itinérance, pour le lancement de produits notamment puisqu’on peut inclure le logo d’une marque et faire du show laser un outil marketing. » Il espère amener ce nouveau produit à Dubaï ou Monaco, « dans des lieux de prestige, car derrière ces spectacles, il y a une stratégie commerciale. L’enjeu est de pérenniser ma société », affirme-t-il.
Sébastien Touron veut, de la même manière, « démocratiser » la technologie des hologrammes en proposant dès l’an prochain des dispositifs holographiques dans ses animations. Pour autant, assure-t-il, « l’objectif n’est pas de développer ces technologies à grande échelle. Avant tout, c’est le spectacle qui me fait vibrer. Car au-delà de l’aspect très visuel de nos robots, pour l’animateur qui est à l’intérieur, il y a tout un travail de comédien pour leur donner vie et interagir avec le public. »
Les prochaines apparitions des robots de Lumynight sont prévues au salon de l’auto de Montpellier et à la foire internationale de Caen.

Agnès Bergon