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140e année

Logements neufs : le marché proche de la pénurie

Immobilier. Les professionnels alertent sur les conséquences délétères de l’insuffisance de la production de logements dans l’aire urbaine toulousaine.

Avec 3 793 biens à la vente dans l’aire urbaine, le stock de logements neufs a atteint, à la fin du troisième trimestre 2021, un niveau historiquement bas. Une situation qui ne cesse d’inquiéter les acteurs de l’immobilier dont Jean-Philippe Jarno, le président de l’Observer de l’immobilier toulousain, qui, trimestres après trimestres, n’en finit pas d’égrener les mauvaises nouvelles. Pour le professionnel, « le marché frôle la pénurie. Il faut remonter à 2010 pour trouver une telle situation ». L’offre commerciale au troisième trimestre 2021 s’affiche ainsi en recul de 23 % par rapport à la même période de 2020 et de 39% par rapport à celle de 2019.

Les mises en ventes, en chute libre depuis deux ans, s’élèvent, sur les trois premiers trimestres de l’année, à 3189 logements, soit 42% de moins qu’en 2019, un niveau là aussi jamais atteint depuis 2009. Près de 1500 logements ont ainsi été mis en vente au premier trimestre 2021, 900 au deuxième et 700 seulement au troisième… Avec 3933 logements neufs vendus au cours des neuf premiers mois de l’année, les ventes au détail reculent, elles aussi, faute de biens, de l’ordre de 26% par rapport à la même période de 2019. Ainsi, si le niveau des ventes s’est maintenu au premier et deuxième trimestres, autour de 1400, au troisième trimestre, il a carrément dégringolé avec tout juste un millier de ventes enregistrées.

Une nécessité de relancer la machine

« La machine est quasiment cassée », se désole Jean-Philippe Jarno avant d’ajouter : « il y aura des dégâts ». De fait, la métropole toulousaine connaît depuis 2019 « un cycle bas préoccupant » causé par « une rareté foncière, un ralentissement du nombre des projets » et renforcé depuis la crise sanitaire par « les confinements, la période électorale, et un nombre de ventes en bloc très important », ces derniers mois. Le mouvement baissier, qui se confirme ainsi de trimestre en trimestre, n’est pas propre à Toulouse. Pour autant, rien ne se passe, ou si peu, du côté de l’Etat pour débloquer la situation.

À l’échelle nationale, les professionnels attendent, en effet, toujours les mesures qui pourraient relancer la machine. « La reprise ne sera pas possible sans l’appui des pouvoirs publics pour redonner au logement neuf toute sa place, déclarait le 18 novembre Pascal Boulanger, président de la FPI France. La Commission Rebsamen est un premier pas dans la bonne direction, mais beaucoup reste à faire pour relancer une industrie qui, entièrement domestique, n’a pas besoin de “relocalisation” ! ».

À l’échelon local, après l’annulation par le tribunal administratif du Plan local d’urbanisme intercommunal - habitat (PLUiH), la Métropole toulousaine a voté, le 14 octobre, un pacte métropolitain pour l’habitat, dans l’attente de l’élaboration du nouveau PLUi-H. Ce pacte reprend peu ou prou les objectifs fixés précédemment par ce dernier en matière de construction de logements, soit 7 000 logements par an à l’échelle métropolitaine et le taux de 35% minimum de logements locatifs sociaux. En attendant, la pénurie de logements qui se profile a des incidences très concrètes sur les prix : 4016 €/m2 dans l’aire urbaine, soit 2,7% de plus que sur les trois premiers mois de 2020 et 4,6 % de plus qu’en 2019.

Agnès Bergon