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Music’Halle : l’école toulousaine qui casse les codes de l’apprentissage musical

Série 3/5. Studios d’enregistrement, disquaires, écoles de musique, billetteries indépendantes, associations… Cet été, La Gazette du Midi part à la rencontre de celles et ceux qui font vivre l’industrie musicale à Toulouse. Troisième épisode avec l’école Music’Halle de Blagnac qui mise sur les musiques actuelles et les nouvelles technologies pour attirer toujours plus d’élèves.

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L’école Music’Halle comptabilise une moyenne de 50 évènements organisés par an dans lesquels se produisent ses élèves et adhérents. (©Fred Schadoroff, Music’Halle)

En France, les écoles de musique, qu’elles soient privées ou publiques, accueillent près de 1,5 million d’élèves toutes pratiques confondues. Si le territoire recense 441 conservatoires classés par le ministère de la Culture, il existe plus de 3 500 structures associatives et privées qui comptent à elles seules 8 élèves sur 10.

Avec un modèle qui fonctionne essentiellement grâce aux subventions publiques, les structures sont contraintes d’adopter différentes stratégies pour équilibrer leurs dépenses et leurs recettes, tout en assurant des cours de qualité. À Toulouse, l’école Music’Halle mise depuis sa création sur l’essor des musiques actuelles : rap, variété, musique assistée par ordinateur (MAO), musiques électroniques, etc. Ici, le financement public ne compte que pour 15 % de son budget contre 60 % en moyenne. Elle revendique un chiffre d’affaires pour ces trois dernières années entre 750 K€ et 820 K€.

500 élèves et 60 enseignants

Fondée en 1956, l’association Music’Halle créée par Patrick Faubert et Philippe Metz, et dirigée jusqu’en décembre 2024 par ce dernier, est depuis largement montée en puissance pour devenir l’une des plus grandes écoles françaises sur ce créneau. Elle est passée d’une trentaine d’adhérents-élèves par promotion à près de 500 aujourd’hui. Désormais dirigée par David Haudrechy, l’association continue de croître et emploie sept salariés et plus de 60 enseignants.

C’est en 2010 que l’école change de dimension. « Depuis 1986, nous étions implantés dans le quartier Arnaud Bernard dans deux appartements. Puis nous nous sommes installés il y a 16 ans route de Blagnac au sein de l’espace culturel Job, avec ses 11 salles de répétition et son studio d’enregistrement », détaille celui qui a rejoint l’école en 2005 en tant qu’enseignant.

L’association bénéficie du soutien de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), du Conseil départemental, de la Région, de la mairie de Toulouse, du Spedinam et de l’Adami, qui sont en charge de la rétribution des droits des interprètes et artistes, ainsi que de la Sacem.

Un système de cours à la carte

Music’Halle est installée à l’espace culturel Job dans le quartier toulousain des Sept Deniers depuis 2010. (©Music’Halle)

Avant tout portée sur l’enseignement amateur, les dirigeants de l’école ont profité de ce déménagement pour mettre en place un cursus en trois ans. « Nous avons cette année 48 inscrits en formation professionnelle qui s’ajoutent aux 443 élèves en cours amateur. » La structure mise sur la pluridisciplinarité et propose un système de sélection « à la carte » qui met en avant les musiques actuelles, qu’il s’agisse du jazz, du rock, de la samba, de la bossa nova ou de la musique électronique allant de l’ambient à la techno.

« Les adhérents peuvent choisir uniquement des cours d’instrument, auxquels ils peuvent ajouter des ateliers, des cours d’analyse ou d’harmonie, etc. », une approche qui permet à l’école d’attirer toujours plus de personnes avec un prix annuel entre 1 000 € et 1 500 € par an pour la pratique amateur.

Music’Halle a aussi mis en place une formation basée sur l’utilisation du logiciel de production musicale Ableton, qui permet à l’élève d’intégrer l’intelligence artificielle dans le processus créatif. « Dans le cadre de ce cursus, nous avons un professeur spécialisé dans le live coding, une technique musicale qui consiste à modifier en direct la musique en écrivant des lignes de code », précise David Haudrechy.

Un partenaire important de la culture toulousaine

Outre ses formations, c’est à travers des partenariats clés que l’école s’est imposée dans le paysage culturel local. « Nos élèves sont régulièrement missionnés par la Cinémathèque de Toulouse pour accompagner les ciné-concerts, et nous collaborons également avec le Centre de développement chorégraphique national, l’école de danse James Carlès, l’École supérieure des arts du cirque Ésacto’Lido, le Conservatoire de Toulouse, l’Académie supérieure de théâtre et des arts et l’institut supérieure des arts et du design », développe le directeur.

Véritable tremplin pour les étudiants, Music’Halle participe également à des événements majeurs du territoire comme le festival Convivencia consacré aux musiques du monde, qui se tient chaque année sur le canal du Midi, ainsi que le festival Jazz in Marciac. Enfin, c’est également dans les salles de spectacles de la métropole que les adhérents se produisent : le Taquin, l’Impro, la Cartoucherie, le Bijou, etc.

Financer l’apprentissage autrement

David Haudrechy est le directeur de l’école Music’Halles depuis 2024. (©Music’Halle)

Depuis un an, le directeur travaille activement à la construction d’un projet inter-écoles : la Fanfare Future. « Nous avons déjà fait une dizaine de dates en rassemblant toutes les formations professionnelles des arts vivants à Toulouse », se félicite le saxophoniste.

Music’Halle fait également partie des 70 écoles représentées par la Fédération nationale des écoles d’influence jazz et musiques actuelles (Fnejma), permettant d’apporter une reconnaissance aux diplômés du cursus professionnel. Ce dernier est d’ailleurs certifiée par un titre RNCP de niveau 6 et la majorité des étudiants obtiennent le statut d’intermittent du spectacle dans les six mois après leur diplôme.

Avec l’ambition de continuer à croître, le directeur recherche actuellement d’autres sources de financements. « Nous essayons de trouver des mécènes pour nous soutenir et nous bénéficions depuis peu de la taxe d’apprentissage », explique le cinquantenaire.

Cette dernière consiste en une contribution de la part des entreprises en France qui choisissent elles-mêmes les établissements bénéficiaires. « Ainsi, Music’Halle perçoit la taxe d’apprentissage du club de rugby de Blagnac », conclut David Haudrechy, espérant bientôt trouver d’autres acteurs locaux susceptibles de les aider via ce dispositif.