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141e année

Micropep vise le marché américain

Innovation. La start-up haut-garonnaise, Micropep Technologies, a en moins d’un an, bouclé un deuxième tour de table en juin. Elle entend partir à l’assaut du marché américain d’ici trois ans.

Micropep développe de nouvelles solutions biologiques efficaces et plus respectueuses de l’environnement pour protéger les cultures. (Crédit : DR).

8,75 M€ : c’est l’enveloppe qu’a levé fin juin la pépite toulousaine Micropep, spécialisée dans le développement de solutions pour l’agriculture à base de micropeptides biologiques révolutionnaires, auprès de ses actionnaires historiques – FMC Ventures, Irdi Capital Investissement, Supernova Invest et Sofinnova Partners – rejoints par le fonds américain Fall Line Capital. Ce tour de table qui intervient déjà après une première opération en moins d’un an, a pour objectif d’accélérer son développement commercial outre-Atlantique, avec l’appui du groupe d’investissement américain fortement positionné dans le domaine de l’agriculture durable, à la fois dans des terres agricoles aux États-Unis et dans des entreprises innovantes de l’AgTech. Un nouveau cap pour la start-up, qui après avoir obtenu ses premiers résultats très encourageants l’an passé, ambitionne de lancer sur le marché américain ses premiers fongicides à l’horizon 2025.


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« Cette deuxième opération financière en moins d’un an, menée par un fonds américain expert du domaine comme Fall Line Capital, est une vraie marque de reconnaissance de la qualité de la recherche française, du travail fournit par toute l’équipe ainsi que du potentiel unique de notre plateforme de découverte de micropeptides pour l’agriculture », se félicite Thomas Laurent, fondateur et président de Micropep.

Même enthousiasme du côté de Baptiste Tellier, directeur d’investissement de Fall Line Capital. « Il s’agit de notre premier investissement significatif en France. Nous avons été séduits à la fois par le potentiel unique de sa plateforme technologique et par le leadership et la vision de l’équipe dirigeante. Micropep s’apprête à révolutionner la protection des plantes en offrant aux agriculteurs de nouveaux outils à la fois efficaces et pensés pour respecter l’environnement. Nous sommes impatients à l’idée d’accompagner le développement de la société en Europe et en Amérique du Nord », souligne-t-il.

INNOVATION DE RUPTURE

Micropep Technologies, spin-off du laboratoire de recherche en sciences végétales du CNRS et de l’université Paul Sabatier, fondée en 2016 à Auzeville-Tolosane et qui emploie à ce jour une trentaine de collaborateurs, mise ainsi sur des traitements biologiques de cultures à partir de peptides de plantes. L’entreprise a ainsi développé une technologie unique, non OGM, qui permet d’identifier et de moduler indirectement l’expression de gènes d’intérêt dans les plantes depuis l’extérieur, de manière temporaire et sans toucher à l’ADN grâce à l’utilisation de micropeptides. Cette innovation vise à limiter les maladies ou de freiner les mauvaises herbes.

« Le monde agricole a besoin de toute urgence de nouvelles solutions biologiques efficaces et plus respectueuses de l’environnement pour protéger les cultures. De même que la technologie ARN a révolutionné le monde de la santé humaine, les micropeptides ont le potentiel de révolutionner le domaine de la santé des plantes dans les années à venir », assure le fondateur. Afin de poursuivre sa croissance à l’international, l’entreprise, accompagnée depuis sa création par Bpifrance et qui a bénéficié de nombreux soutiens parmi lesquels figure une aide au développment Deeptech à hauteur de 1,6 M€, envisage de porter ses équipes à une cinquantaine de salariés d’ici 2023.

Jennifer Legeron