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Naïo Technologies confirme son renouveau et vise l’international aux côtés de Kioti Europe

Agritech. La PME toulousaine de robotique agricole vient d’officialiser un partenariat stratégique avec Kioti Europe, bras européen du groupe sud-coréen Daedong. Une alliance industrielle de poids qui marque un tournant dans sa stratégie de relance et d’industrialisation. Et ce, quelques mois seulement après avoir frôlé la sortie de route.

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Basée à Escalquens, en Haute-Garonne, la PME conçoit, développe et commercialise des robots autonomes, 100 % électriques pour assister les agriculteurs dans leurs tâches quotidiennes. (©Naïo Technologies)

Six mois après avoir évité le pire, le spécialiste de la robotique agricole Naïo Technologiesconfirme son retour en force. Le Toulousain, placé en redressement judiciaire en juin 2025 avant d’être repris à l’automne grâce à un tour de table régional, vient d’annoncer la signature d’un partenariat stratégique avec Kioti Europe, filiale européenne du constructeur sud-coréen Daedong Corporation.

Un allié industriel de poids

Signé le 5 février 2026 lors du lancement du GOFAR Tour sur le site de l’Agrobiopole à Auzeville-Tolosane, le protocole d’accord (MoU) pose les bases d’une coopération industrielle et commerciale de long terme. L’idée est simple : “marier” la maîtrise technologique de Naïo en robotique autonome (assistant maraîcher, enjambeur viticole, porte-outils polyvalent, etc.) avec la puissance industrielle et le réseau international de Kioti. Les deux partenaires vont travailler conjointement sur « l’industrialisation des solutions robotiques, l’optimisation des coûts de production et le déploiement commercial en Europe et à l’international ».

Pour la pépite haut-garonnaise, qui vise un retour à l’équilibre en 2028 avec une production cible d’une centaine de robots par an, l’enjeu est majeur : passer du statut de pionnier technologique à celui d’acteur industriel capable de produire en volume et de s’appuyer sur un réseau de distribution structuré. « Cette collaboration représente une étape majeure pour la société. Elle doit en effet nous permettre d’accélérer l’industrialisation de nos technologies et d’élargir significativement notre présence, en France comme à l’export », s’est félicité Matthias Carrière, directeur général de Naïo, dans un communiqué daté du 5 février dernier.

Un rapprochement gagnant-gagnant

Basée à Rotterdam, Kioti Europe est la filiale européenne de Daedong Corporation, groupe fondé en 1947 et considéré comme l’un des leaders mondiaux des machines agricoles intelligentes. Sous la marque Kioti, l’entreprise commercialise dans toute l’Union européenne des tracteurs jusqu’à 140 chevaux, des véhicules utilitaires, des tondeuses zéro-turn professionnelles, des équipements de construction compacte et développe désormais des solutions d’agriculture de précision intégrant l’intelligence artificielle.

« Ce partenariat stratégique constitue une avancée majeure pour poursuivre notre mission, à savoir proposer aux agriculteurs des solutions robotiques pratiques et innovantes », a souligné de son côté Douglas Kang, PDG de Kioti Europe. Et de poursuivre :

En combinant notre expertise industrielle et notre portée internationale avec la technologie robotique de pointe de Naïo, nous souhaitons accélérer le développement et le déploiement de solutions de nouvelle génération rendant l’agriculture plus efficace, durable et accessible. »

Fin 2026 : nouvelle plateforme robotique

Première traduction concrète de cette alliance : le développement d’une plateforme robotique nouvelle génération, dont la présentation est annoncée d’ici la fin 2026. Elle combinera les briques technologiques développées par Naïo depuis plus de dix ans (navigation autonome, assistance aux cultures spécialisées, réduction des intrants, etc.) avec le savoir-faire industriel et les capacités d’assemblage à grande échelle de Kioti.

Objectif affiché ? Répondre aux défis structurels de l’agriculture moderne : pénurie de main-d’œuvre, réduction de la pénibilité, pression sur les coûts et transition agroécologique.

Pour le Toulousain, qui a levé près de 50 M€ depuis sa création en 2011 et déployé 350 robots sur plusieurs continents, cet accord marque une étape stratégique décisive. Après la recapitalisation de 6,4 M€ actée à l’automne et la restructuration de ses effectifs, Naïo Technologies envoie en effet un signal clair au marché : devenue PME industrielle, l’entreprise n’entend plus subir la concurrence internationale, mais bien s’y mesurer... à armes égales. Elle vise d’ailleurs les 11 M€ de chiffre d’affaires en 2030.