Portée par une levée de fonds de près de 33 M€, Abionyx Pharma change d’échelle
Médecine. Basée à Balma près de Toulouse, la biotech boucle une augmentation de capital avec notamment l’appui d’un fonds d’investissement danois. Elle doit lui permettre de lancer un essai clinique décisif contre le sepsis, de préparer une première commercialisation dans une maladie rare mais aussi de renforcer sa stratégie de partenariats.
La biotech toulousaine Abionyx Pharma franchit un cap financier. La société cotée en Bourse, installée à Balma près de Toulouse, a en effet annoncé le 30 juin 2026 avoir bouclé une levée de fonds de 32,7 M€ afin d’accélérer le développement clinique de son traitement contre le sepsis et de préparer son arrivée sur le marché dans le traitement d’une maladie rare.
Cette opération comprend une augmentation de capital ouverte au public de 18,7 M€, une première depuis la création d’Abionyx. Une opération au succès assuré puisque pas moins de 26 investisseurs (pour l’essentiel des fonds institutionnels européens et américains renommés) s’étaient engagés à souscrire les actions nouvelles qui n’auraient pas trouvé preneur à l’issue de la période de souscription.
En parallèle, la biotech a conclu un contrat de souscription d’obligations de 14 M€ avec Fenja Capital, un fonds d’investissement indépendant basé au Danemark, spécialisé dans le financement d’entreprises innovantes des secteurs de la santé, des biotechnologies et des technologies.
« Dans un contexte géopolitique fortement incertain, nous renforçons notre position financière avec le support et la confiance de Fenja, un fonds scandinave de premier plan qui investit à la fois en non dilutif et en actions pour la première fois hors de sa région, et valide la crédibilité de notre modèle », se félicite Cyrille Tupin, directeur général de la biotech.
33 M€ levés après plus de 10 M€ sécurisés en début d’année
Cette levée de fonds constitue une nouvelle étape pour Abionyx, qui avait déjà renforcé ses moyens financiers en janvier 2026 avec une levée de 1,8 M€ destinée à sécuriser sa trésorerie jusqu’à fin 2026. Quelques semaines plus tôt, l’entreprise avait également obtenu une subvention de 8,7 M€ dans le cadre du programme France 2030 pour poursuivre le développement de son traitement contre le sepsis.
Également appelé infection généralisée ou, dans ses formes les plus graves, choc septique, le sepsis touche 49 millions de personnes et provoque 11 millions de décès chaque année dans le monde. Cette pathologie ne dispose aujourd’hui d’aucun traitement spécifique. Abionyx développe CER-001, un biomédicament qui reproduit l’action de l’apoA-I, une protéine naturelle aux propriétés anti-inflammatoires dont le taux chute fortement lors d’une infection sévère. Ce candidat-médicament est actuellement évalué dans un essai clinique de phase 2b/3.
En 2025, plusieurs avancées sont venues conforter cette stratégie. Une étude publiée dans la revue Nature a notamment montré qu’un taux élevé d’apoA-I est associé à un risque plus faible de sepsis et à une meilleure survie des patients. Abionyx, qui emploie une cinquantaine de collaborateurs et a réalisé un chiffre d’affaires de 4,6 M€ (en 2024), affirme être la seule entreprise capable de produire cette protéine à l’échelle industrielle.
Du traitement du sepsis au déficit en LCAT
Les nouveaux financements doivent permettre à Abionyx de poursuivre le développement de CER-001 dans le sepsis, avec le lancement d’un essai clinique pivotal prévu cette année. Les résultats sont attendus d’ici la fin du premier semestre 2028.
Une partie des fonds sera également consacrée à la préparation de l’accès au marché de CER-001 dans une autre indication, le déficit en lécithine-cholestérol-acyl-transférase (LCAT), une maladie rare du métabolisme. La société prévoit de déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA) au début de l’année 2028, avant de solliciter la Food and Drug Administration (FDA) en 2029.
De nouveaux partenariats attendus
Cette augmentation de capital doit enfin permettre à Abionyx de poursuivre le développement de nouveaux partenariats académiques, technologiques et industriels afin d’accélérer la valorisation de sa plateforme scientifique.
Une stratégie déjà bien engagée. En novembre dernier, la société est en effet entrée en discussion avec l’Institut hospitalier universitaire (IHU) Sepsis. Portée par l’université Paris-Saclay, l’AP-HP, le CEA et l’Inserm, la structure a vocation à devenir un centre d’excellence dédié au soin, à la recherche et la formation sur le sepsis. Objectif de ce rapprochement pour Abionyx ? Développer une plateforme mondiale dédiée au traitement de la maladie.
Fin 2025 également, un accord stratégique a été conclu avec Sebia, une biotech francilienne, afin de concevoir de nouveaux tests diagnostiques permettant d’identifier plus rapidement la gravité du sepsis et d’améliorer la prise en charge des patients.
Forte de ces nouveaux soutiens financiers, académiques et industriels, Abionyx confirme son ambition de devenir un acteur de référence sur le marché du diagnostic du sepsis, estimé à 1,5 Md$ d’ici 2030, mais aussi dans le champ des maladies rares et dans l’ensemble des pathologies dans lesquelles l’apoA-I peut jouer un rôle thérapeutique déterminant.