Informations régionales économiques et juridiques
140e année

MerciYanis simplifie la gestion de l’environnement de travail post-Covid

Innovation. Installée au cœur de l’IoT Valley, la start-up, qui développe une solution de facility management, vient de lever 1 M€.

Si elle a mis un temps sur le carreau une partie de l’économie mondiale, la pandémie de Covid-19 a aussi fait émerger de nouveaux besoins, des opportunités dont certains ont su se saisir. C’est le cas de MerciYanis, fondée en 2019 à Toulouse par des ingénieurs en informatique, originaires de Rodez, fraîchement diplômés. « Nous travaillions sur un premier projet autour de capteurs. Dans ce cadre, nous avons rencontré les responsables de l’IoT Valley à Labège. C’est là que nous nous sommes rendu compte que nous allions droit dans le mur ! Mais cela nous a aussi permis de comprendre que ce qui nous plaisait, c’était d’entreprendre », explique Guillaume Blanc, qui, avec Élise Givelet et Jordan Gayraud, a fondé MerciYanis.

Une partie de l'équipe de MerciYanis, autour des trois fondateurs, au premier rang à droite.
Une partie de l’équipe de MerciYanis, autour des trois fondateurs, au premier rang à droite. DR

Le staff de l’IoT Valley croit cependant en l’équipe et l’aide à se relancer.  « Nous avons alors rencontré Yanis, à l’époque responsable des services généraux au sein de la structure, et le groupe Carrefour, un partenaire de l’IoT Valley. Cela nous a permis de mettre au jour une problématique, à savoir pouvoir détecter plus facilement et rapidement l’ensemble des incidents qui surviennent dans des locaux d’entreprise, qu’il s’agisse d’une climatisation ou d’une imprimante qui tombe en panne, d’une fuite d’eau, etc. Nous nous sommes dit que grâce à des capteurs, nous pourrions automatiser la détection de ces incidents pour qu’ils soient pris en charge plus rapidement et que les collaborateurs ne subissent plus ces problèmes. »

« Nous nous sommes dit que grâce à des capteurs, nous pourrions automatiser la détection de ces incidents pour qu’ils soient pris en charge plus rapidement et que les collaborateurs ne subissent plus ces problèmes. »

Un service clé en main

MerciYanis est le fruit de ce brainstorming, à savoir « une plateforme à laquelle sont reliés de multiples capteurs installés au cœur des bâtiments pour faciliter la gestion des services généraux », précise Guillaume Blanc. La start-up développe une offre complète qui intègre les capteurs, permettant à ses clients de n’avoir qu’un seul interlocuteur, : « nous nous procurons les capteurs, nous les configurons pour notre plateforme et nous les installons », détaille le dirigeant.
Parmi ses clients justement, MerciYanis compte essentiellement des grands groupes : « nous sommes déployés sur la Fnac, un site nucléaire d’EDF, Médiamétrie, TBS et Hemeria à Toulouse, sachant que 80 % de nos clients sont basés en Ile-de-France, soit une cinquantaine d’ETI et grandes entreprises. Il faut en effet un minimum de 10 000 m2 pour que notre solution soit intéressante. »
Depuis la pandémie, la start-up toulousaine s’est penchée sur un autre besoin devenu particulièrement prégnant : l’hygiène. « Nous avons développé une solution qui permet d’assurer la traçabilité des passages des agents d’entretien. De fait, plutôt que de signer une feuille de présence qui n’est jamais analysée, l’employé va badger un objet connecté qui affiche la date passage, ce qui permet de rassurer les usagers des locaux. Et dans le même temps, si l’entretien n’est pas effectué à l’heure prévue, une alerte est générée auprès du responsable. On assure ainsi la traçabilité de la propreté, qui est, avec la Covid-19, devenue un gros sujet aujourd’hui ».
Alors que les entreprises se reconfigurent pour assurer le retour au bureau des collaborateurs et que beaucoup passent au flexoffice, les bureaux partagés, la jeune équipe de MerciYanis a développé la solution idoine. « Elle permet d’identifier les postes de travail qui ont été réellement utilisés de telle sorte que les prestataires de propreté, qui disposent de cette manière d’un planning parfaitement optimisé, ne procèdent qu’au nettoyage des bureaux véritablement utilisés. »

« Nous avons développé une solution qui permet d’assurer la traçabilité des passages des agents d’entretien. »

Maintenance prédictive

La start-up, qui s’appuie sur plusieurs fabricants de capteurs, dont certains issus de l’IoT Valley, a connu une belle croissance l’an dernier, appuyée par une progression de ses effectifs, passés de quatre collaborateurs en 2020 à une quinzaine désormais, un chiffre qui devrait doubler l’an prochain. Elle a finalisé une levée de fonds d’1 M€ auprès d’Ocseed, société d’investissement régionale créée en décembre 2019, de Bpifrance et de business angels. Des fonds qui ont permis à l’entreprise d’accélérer le recrutement de collaborateurs, « notamment sur la partie commerciale ». Forte de ce soutien, la start-up veut en effet s’attaquer très rapidement au marché international, en ciblant dans un premier temps les pays francophones avant de s’étendre sur le reste de l’Europe notamment en Grande Bretagne et en Allemagne.
La levée de fonds doit également permettre à la jeune pousse toulousaine de développer de nouveaux modules notamment dans le champ de la maintenance prédictive, grâce aux nombreuses données collectées via ses capteurs. « Elles nous permettront de développer des patterns, des motifs qui se répètent et permettent d’identifier des incidents avant même qu’ils aient lieu », affirme Guillaume Blanc. Lequel imagine d’autres applications de sa technologie dans le champ des économies
d’énergie ou encore dans le secteur de l’habitat. La start-up vient ainsi de signer un premier contrat avec le toulousain LP Promotion.
Au terme d’un processus de sélection très exigeant, la pépite toulousaine, qui est désormais installée au cœur de l’IoT Valley, a également pu intégrer l’incubateur 50 Partners, un accompagnement qui lui a permis de bénéficier d’introductions déterminantes. Fort de ces succès, l’entreprise vise
1 M€ de CA l’an prochain et 10 M€ d’ici trois ans.

Agnès Bergon