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Nouveau coup de rabot budgétaire : la CCI Occitanie dénonce "un mauvais calcul"

Accompagnement. Le projet de loi de finances 2027 pourrait réduire de 125 M€ les financements accordés aux chambres de commerce et d’industrie. En Occitanie, le réseau consulaire craint que cette nouvelle baisse ne fragilise l’accompagnement des entreprises et la formation.

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Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, le gouvernement projette une nouvelle baisse des dotations affectées au réseau des chambres de commerce et d’industrie. Une perspective qui inquiète Jean-François Rezeau, président de la CCI Occitanie, située à Blagnac. (©Gazette du Midi))

Le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI) s’inquiète d’une nouvelle baisse de ses ressources. Le projet de loi de finances 2027 présenté le 1er octobre 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu prévoit en effet, selon CCI France, une diminution d’un quart des financements qui leur sont alloués, soit un manque à gagner de 125 M€.

1,2 million d’entreprises accompagnées

Pour rappel, le réseau regroupe 121 établissements publics, dont, en métropole, outre CCI France, 13 CCI régionales et 80 CCI territoriales. En 2025, sur l’ensemble du territoire, 1,2 million d’entreprises et de porteurs de projet, ont été accompagnés par ces structures, soit une hausse de 5,7% sur un an. Dans le même temps, le réseau a formé plus de 500 000 personnes, dont 210 000 salariés, 133 000 apprentis, 100 000 étudiants et plus de 23 000 demandeurs d’emploi.

Ce n’est pas la première fois que les chambres consulaires font face à une menace de coupe budgétaire. Fin 2025, le gouvernement avait envisagé de diminuer d’un tiers leurs ressources, soit une baisse de l’ordre de 175 M€. À l’issue des débats parlementaires, cette réduction avait finalement été ramenée à 20 M€ dans la loi de finances 2026 adoptée en février dernier.

Cette nouvelle annonce s’inscrit surtout dans une tendance de fond. Depuis 2013, les dotations allouées aux CCI ont été réduites de manière quasi continue, passant de 1,3 Md€ à 505 M€ en 2026, soit une diminution de plus de 60 %, selon CCI France.

Risque de décrochage d’une partie du tissu économique

Selon son président Alain Di Crescenzo, la ponction projetée risque de « coûter bien davantage demain à l’économie française ». Il estime que cette baisse intervient dans un instant particulièrement délicat pour les entreprises alors que le nombre des procédures collectives ne cesse de grimper. À la fin juillet 2026, on en dénombrait 70 605 en cumul sur 12 mois, un chiffre en France, en hausse de 4,6 %. Et l’ancien président de la CCI de Toulouse et de la CCI Occitanie d’ajouter :

Au moment où les chefs d’entreprise doivent faire face à des transformations majeures, où les défaillances progressent et où les besoins en compétences n’ont jamais été aussi importants, réduire de 125 M€ notre capacité d’action, c’est prendre le risque de laisser davantage nos entreprises, et notamment nos TPE-PME, seules face à leurs difficultés et de fragiliser la formation d’un demi-million de personne. »

« Un contresens économique et social »

L’actuel président de la CCI Occitanie, Jean-François Rezeau, partage cette inquiétude. Selon lui, le financement des CCI n’est pas une simple dépense publique mais un investissement dont l’effet économique est mesurable. D’après une enquête OpinionWay de 2025, chaque euro confié aux CCI génère ainsi 5,30 € de valeur pour l’économie française.

Dans un contexte marqué par la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, les tensions internationales et les incertitudes politiques, le dirigeant redoute que les restrictions budgétaires annoncées affectent au premier chef la capacité d’accompagnement des entreprises au plus près des besoins du terrain. Or, « dans une région aussi vaste et composée de territoires aux réalités économiques très différentes que l’Occitanie, préserver cette proximité est essentiel », affirme l’institution dans un communiqué publié le 2 octobre.

Le dirigeant craint également des répercussions sur les capacités du réseau à poursuivre sa mission de formation, sachant qu’en Occitanie, chaque année plus de 20 800 jeunes et adultes sont formés dans l’un de ses 35 organismes de formation. Alors que les difficultés s’accumulent pour les entreprises, « affaiblir cet accompagnement de proximité serait un mauvais calcul. L’économie réalisée aujourd’hui risque de coûter bien davantage demain », conclut Jean-François Rezeau.

Avec 13 CCI territoriales et une CCI régionale, le réseau consulaire occitan emploie quelque 700 collaborateurs. Il intervient auprès de 413 000 entreprises ressortissantes de l’industrie, du commerce et des services.

Son action couvre l’ensemble des étapes de la vie des entreprises, de la création à la transmission, mais aussi leurs projets de financement et de développement. Les CCI les accompagnent également dans leurs transitions écologique, numérique et RH, ainsi que dans leurs démarches de développement international.