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Loft Orbital rejoint un programme spatial émirati à 1 Md$ pour créer une infrastructure d’IA en orbite

Spatial. L’entreprise franco-américaine qui compte une centaine de salariés à Toulouse, rejoint un programme d’1 Md$ visant à construire une constellation de 50 satellites capables de traiter les données directement en orbite grâce à l’IA embarquée. Un projet porté par la société émiratie Marlan Space qui associe également le géant français Mistral.

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C’est d’une usine située à Abou Dhabi que sortiront les 50 satellites de la future constellation Altair dédiée à l’observation de la Terre. (©Orbitworks)

Toulouse confirme une fois de plus son statut de capitale européenne du spatial. Vendredi, la Gazette du Midi annonçait le méga contrat remporté par Thales Alenia Space lors du sommet international de l’espace organisé du 9 au 10 septembre au Grand Palais à Paris. D’un montant de 3 Md€, cet accord signé avec Eutelsat porte sur la fourniture de charges utiles gouvernementales pour 330 satellites du programme européen de constellation satellitaire de connectivité sécurisée Iris2.

Autre grand gagnant de cet événement qui réunissait les principaux acteurs internationaux du secteur, Loft Orbital (70,1 M€ de CA en 2025) qui annonce sa participation à un programme d’1 Md$ visant à construire la plus grande infrastructure satellitaire mondiale dédiée à l’intelligence artificielle. Un projet porté par Marlan Space, un investisseur-opérateur basé aux Émirats arabes unis, spécialisé dans la création et le développement d’entreprises et de technologies liées à l’économie spatiale, filiale d’IHC, un fonds d’investissement émirati capitalisé à hauteur de 197 Md€ et doté de plus de 1 300 filiales.

La première plateforme cloud d’IA en orbite

Basée dans la Ville rose et à San Francisco, Loft Orbital a été fondée en 2017 par Antoine de Chassy, Pierre-Damien Vaujour et Alex Greenberg. L’entreprise, qui emploie plus de 300 collaborateurs, dont plus d’une centaine à Toulouse, s’est donné pour ambition de démocratiser l’accès à l’espace grâce à une infrastructure satellitaire modulaire et prête à l’emploi, couplée à une offre logicielle inspirée des modèles du cloud computing. En proposant ces plateformes standardisées et une interface modulaire, les clients, institutionnels, comme privés, peuvent déployer leurs applications sans se soucier de la gestion de l’infrastructure.

Si Loft Orbital a été choisie pour intégrer ce programme spatial ambitieux, ce n’est pas un hasard. En 2024, la société avait en effet signé un partenariat stratégique avec Marlan Space. De cet accord, était né la joint-venture Orbitworks, premier intégrateur de satellites commerciaux du Moyen-Orient. C’est d’ailleurs dans l’usine de 5 000 m² de cette co-entreprise construite depuis à Abou Dhabi que sortiront les 50 satellites de la future constellation Altair dédiée à l’observation de la Terre, dont une dizaine sont déjà en cours de production.

Outre l’objectif évident de souveraineté technologique pour les Émirats qui deviendraient désormais producteurs et fournisseurs mondiaux d’infrastructures et de services spatiaux, ce programme porte en lui un enjeu encore plus important. À savoir, créer une plateforme cloud d’intelligence artificielle en orbite, alimentée par une flotte de satellites.

Des observations en quasi temps réel

En effet, équipés de radars et autres capteurs dont les capteurs optiques de l’américain BlackSky, ses satellites seront capables d’analyser les données directement en orbite grâce à l’IA du français Mistral, lequel a annoncé le 8 septembre dernier une levée de fonds record de 3 Md€. Objectif ? Vendre des services d’observation et d’analyse en quasi temps réel à des gouvernements et à des clients commerciaux.

« Contrairement aux systèmes conventionnels, qui fournissent des images plusieurs heures après leur téléchargement et leur traitement au sol, ces satellites analyseront ce qu’ils observent directement en orbite et transmettront les résultats en quelques secondes », explique Loft Orbital dans un récent communiqué.

Un gain de temps et d’argent

Concrètement, grâce à cette IA embarquée, le satellite peut effectuer une première analyse lui-même, un véritable gain de temps et d’argent. Car envoyer des données, en quantité souvent considérable, vers la Terre est en effet coûteux et parfois impossible immédiatement.

Plusieurs applications sont visées : la surveillance des espaces maritimes, la détection des incendies de forêt et la réponse aux catastrophes, ainsi que la sécurité des ports et des infrastructures critiques. Avec à la clé des débouchés commerciaux très intéressants pour les fournisseurs d’applications spatiales (et leurs clients) qui alimenteront les services proposés dans la boutique d’applications d’IA, sur le même principe que l’AppStore.

Le PDG de Loft Orbital, Pierre-Damien Vaujour, se dit très enthousiaste à l’idée de rejoindre cet ambitieux programme : « Avec cette constellation, nous offrons à nos partenaires qui développent des flux de travail d’IA agentique dans l’espace une véritable infrastructure satellitaire de classe mondiale ».

En attendant de pouvoir déployer dans l’espace ces solutions d’IA très innovantes, le lancement du premier de ces satellites est annoncé pour octobre.