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140e année

Pella Roca, la bonne idée sortie des bois

Hébergement. Lancer le bon concept au bon moment est sans aucun doute le secret de tout entrepreneur. Isabel Sanchez et Maxime Cojan ont créé leur petit paradis à la Bastide-de-Penne dans le Tarn-et-Garonne : des cabanes luxueusement aménagées pour une clientèle exigeante. L’entreprise est un vrai succès. Il faut s’y prendre un an à l’avance pour réserver un week-end perché.

Isabel Sanchez et Maxime Cojan ont créé Pella Roca, un concept de cabanes haut de gamme dans le Tarn-et-Garonne. Pella Roca

En voyage, ouvrez l’oeil, tout peut arriver ! En 2006, Isabel Sanchez et Maxime Cojan découvrent le Brésil, ils tombent sous le charme de cabanes et de lodges écologiques : « un vrai coup de coeur, nous nous sommes promis d’ouvrir ce type d’hébergements à la retraite. » À leur retour en France après des études d’histoire de l’art, Isabel Sanchez décroche un poste à l’institut Cervantès à Toulouse puis au centre méridional de l’architecture et de la ville. Maxime Cojan, de son côté, évolue dans le monde de l’informatique. La retraite leur semblait trop loin. L’idée de cabane a continué à faire son chemin.

« Il a fallu deux ans pour trouver un lieu qui nous ressemble, explique-t-elle. J’ai travaillé avec l’association Arcec (aide à la création d’entreprise), à Toulouse. On a monté le business plan ». Le duo a souhaité créer un projet dans l’air du temps, respectueux de l’environnement. Le dénivelé du terrain se prête alors parfaitement au concept de cabanes perchées. Soutenu par le Pays Midi Quercy soucieux de valoriser le territoire, le couple a envoyé un dossier au fonds Feder (fonds européen de développement régional), et a ainsi obtenu une aide de 37K€.

Quatre cabanes, quatre salariés

Les débuts ont été assez épiques, se souvient la cogérante. « Les banquiers n’ont pas cru en notre projet. Ils nous répondait que nous n’étions pas du milieu. Nous avons ainsi commencé par deux cabanes en autoconstruction. Les travaux ont débuté en février 2015. En juillet, nous démarrions notre activité avec des cabanes branchées sur une rallonge. » Deux autres cabanes sont nées, suivies d’une piscine. Les entrepreneurs sont désormais à 100 % dans l’entreprise. « On est complet toute l’année. En moyenne, une cabane est louée 340 nuits par an. »

« Nous souhaitons privilégier le zéro déchet pour les petits-déjeuners et le brunch »

Le segment de l’hébergement insolite a le vent en poupe, « il y a de la place pour tout le monde, ajoute Isabel Sanchez. Et ce, en nous comparant uniquement aux cabanes haut de gamme avec des jacuzzis. Nous avons voulu un certain standing tout en gardant l’esprit cabane, c’est ce qui permet de séduire un large public ». Côté prix, la gérante ne pratique pas de deal management, toutes les nuitées sont au même tarif, toute l’année (290 €). Pas de contrat non plus avec les systèmes de réservation en ligne comme Booking. Les clients réservent directement sur le site.

Continuer à investir, une démarche responsable

Tandis que Maxime Cojan s’occupe de l’entretien, de la maintenance de la piscine et des travaux… Isabel Sanchez, elle, prend en charge l’accueil, l’administratif, etc. Le Pass Rebond, initié pendant la crise, leur a permis d’investir et de se lancer dans la permaculture. « Nous souhaitons privilégier le zéro déchet pour les petits-déjeuners et le brunch. Nous servons de vrais repas aux clients, dans leur cabane. Pas question de proposer des terrines déjà prêtes ! » Les produits d’accueil, en dose individuelle, n’ont pas droit de cité à Pella Roca. La cofondatrice a choisi le savon solide fabriqué par Louise émoi à Vielmur-sur-Agoutdans le Tarn.

Le couple soigne le moindre détail, accordant une attention particulière aux retours des clients. Les questionnaires sont envoyés systématiquement après chaque séjour. Des outils informatiques permettent aux gouvernantes de ne rien oublier lors du nettoyage de la cabane, « elles ont des tâches récurrentes à vérifier, il leur suffit de cocher les cases », explique Isabel Sanchez. Manne économique non négligeable pour les environs, les cabanes accueillent 2800 personnes en moyenne par an.

Les bons cadeaux fonctionnent bien, et représentent un tiers du chiffre d’affaires. Le couple a trouvé son équilibre personnel et professionnel. Pas question de s’arrêter en si bon chemin, il a acheté une maison à rénover sur la Costa Brava à Bégur, laquelle sera proposée à la location prochainement. Les 46 800 abonnés sur Instagram seront certainement les premiers informés !

Dorisse Pradal