Pen’Up 3D : de la création d’un stylo 3D au lancement d’une marque de jouets
Entrepreneuriat. Quel enfant n’a jamais rêvé d’un stylo capable de dessiner dans les airs ? C’est le pari de Dimitri Desseaux avec son entreprise Pen’Up 3D. En 2023, nous l’avions rencontré à l’occasion du lancement de son projet. Trois ans plus tard, l’entrepreneur a franchi un cap : son entreprise est désormais structurée et devrait atteindre les 3 M€ de chiffre d’affaires en 2026.
« J’aimerais bousculer le monde du jouet. » L’ambition est lâchée sans détour. Elle appartient à Dimitri Desseaux, Montalbanais de 23 ans, fondateur de Pen’Up 3D, lancé en 2023. Son produit ? Un stylo 3D qui permet de créer des objets en trois dimensions à partir d’un filament plastique, à la manière d’une imprimante 3D... mais à la main.
À l’époque, rien sur le marché ne satisfait le Tarn-et-Garonnais. Les stylos 3D existants ? Trop lourds, trop peu sûrs, mal équipés. Il conçoit alors le sien : plus léger, plus sûr, doté d’une batterie plus puissante. Un produit innovant qui lui vaut plusieurs distinctions dès 2023, dont le prix Audace Nouvelle-Aquitaine Occitanie et le Concours entrepreneur du développement durable.
Depuis, l’entrepreneur a structuré son entreprise, non sans traverser quelques épreuves marquantes. « Pour Noël 2023, j’ai lancé des campagnes publicitaires sur Internet. Je ne m’attendais pas à rencontrer un succès aussi fou, au point de devoir interrompre les commandes. Au final, je me suis retrouvé avec 6 000 commandes à préparer en trois jours pour que tout soit livré avant le 25 décembre. J’ai donc loué la salle des fêtes de mon village natal et fait appel à tous les habitants. On m’en reparle encore quand je vais acheter mon pain là-bas », sourit le jeune entrepreneur.
Un développement en B2B
Depuis cet épisode, la structure a changé d’échelle. « J’emploie quatre salariés à l’année et, au moment des fêtes de fin d’année, je peux compter sur une vingtaine de collaborateurs. » Une activité très saisonnière, puisque 80 % du chiffre d’affaires se réalise sur les trois derniers mois de l’année.
Pour l’heure, 95 % des ventes passent directement par le site Internet de Pen’Up. Mais Dimitri Desseaux a déjà commencé à diversifier son réseau de distribution. « Nous sommes présents dans de petites boutiques indépendantes à Montauban et à La Rochelle. Nous recevons pas mal de demandes pour du B2B, notamment de la part de groupes plus importants, mais nous voulions prendre le temps de bien nous structurer. Cela devrait arriver en 2027 », affirme-t-il.
3 M€ de chiffre d’affaires en 2026
En trois ans, le stylo 3D a déjà séduit 25 000 clients, tandis que le chiffre d’affaires de l’entreprise a quasiment doublé chaque année. Une croissance qui devrait se poursuivre en 2026. « Nous sommes sur le point de réaliser au moins 3 M€ de chiffre d’affaires », annonce le dirigeant.
Au-delà de cette réussite commerciale, Dimitri Desseaux n’a pas oublié la vocation initiale de son produit : l’éducation. « Je vise les écoles, mais elles dépendent des mairies et, au niveau des financements, c’est un peu compliqué. » Pour faciliter cette démarche, l’entrepreneur est accompagné par le réseau Canopé, qui contribue à former les enseignants à l’utilisation pédagogique du stylo 3D. Il se donne un an pour réussir à implanter son produit dans un maximum d’écoles, notamment dans le cadre des activités périscolaires.
À plus long terme, il rêve d’en faire un véritable outil pédagogique à part entière, utilisable directement en classe. « Je pense que cela peut devenir un outil intéressant, notamment pour créer des solides en géométrie, mais aussi pour développer la créativité en arts plastiques », souligne l’intéressé, qui insiste sur la dimension ludique du produit.
Créer une marque connue et reconnue
Les ambitions de Dimitri Desseaux ne se limitent pas au développement commercial et pédagogique, elles sont aussi industrielles. « Pour le moment, nous n’avons pas d’autre choix que de faire fabriquer notre stylo en Chine, mais, à l’horizon 2030, j’aimerais relocaliser la production en Europe », précise-t-il.
Autre volonté assumée : faire rayonner la société depuis sa ville d’origine. « Je suis né à Montauban et, si je peux servir d’exemple aux jeunes d’ici en leur montrant qu’il est possible de développer une entreprise depuis cette ville, ce serait super. » Début novembre, Pen’Up 3D a d’ailleurs investi de nouveaux locaux dans la préfecture du Tarn-et-Garonne, loués à la Région, après plusieurs mois passés au sein de l’incubateur Novalia 82, à la Maison de la Région. « Nous avons une partie bureaux et un espace dédié à la création pour accueillir des animations avec des écoles. »
La prochaine grande étape sera de développer tout un écosystème autour du stylo 3D. Objectif affiché ? Dépasser le statut de simple fabricant d’un produit innovant « pour devenir une véritable marque de jouets », explique le chef d’entreprise, qui a constaté que ce marché se renouvelle relativement peu.
Pour y parvenir, Pen’Up 3D a déjà lancé des kits mécaniques qui donnent vie aux créations grâce à de petits modules vibrants ou articulés. « Nous voulons vraiment que les enfants puissent construire leur propre voiture télécommandée ou leur chevalier qui bouge. » Deux kits sont déjà commercialisés. Au moins deux nouveaux devraient voir le jour l’année prochaine.