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140e année

Paul Boyé Technologies sur tous les fronts

Sécurité. Le groupe de Labarthe-sur-Lèze est l’un des premiers fabricants européens d’uniformes, de tenues de combat et d’équipements de protection individuelle. Depuis le début de la pandémie, Paul Boyé Technologies fabrique également des masques chirurgicaux et FFP2. La commercialisation d’un nouveau modèle biocide, issu de sa R & D, vient de débuter.

Spécialisée dans la conception et la fourniture d’équipements de protection, l’entreprise haut-garonnaise, fondée en 1904, est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la protection NRBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique). L’ETI familiale emploie 280 salariés et travaille avec plus de 50 pays clients à travers le monde : en Europe, en Asie, en Amérique et au Moyen Orient. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 134 M€ sur l’exercice 2020-2021 clos à fin juin, les marchés publics représentant 70 à 80 % de son activité. La crise sanitaire, qui a dopé les ventes de 20 à 30 %, a également poussé Paul Boyé, comme d’autres entreprises, à se réorganiser et à investir.

Des efforts financiers importants ont été faits depuis début 2020 dans les bâtiments et l’organisation logistique pour améliorer la préparation des commandes. Pendant que la France entrait en confinement, l’entreprise Paul Boyé entrait dans une période de fabrication effrénée de masques. 100 millions d’exemplaires ont été fabriqués en quelques mois, 70 % de FFP2 et 30 % de chirurgicaux. Aujourd’hui, la production a été divisée par deux, la demande ayant baissé tandis que la concurrence – via notamment les importations – reste forte. Tournée vers le futur, l’ETI veut pérenniser l’activité en mobilisant sa R & D. Elle commercialise depuis peu un nouveau masque biocide BioX® qui doit lui permettre de se distinguer de ses concurrents.

En plus de son siège situé à Labarthe-sur-Lèze (31), le groupe Paul Boyé compte deux autres unités de production en France : au Vernet (31), à Bédarieux (34) ainsi qu’un site industriel à Madagascar. C’est également à Labarthe-sur-Lèze que se situe la logistique du groupe, un site de 20000 m2, doté d’une grande capacité de préparation et d’expédition notamment pour les commandes de la Police nationale et la gendarmerie. Paul Boyé est l’unique fournisseur français d’équipements de protections des 250000 policiers et gendarmes de l’Hexagone. Depuis ce site, plusieurs millions d’articles sont expédiés chaque année. Ci-dessus, l’atelier de confection de tenues opérationnelles et d’équipements de protection individuelle.

Paul Boyé évolue dans un marché de niche grâce, entre autres, à son expertise dans la production d’équipements anti feu destinés aux pompiers, de gilets par balle, de protection contre les risques bactériens pour les métiers de la santé, de tenues opérationnelles pour les militaires et les forces de sécurité. Des maîtres tailleurs réalisent également sur mesure des tenues de cérémonie et de prestige tels ces uniformes de la Garde Républicaine. À droite, le président de l’entreprise, Jacques Boyé.

Le groupe, qui réinvestit chaque année 5 à 10 % de son chiffre d’affaires dans la R & D, vient de lancer la commercialisation de nouveaux masques biocides, sous la marque BioX®. Ils ont été testés contre le coronavirus Sars-CoV-2 par un laboratoire d’essais microbiologiques de référence puis par la DGA et validés. La réduction virale offerte par ces nouveaux masques est efficace à plus de 99 % après une heure d’utilisation.

Leur port est conseillé dans les lieux à forte concentration humaine (transports, spectacles, rencontres sportives…) et pour compenser les erreurs de manipulation du masque, sources possibles de contamination. Le projet BioX avait germé après la crise du Sars-CoV-1 mais était, depuis, resté dans les cartons. Le développement de ce nouveau produit a nécessité plus d’un an de travail. Les équipes de Paul Boyé développent également en ce moment un masque transparent et de nouveaux produits de protection NRBC et balistiques.

Depuis 2005, l’entreprise est l’une des rares entreprises françaises capables de produire des masques filtrants FFP2 et chirurgicaux sur le territoire grâce à sa maîtrise des assemblages par soudure à ultrasons. Pour répondre à la crise sanitaire, l’ETI a effectué l’an dernier un important effort d’investissement sur ses lignes de production de masques FFP2 et sur quatre machines dédiées aux masques chirurgicaux.

Lydie Lecarpentier